12 Avr 2011
Héros des temps modernes
Chaque jour, ils mènent une lutte acharnée aux bandits à cravate, aux véreux entrepreneurs de la construction, aux vendeurs d’assurances peu rassurants et aux fabricants de ShamWow.
Pendant que l’Association des
marchés financiers, la GRC et Option Consommateur dorment aux gaz, ils
sont les seuls sur qui on peut vraiment compter pour nous protéger
contre les escrocs en tout genre. En cette période fertile en enveloppes
brunes, Urbania a voulu souligner le travail de ces hommes et de ces
femmes d’action : les journalistes d’enquête.

« Des escrocs, il y en a partout autour de nous. On en a la preuve dans la variété de sujets dont on traite à l’émission : que ce soient les vices cachés, les problèmes de voiture, l’assurance vie... Il y a plusieurs téléspectateurs qui nous écrivent pour nous fournir des pistes. Quand on les rencontre, ils sont souvent accaparés par leurs problèmes et ça se voit dans leur regard. Ils ont le genre d’expression qui reste gravée longtemps dans notre mémoire. Puis quand on réussit à régler leurs problèmes et qu’on voit l’appréciation et le soulagement sur leur visage, c’est ce qui est le plus nourrissant. » Annie Gagnon, J.E.
« Aujourd'hui, la technologie permet aux escrocs d'avoir un accès rapide à nos informations et de se rendre plus facilement jusqu'à nous. Des vols d'identité, par exemple, on ne voyait pas ça avant! Une autre nouveauté, c'est qu'il y a de plus en plus d'escrocs. C’est pourquoi, avec l'équipe de J.E., on mise de plus en plus sur la prévention, afin que les gens sachent reconnaître les pièges du système et les éviter avant qu'il soit trop tard. Parfois, c'est déjà le cas. Beaucoup de gens communiquent avec nous quand ils n'ont plus de recours et qu'ils sont au bout du rouleau. Dans les meilleurs cas, on peut les aider, mais il arrive que l’on ne puisse rien pour eux : quand un individu signe un contrat, il doit assumer qu'il a signé un contrat! On ne peut pas faire de miracles. » Michel Jean, J.E.

« 90 % des gens avec qui je communique se méfient et refusent de coopérer avec moi, parce qu’ils savent que je cherche la vérité. Le soir, quand je retourne à la maison, je suis souvent irrité d’avoir été confronté à autant d’adversité dans ma journée. Je me souviens, lorsque j’ai enquêté sur le dossier de la construction, mon travail a été particulièrement difficile. J’ai dû convaincre beaucoup de gens de me parler, puisque c’est un milieu qui comporte de grands risques de bavures. Malgré ce genre de difficultés, je ne crains pas pour ma vie : je ressens plus d’inconfort que de danger. Il faut dire que, pour des escrocs, s’attaquer aux journalistes n’est pas une bonne idée. Ça ouvre la porte aux enquêtes et ça prouve qu’ils ont des choses à se reprocher. Au Québec, il n’y a pas eu beaucoup de journalistes qui se sont fait attaquer. Le cas le plus récent est celui de Michel Auger, et c’est probablement à cause de son histoire que Mom Boucher s’est retrouvé prison. » Alain Gravel, Enquête

« Dans mon métier, on raconte des histoires qui ne s’inventent pas, puis on se rend compte que la réalité dépasse parfois la fiction. Pour moi, les pires escrocs sont ceux qui mentent et qui abusent de leur pouvoir, au détriment des valeurs qu’ils prônent. Comme dans le cas du scandale des commandites. Avant de commencer mon enquête sur le sujet, j’ai reçu plusieurs lettres et courriels anonymes qui contenaient des informations importantes : c’est ce qui m’a amené à me pencher sur le sujet. Dans un dossier comme celui-là, les contacts et les sources sont primordiales : "Ma Chouette" en est la preuve parfaite. Après avoir reçu des menaces d’emprisonnement pour ne pas avoir voulu révéler mes sources, j’ai vécu des moments assez décourageants. C’était déprimant de voir que je travaillais fort pour préserver l’anonymat de "Ma Chouette" et que je n’aurais peut-être pas le choix de dévoiler des détails sur elle. C’est grâce à l’appui de mes collègues que j’ai retrouvé confiance. Maintenant, ne reste plus qu’à voir si la justice nous sera redevable. » Daniel Leblanc, Globe and Mail
Photos: Christian Tremblay
Ce texte est issu du #28 spécial Escrocs | Automne 2010

