15 Déc 2010
Christophe Rocancourt est le plus grand imposteur français de l’histoire.
Ce texte est extrait du #28 spécial Escrocs, maintenant dans les kiosques
Il a emprunté plus d’une douzaine d’identités et a passé 10 ans derrière les barreaux pour vol, contrebande, parjure, fraude, usage de faux passeports et délit de fuite. Proche de Mickey Rourke et de Jean-Claude Van Damme, il a fait des soirées huppées avec le gratin hollywoodien son quotidien. Notre journaliste revient sur quelques grands moments de son histoire.
Juillet 2000, Upper East Side, New York. Dans une somptueuse salle à manger, la fille du président de Sony, l’éditrice du magazine People, un collectionneur d’art et une Américaine de sang royal sont réunis autour de la table de Ginés Serrán-Pagán, un artiste new yorkais. Ce soir, leur hôte reçoit un invité très spécial : Christophe Rockefeller, héritier de la prestigieuse famille américaine, qui lui propose un million de dollars pour acheter ses œuvres.
Le repas débute en beauté. Christophe fait son entrée, accompagnée d’une mannequin et de son secrétaire. La femme est sublime, ses formes attirent le regard de tous les hommes présents. Son second compagnon n’a rien d’un frêle secrétaire et ressemble davantage à un garde du corps.
Ginés ajoute des couverts supplémentaires pour les deux invités-surprises et entame le repas en servant une salade. Les convives échangent des banalités sur l’art, l’économie et la philosophie. Christophe parle beaucoup, sans se soucier des autres. Il cite Nietzche dès qu’il en a l’occasion et disserte sur sa merveilleuse résidence aux Hamptons, la bouche pleine et les coudes sur la table.
Drôle d’attitude pour un membre de la famille Rockefeller.
Autour de la table, ces mauvaises manières en font sourciller plus d’un et éveillent les soupçons de l’hôte, Ginés Serrán-Pagán. Mais qui est donc cet étrange acheteur qui s’exprime avec un accent français peu subtil?
Après le repas, Serrán-Pagán lui offre une coupe de vin californien de mauvaise qualité. Christophe le complimente sur ce « grand cru de Bordeaux ».
Rockefeller n’est pas celui qu’il prétend être.
Serrán-Pagán le sait.
Mais à ce moment, l’artiste est bien loin de comprendre l’ampleur de la supercherie édifiée par le personnage qui se trouve à sa table. Pourtant, dans les jours qui suivent, tous les médias américains parleront de lui.
Les premiers délits
C’est à Honfleur, en Normandie, que Christophe vient au monde. Sa mère, une prostituée, l’abandonnera très jeune. Son père, un alcoolique violent, le rejette. Très jeune, il vagabonde et vole pour survivre. Alors que les parents des autres enfants leur interdisent de s’éloigner de la maison, la mère de Christophe l’envoie jouer loin de la roulotte familiale, où elle reçoit des clients. Son éducation rime plus avec liberté qu’avec discipline.
Parce qu’il est trop souvent absent en classe, l’école avertit le gouvernement qui prend en charge l’enfant. Christophe a 10 ans quand il est envoyé à l’orphelinat.
Vivre avec 150 enfants abandonnés n’est pas de tout repos. Mais, contrairement aux autres orphelins, il a plus que ses poings pour se défendre : il sait raconter des histoires. Quand il parle, la réalité se transforme en rêve et transporte ceux qui l’écoutent. À force d’être le héros de tous ces mensonges, il gagne l’estime des garçons et le cœur des filles.
Chaque dimanche, c’est jour de fête à l’orphelinat : les visites sont permises. Christophe attend son père.
Avant de le déposer à l’orphelinat, le vieil homme avait offert des chaussures cirées à son fils : à l’heure des visites, le jeune garçon les frotte comme une lampe d’Aladin, espérant que son père finisse par apparaître.
Celui-ci ne viendra jamais.
