16 Juin 2009
Des camionneurs de passage dans la grand’ville, quelques hommes d’affaire BCBG qui tentent de dissimuler leur alliance; voilà de quoi est en partie composée la clientèle de Chez Lidia et des Princesses, deux restaurants où le deux-œufs-tournés-bacon-pain-blanc vous est servi avec le sourire fendu et la petite culotte optionnelle
travaille aux Princesses depuis plus de cinq ans. Pis on le voit tout de suite quand c’est leur première fois, y’ont les joues un peu plus rouges que les autres et y savent pas où regarder! »
tellement, familiers, que les serveuses leur font la bise lorsqu’ils arrivent et lorsqu’ils partent. L’intimité est telle qu’Evana, la belle grande noire de vingt ans, ne se gêne pas pour leur taper les fesses une fois de temps en temps lorsqu’ils règlent leur addition.
«Ce que j’me fais dire le plus souvent par les clients, c’est le fameux : “Qu’est-ce tu manges pour être belle de même?!” dit Krystelle. Dans ce temps-là, j’aime ben leur répondre : “La même chose que tout le monde, sauf qu’avec moi, ça fonctionne!” Mais en général, les gars nous laissent tranquilles. » Et ça vaut mieux pour eux, parce qu’aux Princesses, il y a une batte de baseball sous le comptoir-caisse, au cas où, et le gérant ne tolère aucun écart de conduite à l’égard de ses filles.
brin de nostalgie dans la voix Alain, un habitué de Chez Lidia. Le problème, c’est que ça appartenait pas mal toute aux motards pis y’en a plusieurs qui ont brûlé. Des histoires de règlements de compte.» Peut-
être y a-t-il moins de restaurants du genre qu’avant, mais ceux qui tiennent bon continuent de bien rouler, même avec la crise économique. «On est chanceux, renchérit France, la gérante de Chez Lidia. On fait encore des bons chiffres. Mais on le voit, que les gars se serrent la ceinture. Y nous laissent souvent une piastre de moins en pourboire que d’habitude. Pis y’en a qui viennent juste une fois par jour, au lieu de deux ou trois fois.»
t-elle, tout en suçotant un bonbon qui lui a coloré la langue de rouge. Y’a cinq ans, j’ai décidé de me partir à mon compte avec ma mère. C’est elle la proprio. Elle fait aussi la cuisine des fois. Moi, j’suis lagérante pis ma fille travaille à la plonge. C’est ben la preuve que c’t’un resto familial! Le mot qu’on entend le plus souvent ici, c’est “Maman!”. Même les clients appellent ma mère de même», dit-elle en souriant, avec son haleine de lollipop.




Il y a un restaurant assez mythique au coin de L.O. David et De Lorimier, ''Chez Karine'', et c'est du même genre. J'y suis jamais encore y allé, mais on se dit toujours entre amis qu'après une fête un jour, pour célébrer le lendemain de veille, on va y aller. C'est plus parce que l'affiche est tellement laide qu'on veut rire un bon coup.
8 Sept 2009 | Eric Piccoli | Montréal