« Des escrocs, il y en a partout autour de nous. On en a la preuve dans la variété de sujets dont on traite à l’émission : que ce soient les vices cachés, les problèmes de voiture, l’assurance vie... Il y a plusieurs téléspectateurs qui nous écrivent pour nous fournir des pistes. Quand on les rencontre, ils sont souvent accaparés par leurs problèmes et ça se voit dans leur regard. Ils ont le genre d’expression qui reste gravée longtemps dans notre mémoire. Puis quand on réussit à régler leurs problèmes et qu’on voit l’appréciation et le soulagement sur leur visage, c’est ce qui est le plus nourrissant. » Annie Gagnon, J.E.
« Aujourd'hui, la technologie permet aux escrocs d'avoir un accès rapide à nos informations et de se rendre plus facilement jusqu'à nous. Des vols d'identité, par exemple, on ne voyait pas ça avant! Une autre nouveauté, c'est qu'il y a de plus en plus d'escrocs. C’est pourquoi, avec l'équipe de J.E., on mise de plus en plus sur la prévention, afin que les gens sachent reconnaître les pièges du système et les éviter avant qu'il soit trop tard. Parfois, c'est déjà le cas. Beaucoup de gens communiquent avec nous quand ils n'ont plus de recours et qu'ils sont au bout du rouleau. Dans les meilleurs cas, on peut les aider, mais il arrive que l’on ne puisse rien pour eux : quand un individu signe un contrat, il doit assumer qu'il a signé un contrat! On ne peut pas faire de miracles. » Michel Jean, J.E.

« 90 % des gens avec qui je communique se méfient et refusent de coopérer avec moi, parce qu’ils savent que je cherche la vérité. Le soir, quand je retourne à la maison, je suis souvent irrité d’avoir été confronté à autant d’adversité dans ma journée. Je me souviens, lorsque j’ai enquêté sur le dossier de la construction, mon travail a été particulièrement difficile. J’ai dû convaincre beaucoup de gens de me parler, puisque c’est un milieu qui comporte de grands risques de bavures. Malgré ce genre de difficultés, je ne crains pas pour ma vie : je ressens plus d’inconfort que de danger. Il faut dire que, pour des escrocs, s’attaquer aux journalistes n’est pas une bonne idée. Ça ouvre la porte aux enquêtes et ça prouve qu’ils ont des choses à se reprocher. Au Québec, il n’y a pas eu beaucoup de journalistes qui se sont fait attaquer. Le cas le plus récent est celui de Michel Auger, et c’est probablement à cause de son histoire que Mom Boucher s’est retrouvé prison. » Alain Gravel, Enquête

« Dans mon métier, on raconte des histoires qui ne s’inventent pas, puis on se rend compte que la réalité dépasse parfois la fiction. Pour moi, les pires escrocs sont ceux qui mentent et qui abusent de leur pouvoir, au détriment des valeurs qu’ils prônent. Comme dans le cas du scandale des commandites. Avant de commencer mon enquête sur le sujet, j’ai reçu plusieurs lettres et courriels anonymes qui contenaient des informations importantes : c’est ce qui m’a amené à me pencher sur le sujet. Dans un dossier comme celui-là, les contacts et les sources sont primordiales : "Ma Chouette" en est la preuve parfaite. Après avoir reçu des menaces d’emprisonnement pour ne pas avoir voulu révéler mes sources, j’ai vécu des moments assez décourageants. C’était déprimant de voir que je travaillais fort pour préserver l’anonymat de "Ma Chouette" et que je n’aurais peut-être pas le choix de dévoiler des détails sur elle. C’est grâce à l’appui de mes collègues que j’ai retrouvé confiance. Maintenant, ne reste plus qu’à voir si la justice nous sera redevable. » Daniel Leblanc, Globe and Mail
Photos: Christian Tremblay
Ce texte est issu du #28 spécial Escrocs | Automne 2010





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