N’en pouvant plus d’être enfermé, Christophe fugue dès qu’il en a la chance. Le directeur de l’orphelinat le retrouve souvent dans le sous-sol de l’église. Christophe est très croyant : le seul qui ne l’ait jamais abandonné, c’est Dieu.
Puis, à l’adolescence, Christophe s’enfuit, direction Paris. À lui la liberté tant rêvée, les bancs de métro la nuit, la rue, le froid, la faim. Complètement paumé, il se fait offrir des repas par des prostituées. Les filles connaissent bien les propriétaires des cafés près de la Gare Saint-Lazare. Elles s’arrangent pour que le jeune Christophe puisse se réchauffer quelques heures au calme, pendant qu’elles retournent travailler.
Dans la rue, la liberté est parfois synonyme d’ennui. Le temps s’étire, mais jamais quand Christophe a le nez plongé dans un bouquin; il adore lire. Il passe ses journées à dévorer les œuvres d’Umberto Eco et de Nietzche, qu’il chaparde dans les stands de bouquinistes sur le bord de la Seine. Jusqu’au jour où Gigi, un jeune riche, le prend sous son aile. Le dandy lui tend la main, le ramène chez lui. À ses côtés, Rocancourt fréquente les grands salons de thé et les bars huppés de Paris, où il fait un ravage chez les jeunes filles, qui prennent l’habitude de régler ses factures.
Du Ritz au Crillon, il découvre l’art d’allumer une cigarette avec distinction. Rocancourt observe, décortique et apprend : tente de comprendre le comportement des jeunes bourgeois. Au-delà de l’imitation, il analyse leurs réactions de A à Z afin de mieux s’intégrer à leur milieu. Gigi le présente à ses amis, autant à ses relations intimes qu’aux célébrités. Christophe fait alors la rencontre d’hommes immensément fortunés. C’est à ce moment qu’il effectue ses premières magouilles : il investit leur argent en leurs promettant de gros profits et disparaît avec le butin.
Puis, à 24 ans, Rocancourt part en Suisse. Les raisons de son séjour à Genève sont nébuleuses. C’est là que les embrouilles avec la justice commencent. La police le soupçonne d’être en lien avec le cambriolage d’une grande bijouterie sur la rue du Mont-Blanc; un ami de Rocancourt est responsable du hold-up et sa présence sur le territoire éveille les soupçons. Pour éviter les démêlés avec la justice, Rocancourt décide de réaliser un vieux rêve : s’envoler vers l’Amérique.
Avec quelques sous en poche et un anglais rudimentaire, il s’enfuit à Los Angeles.
De Rocancourt à Rockefeller
Dans la Cité des Anges, Rocancourt fait la connaissance du designer français Charles Glenn, au célèbre restaurant Chez Maurice. « On s’est tout de suite pris d’amitié, raconte le designer. Il était jeune et comme j’étais un ancêtre à Los Angeles, je lui ai fait rencontrer tout le monde. »
Dès leur première rencontre, le jeune Rocancourt se présente comme un boxeur professionnel, champion européen dans la catégorie poids légers, même s’il n’a jamais monté dans un ring de sa vie. Et puis, un jour, alors que les deux hommes sont en route vers un combat, Christophe propose 500 $ à Glenn pour qu’ils rebroussent chemin et disent à leurs connaissances qu’il avait vaincu son adversaire par K.O. « Sur le coup, je l’ai pris pour un petit imbécile, mais j’ai quand même accepté. Je me suis fait 500 $ en cinq minutes! explique le principal intéressé. À l’époque, je ne savais pas que ce petit voyou promettait des fortunes à mes amis. Faut dire qu’il avait beaucoup de charme… »
Rocancourt vend du rêve à tout le monde. Et pas seulement aux amis de Glenn. Dès qu’il est en présence d’un « gros poisson » (le terme qu’il utilise dans sa biographie), le jeune homme tente sa chance.
Au fil des rencontres, Rocancourt tisse des liens avec les proches de Glenn, dont un de ses plus vieux amis, le décorateur français Pierre Lange. La confiance s’installe entre les deux hommes, et Christophe s’entraîne quotidiennement dans la villa de Pierre, où celui-ci lui a installé des machines de musculation près de la piscine.
