3 Mai 2011
Petite anthologie de l'arnaque
Depuis que le monde est monde, des charlatans se sont démenés pour embobiner leur voisin.
De la fausse oeuvre d’art à la fraude magistrale, les génies de l’arnaque ont accouché d’escroqueries tantôt odieuses, tantôt rafraîchissantes. Du front tout le tour de la tête et des astuces plein les poches, ils en avaient. Tour d’horizon des grandes escroqueries qui sont passées aux annales.
561 avant J.-C.
Pisistrate, premier vrai tyran d’Athènes, s’empare du pouvoir par la force en occupant l’Acropole. En plus d’envahir le temple pour en faire sa résidence permanente, il se pavane sur un char allégorique avec une femme déguisée en Athéna. Le but de ce petit manège? Faire croire que la déesse et lui sont chummy-chummy. Même si le subterfuge est gros comme le bras, les citoyens mordent à l’hameçon.
Aujourd’hui reconnu comme un mégalomane assoiffé de conquêtes, il s’est quand même attaqué aux privilèges des riches pour améliorer le sort des paysans. Comme quoi tout escroc a son côté sain…
1095-1300
Pendant les croisades, les forces chrétiennes quilivrent bataille aux armées de l’Islam en Terre sainte produisent de la fausse monnaie : les fauxmonnayeur utilisent un moule en argile dans lequel ils coulent du métal fondu. Frappés de manière un peu boiteuse, les écus circulent tout de même facilement. À grand coup d’ingéniosité, les techniques des faussaires se sont depuis améliorées et les traîtres, devenus de plus en plus difficiles à débusquer.
Encore aujourd’hui, la Gendarmerie royale du Canada mène sa croisade personnelle contre les faux billets : près de 10 millions de coupures contrefaites sont saisies annuellement au pays.
1316 – 1411
Le Moyen-Âge est une époque reconnue pour son insalubrité, notamment dans le domaine de l’alimentation. En 1316, 16 artisans sont condamnés au pilori et bannis du royaume pour avoir fabriqué de la farine à partir d’ordures.
XVe siècle
Des faussaires espagnols envoient des lettres larmoyantes à de richissimes seigneurs, du genre : « Une magnifique princesse est tenue prisonnière par des Turcs, envoyez de l’argent pour la libérer et elle sera vôtre. » Cette escroquerie, qui porte le nom très générique de « la prisonnière espagnole », a été reprise quatre siècles plus tard, sous le nom de « lettre de Jérusalem ».
1606-1669
Le peintre hollandais Rembrandt van Rijn commande des imitations de ses oeuvres. Dans son atelier, ses étudiants donnent des coups de pinceaux à la manière de leur maître et, une fois la toile achevée, Rembrandt y appose son nom.
Entre 1909 et 1951, près de 10 000 oeuvres signées de sa main ont été importées aux États-Unis. Ce qui équivaut à dire que, durant sa vie active, il aurait produit deux tableaux par jour. Il n’est pas le seul à avoir pris les acheteurs pour des valises ; Michel-Ange et Van Gogh ont aussi donné dans la contrefaçon.
1919 (époque contemporaine)
Après la Première Guerre mondiale, Charles Ponzi organise une fraude majestueuse. Il quitte Boston pour s’installer à Montréal en 1907, sans le sou. L’Italo-Américain réussit à mettre sur pied une boutique de cigares et une institution financière, la Banca Zarossi. Il promet des taux d’intérêt à faire saliver les investisseurs.
Petit hic : il les rembourse avec l’argent… des autres investisseurs. Dès que les souscriptions ralentissent, la bulle éclate et le charlatan est démasqué. En tout, plus de 40 000 personnes auront mordu à l’hameçon de celui à qui on doit aujourd’hui l’expression « chaîne de Ponzi ».
Le criminel fait un tour derrière les barreaux, mais aussitôt relâché, ses arnaques financières continuent. Crosseur un jour, crosseur toujours…
La fraude à la Ponzi se trouve toujours dans le top des fraudes économiques.
Ce texte est issu du #28 spécial Escrocs | Automne 2010
561 avant J.-C.
Pisistrate, premier vrai tyran d’Athènes, s’empare du pouvoir par la force en occupant l’Acropole. En plus d’envahir le temple pour en faire sa résidence permanente, il se pavane sur un char allégorique avec une femme déguisée en Athéna. Le but de ce petit manège? Faire croire que la déesse et lui sont chummy-chummy. Même si le subterfuge est gros comme le bras, les citoyens mordent à l’hameçon.
Aujourd’hui reconnu comme un mégalomane assoiffé de conquêtes, il s’est quand même attaqué aux privilèges des riches pour améliorer le sort des paysans. Comme quoi tout escroc a son côté sain…
1095-1300
Pendant les croisades, les forces chrétiennes quilivrent bataille aux armées de l’Islam en Terre sainte produisent de la fausse monnaie : les fauxmonnayeur utilisent un moule en argile dans lequel ils coulent du métal fondu. Frappés de manière un peu boiteuse, les écus circulent tout de même facilement. À grand coup d’ingéniosité, les techniques des faussaires se sont depuis améliorées et les traîtres, devenus de plus en plus difficiles à débusquer.
Encore aujourd’hui, la Gendarmerie royale du Canada mène sa croisade personnelle contre les faux billets : près de 10 millions de coupures contrefaites sont saisies annuellement au pays.
1316 – 1411
Le Moyen-Âge est une époque reconnue pour son insalubrité, notamment dans le domaine de l’alimentation. En 1316, 16 artisans sont condamnés au pilori et bannis du royaume pour avoir fabriqué de la farine à partir d’ordures.
XVe siècle
Des faussaires espagnols envoient des lettres larmoyantes à de richissimes seigneurs, du genre : « Une magnifique princesse est tenue prisonnière par des Turcs, envoyez de l’argent pour la libérer et elle sera vôtre. » Cette escroquerie, qui porte le nom très générique de « la prisonnière espagnole », a été reprise quatre siècles plus tard, sous le nom de « lettre de Jérusalem ».
1606-1669
Le peintre hollandais Rembrandt van Rijn commande des imitations de ses oeuvres. Dans son atelier, ses étudiants donnent des coups de pinceaux à la manière de leur maître et, une fois la toile achevée, Rembrandt y appose son nom.
Entre 1909 et 1951, près de 10 000 oeuvres signées de sa main ont été importées aux États-Unis. Ce qui équivaut à dire que, durant sa vie active, il aurait produit deux tableaux par jour. Il n’est pas le seul à avoir pris les acheteurs pour des valises ; Michel-Ange et Van Gogh ont aussi donné dans la contrefaçon.
1919 (époque contemporaine)
Après la Première Guerre mondiale, Charles Ponzi organise une fraude majestueuse. Il quitte Boston pour s’installer à Montréal en 1907, sans le sou. L’Italo-Américain réussit à mettre sur pied une boutique de cigares et une institution financière, la Banca Zarossi. Il promet des taux d’intérêt à faire saliver les investisseurs.
Petit hic : il les rembourse avec l’argent… des autres investisseurs. Dès que les souscriptions ralentissent, la bulle éclate et le charlatan est démasqué. En tout, plus de 40 000 personnes auront mordu à l’hameçon de celui à qui on doit aujourd’hui l’expression « chaîne de Ponzi ».
Le criminel fait un tour derrière les barreaux, mais aussitôt relâché, ses arnaques financières continuent. Crosseur un jour, crosseur toujours…
La fraude à la Ponzi se trouve toujours dans le top des fraudes économiques.
Ce texte est issu du #28 spécial Escrocs | Automne 2010





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