11 Août 2010

Chez nous - Thomas Csano

Crédit: Olivier Blouin

Par

Dans une ancienne fabrique de caleçons sur le boulevard Saint-Laurent, le designer graphique Thomas Csano habite un univers à la limite entre le chaos et l’ordre.

Pour découvrir le loft de Thomas Csano en photos, cliquez ici.

En entrant dans le loft, c’est comme une explosion : les yeux ne savent pas sur quoi se fixer. Ce corps bleu suspendu au plafond. Cette tête géante de Mickey Mouse posée sur la vieille chaise de barbier. Les centaines de figurines sur les étagères ou encore ce crâne mi-vache mi-cerf qui est au mur… L’endroit est un amalgame d’objets digne des brocantes les plus folles. Tout se mélange et s’agglutine dans un ordre déroutant.
 
Depuis une dizaine d’années, Thomas habite ce lieu qui était à l’origine l’atelier de Carlito Dalceggio et David Pelletier, fondateurs des Organic Fresh Heroes, auteurs de nombreuses expos dingues des années 1990. « À l’époque, je travaillais dans la publicité. J’avais une bonne situation, mais j’avais envie de faire de l’art et le soir je travaillais en secret sur mes sculptures. » Un jour, il se rend à un vernissage et rencontre Carlito. Ça a été le déclic. « Nous sommes devenus amis et petit à petit, j’ai quitté mon boulot et me suis impliqué dans ses projets comme le Circo de Bakuza; genre de cirque d’art et performance, et maintenant la Secret Silk Society. Je suis venu m’installer ici quand il est parti en voyage, et comme il n’est jamais vraiment revenu, j’y suis resté!», raconte l’artiste de 36 ans.


 
Depuis, le loft a évolué. D’atelier bordélique à lieu de tournage, de shooting photo, et d’expo, l’endroit a servi à toutes sortes d’événements. «On a aussi fait des fêtes incroyables…» Aujourd’hui le lieu est plus équilibré entre atelier et espace de vie. Avec le temps, Thomas l’a modifié pour en faire un loft «normal» : une salle de bain avec ses mouettes en plastique et ses murs bleus azure, une cuisine aux accents exotiques avec ses squelettes et ses icônes religieuses sur la table. Le coin salon change d’époque avec sa tapisserie bordeaux et son ensemble de sofas turquoise rococo récupéré chez Urban Outfitters. «Quand je l’ai vu, je me suis dit que j’en voulais un comme ça pour chez moi, mais il servait de déco dans le magasin... Des années plus tard, j’y suis retourné et c’était mon jour de chance : ils voulaient justement s’en débarrasser. Alors, je l’ai acheté!»
 
Chez Thomas, chaque objet ou presque a une histoire et sert à en raconter. «Depuis tout petit, je ramasse toutes sortes de choses, même dans les poubelles… Et quand je dois chercher un concept, je peux passer des heures à faire le tour de mon appart pour m’inspirer, c’est bien mieux qu’internet!» L’étagère fait certainement partie ce qu’il y a de plus intrigant. L’amoncellement qui y réside a quelque chose d’effrayant et fascinant à la fois: des figurines sans tête, des poupées Barbie démembrées, de vieux emballages et mille autres trucs indescriptibles dont la dernière acquisition, une mini danseuse Hawaïenne.
 
Beaucoup sont des trésors dénichés dans les brocantes: ces petits objets ignorés par des dizaines de chineurs et qui ont trouvé leur salut avec Thomas. Comme cet oeuf de caille orné de petits pieds dorés et qui s’ouvre en deux sur… un minuscule poupon en plastique. «J’aime les objets qui ont une histoire, une âme. Un jour cette collection sera une installation de l’histoire de ma vie. »
 
Malgré la quantité d’objets, une fois que le regard s’est habitué, la symétrie de la scène saute aux yeux. Chaque élément à une place bien précise qui s’intègre dans un tout harmonieux. «C’est mon côté graphiste qui ressort, je suis un maniaque du détail, concède-t-il. Que ce soit dans les couleurs ou les formes, il y a un ordre à trouver dans le chaos.»

Derniers commentairesRSS
  • Vraiment cool cet appart

    14 Août 2010 | Mo

  • Enchanteur, vraiment.

    11 Août 2010 | maïa

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