Un jour, Lange confie à son boxeur préféré qu’il a des petits problèmes financiers. Rocancourt saute sur l’occasion et lui promet d’acheter sa villa. Il s’installe pour de bon dans la propriété de son nouvel ami. Peu de temps après, Christophe expédie Lange pendant un mois en Europe, afin qu’il règle les détails du transfert monétaire pour l’achat de la maison avec sa banque. Il fait en sorte que le voyage de Lange se prolonge en invoquant divers problèmes avec son institution bancaire. Il propose à son ami d’aller se détendre un peu au Portugal, où celui-ci possède une demeure. Après trois mois d’attente, Lange s’impatiente et revient à L.A. « Le pire, explique ce dernier, c’est que j’ai découvert qu’il m’avait payé l’avion en première classe avec la carte de crédit d’une pauvre jeune femme. Il volait vraiment n’importe qui! »
Pendant son absence, Rocancourt organise de grandes réceptions dans la maison de son ami et se présente même comme le propriétaire des lieux. Après le deuxième mois, Christophe vend la villa à un Saoudien. Il empoche l’argent et ne donne pas un rond à Lange. Cependant, dans sa biographie, la version de Rocancourt est tout autre : « Lange était moins prospère qu’il n’y paraissait. Je crois qu’il avait carrément les huissiers à la porte. Il est probable que je lui ai évité la faillite en le débarrassant du poids de cette propriété ruineuse. Il en possédait une autre au Portugal. Il n’avait plus les moyens d’entretenir tous ces palais. »
Dans les faits, la situation monétaire de Pierre Lange était stable avant qu’il ne rencontre Rocancourt. « J’ai sorti la maison du marché immobilier pendant trois mois, car il me disait qu'il voulait l'acheter, explique le décorateur français. Pendant ce temps, la crise économique a commencé et je n'ai pas pu la vendre à mon retour du Portugal. La banque l'a reprise et j'ai fait faillite! »
[...| La suite à lire dans le #28 spécial Escrocs, maintenant dans les kiosques
Il a emprunté plus d’une douzaine d’identités et a passé 10 ans derrière les barreaux pour vol, contrebande, parjure, fraude, usage de faux passeports et délit de fuite. Proche de Mickey Rourke et de Jean-Claude Van Damme, il a fait des soirées huppées avec le gratin hollywoodien son quotidien. Notre journaliste revient sur quelques grands moments de son histoire.
Juillet 2000, Upper East Side, New York. Dans une somptueuse salle à manger, la fille du président de Sony, l’éditrice du magazine People, un collectionneur d’art et une Américaine de sang royal sont réunis autour de la table de Ginés Serrán-Pagán, un artiste new yorkais. Ce soir, leur hôte reçoit un invité très spécial : Christophe Rockefeller, héritier de la prestigieuse famille américaine, qui lui propose un million de dollars pour acheter ses œuvres.
Le repas débute en beauté. Christophe fait son entrée, accompagnée d’une mannequin et de son secrétaire. La femme est sublime, ses formes attirent le regard de tous les hommes présents. Son second compagnon n’a rien d’un frêle secrétaire et ressemble davantage à un garde du corps.
Ginés ajoute des couverts supplémentaires pour les deux invités-surprises et entame le repas en servant une salade. Les convives échangent des banalités sur l’art, l’économie et la philosophie. Christophe parle beaucoup, sans se soucier des autres. Il cite Nietzche dès qu’il en a l’occasion et disserte sur sa merveilleuse résidence aux Hamptons, la bouche pleine et les coudes sur la table.
Drôle d’attitude pour un membre de la famille Rockefeller.
Autour de la table, ces mauvaises manières en font sourciller plus d’un et éveillent les soupçons de l’hôte, Ginés Serrán-Pagán. Mais qui est donc cet étrange acheteur qui s’exprime avec un accent français peu subtil?
Après le repas, Serrán-Pagán lui offre une coupe de vin californien de mauvaise qualité. Christophe le complimente sur ce « grand cru de Bordeaux ».
Rockefeller n’est pas celui qu’il prétend être.
Serrán-Pagán le sait.
Mais à ce moment, l’artiste est bien loin de comprendre l’ampleur de la supercherie édifiée par le personnage qui se trouve à sa table. Pourtant, dans les jours qui suivent, tous les médias américains parleront de lui.
Les premiers délits
C’est à Honfleur, en Normandie, que Christophe vient au monde. Sa mère, une prostituée, l’abandonnera très jeune. Son père, un alcoolique violent, le rejette. Très jeune, il vagabonde et vole pour survivre. Alors que les parents des autres enfants leur interdisent de s’éloigner de la maison, la mère de Christophe l’envoie jouer loin de la roulotte familiale, où elle reçoit des clients. Son éducation rime plus avec liberté qu’avec discipline.
Parce qu’il est trop souvent absent en classe, l’école avertit le gouvernement qui prend en charge l’enfant. Christophe a 10 ans quand il est envoyé à l’orphelinat.
Vivre avec 150 enfants abandonnés n’est pas de tout repos. Mais, contrairement aux autres orphelins, il a plus que ses poings pour se défendre : il sait raconter des histoires. Quand il parle, la réalité se transforme en rêve et transporte ceux qui l’écoutent. À force d’être le héros de tous ces mensonges, il gagne l’estime des garçons et le cœur des filles.
Chaque dimanche, c’est jour de fête à l’orphelinat : les visites sont permises. Christophe attend son père.
Avant de le déposer à l’orphelinat, le vieil homme avait offert des chaussures cirées à son fils : à l’heure des visites, le jeune garçon les frotte comme une lampe d’Aladin, espérant que son père finisse par apparaître.
Celui-ci ne viendra jamais.
N’en pouvant plus d’être enfermé, Christophe fugue dès qu’il en a la chance. Le directeur de l’orphelinat le retrouve souvent dans le sous-sol de l’église. Christophe est très croyant : le seul qui ne l’ait jamais abandonné, c’est Dieu.
Puis, à l’adolescence, Christophe s’enfuit, direction Paris. À lui la liberté tant rêvée, les bancs de métro la nuit, la rue, le froid, la faim. Complètement paumé, il se fait offrir des repas par des prostituées. Les filles connaissent bien les propriétaires des cafés près de la Gare Saint-Lazare. Elles s’arrangent pour que le jeune Christophe puisse se réchauffer quelques heures au calme, pendant qu’elles retournent travailler.
Dans la rue, la liberté est parfois synonyme d’ennui. Le temps s’étire, mais jamais quand Christophe a le nez plongé dans un bouquin; il adore lire. Il passe ses journées à dévorer les œuvres d’Umberto Eco et de Nietzche, qu’il chaparde dans les stands de bouquinistes sur le bord de la Seine. Jusqu’au jour où Gigi, un jeune riche, le prend sous son aile. Le dandy lui tend la main, le ramène chez lui. À ses côtés, Rocancourt fréquente les grands salons de thé et les bars huppés de Paris, où il fait un ravage chez les jeunes filles, qui prennent l’habitude de régler ses factures.
Du Ritz au Crillon, il découvre l’art d’allumer une cigarette avec distinction. Rocancourt observe, décortique et apprend : tente de comprendre le comportement des jeunes bourgeois. Au-delà de l’imitation, il analyse leurs réactions de A à Z afin de mieux s’intégrer à leur milieu. Gigi le présente à ses amis, autant à ses relations intimes qu’aux célébrités. Christophe fait alors la rencontre d’hommes immensément fortunés. C’est à ce moment qu’il effectue ses premières magouilles : il investit leur argent en leurs promettant de gros profits et disparaît avec le butin.
Puis, à 24 ans, Rocancourt part en Suisse. Les raisons de son séjour à Genève sont nébuleuses. C’est là que les embrouilles avec la justice commencent. La police le soupçonne d’être en lien avec le cambriolage d’une grande bijouterie sur la rue du Mont-Blanc; un ami de Rocancourt est responsable du hold-up et sa présence sur le territoire éveille les soupçons. Pour éviter les démêlés avec la justice, Rocancourt décide de réaliser un vieux rêve : s’envoler vers l’Amérique.
Avec quelques sous en poche et un anglais rudimentaire, il s’enfuit à Los Angeles.
De Rocancourt à Rockefeller
Dans la Cité des Anges, Rocancourt fait la connaissance du designer français Charles Glenn, au célèbre restaurant Chez Maurice. « On s’est tout de suite pris d’amitié, raconte le designer. Il était jeune et comme j’étais un ancêtre à Los Angeles, je lui ai fait rencontrer tout le monde. »
Dès leur première rencontre, le jeune Rocancourt se présente comme un boxeur professionnel, champion européen dans la catégorie poids légers, même s’il n’a jamais monté dans un ring de sa vie. Et puis, un jour, alors que les deux hommes sont en route vers un combat, Christophe propose 500 $ à Glenn pour qu’ils rebroussent chemin et disent à leurs connaissances qu’il avait vaincu son adversaire par K.O. « Sur le coup, je l’ai pris pour un petit imbécile, mais j’ai quand même accepté. Je me suis fait 500 $ en cinq minutes! explique le principal intéressé. À l’époque, je ne savais pas que ce petit voyou promettait des fortunes à mes amis. Faut dire qu’il avait beaucoup de charme… »
Rocancourt vend du rêve à tout le monde. Et pas seulement aux amis de Glenn. Dès qu’il est en présence d’un « gros poisson » (le terme qu’il utilise dans sa biographie), le jeune homme tente sa chance.
Au fil des rencontres, Rocancourt tisse des liens avec les proches de Glenn, dont un de ses plus vieux amis, le décorateur français Pierre Lange. La confiance s’installe entre les deux hommes, et Christophe s’entraîne quotidiennement dans la villa de Pierre, où celui-ci lui a installé des machines de musculation près de la piscine.
Un jour, Lange confie à son boxeur préféré qu’il a des petits problèmes financiers. Rocancourt saute sur l’occasion et lui promet d’acheter sa villa. Il s’installe pour de bon dans la propriété de son nouvel ami. Peu de temps après, Christophe expédie Lange pendant un mois en Europe, afin qu’il règle les détails du transfert monétaire pour l’achat de la maison avec sa banque. Il fait en sorte que le voyage de Lange se prolonge en invoquant divers problèmes avec son institution bancaire. Il propose à son ami d’aller se détendre un peu au Portugal, où celui-ci possède une demeure. Après trois mois d’attente, Lange s’impatiente et revient à L.A. « Le pire, explique ce dernier, c’est que j’ai découvert qu’il m’avait payé l’avion en première classe avec la carte de crédit d’une pauvre jeune femme. Il volait vraiment n’importe qui! »
Pendant son absence, Rocancourt organise de grandes réceptions dans la maison de son ami et se présente même comme le propriétaire des lieux. Après le deuxième mois, Christophe vend la villa à un Saoudien. Il empoche l’argent et ne donne pas un rond à Lange. Cependant, dans sa biographie, la version de Rocancourt est tout autre : « Lange était moins prospère qu’il n’y paraissait. Je crois qu’il avait carrément les huissiers à la porte. Il est probable que je lui ai évité la faillite en le débarrassant du poids de cette propriété ruineuse. Il en possédait une autre au Portugal. Il n’avait plus les moyens d’entretenir tous ces palais. »
Dans les faits, la situation monétaire de Pierre Lange était stable avant qu’il ne rencontre Rocancourt. « J’ai sorti la maison du marché immobilier pendant trois mois, car il me disait qu'il voulait l'acheter, explique le décorateur français. Pendant ce temps, la crise économique a commencé et je n'ai pas pu la vendre à mon retour du Portugal. La banque l'a reprise et j'ai fait faillite! »
[...| La suite à lire dans le #28 spécial Escrocs, maintenant dans les kiosques





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