Chéri, j’casse

Chéri, j’casse
25 Sept 2009

Par Mélissa Verreault  |  Publié dans : mélissa verreault

La politique m’inspire par les temps qui courent. Regarder tous ces messieurs en cravates et ces mesdames en tailleurs se battre pour avoir le pouvoir, s’obstiner pour savoir qui a raison et rabaisser leurs adversaires pour se remonter l’estime, ça m’aide étonnamment à comprendre mes relations interpersonnelles. Cette semaine, c’est l’actualité en politique municipale qui a provoqué chez moi une véritable illumination.

Le scandale : un rapport a dévoilé ce que tout le monde savait déjà, c’est-à-dire que le processus d’attribution du contrat des compteurs d’eau par la ville de Montréal présentait plusieurs irrégularités (traduction : c’était de l’arnaque). À la suite de cette grande révélation, le maire Tremblay a annulé le contrat et remercié deux de ses cadres. En plus de leur 4%, la Ville donnera l’équivalent d’une année de salaire à Léger et à Robert Cassius de Linval, pour les dédommager (de quoi ? Ça, c’est moins clair). 

La Ville congédie deux hauts fonctionnaires et, simultanément, leur offre le gros traitement de faveur ; c’est comme si un jeune homme rompait avec moi et me disait «Fais-toi en pas, je vais continuer de te dorloter. Cet après-midi, je te paye le spa et demain, ce sera le souper aux chandelles et le massage aux huiles essentielles.» N’importe quoi. On ne peut pas dire à quelqu’un «Désolé, mais toi et moi, c’est fini, t’es trop con » et du même coup lui affirmer «Mais tu mérites ce qu’il y a de mieux, alors laisse-moi prendre soin de toi.» Cohérence mon homme, cohérence.

Les réflexions provoquées par toutes ces histoires m’ont amenée à me rappeler mes propres ruptures. J’ai essayé de me souvenir comment ça s’était passé. Une chose est sûre : les gars qui m’ont jadis crisséelà ont tous été très conséquents avec leurs actes. Après m’avoir envoyer promener, ils ont cessé toute démonstration de gentillesse à mon égard. Certains ont simplement arrêté de me parler, d’autres ont cru bon me faire quelques coups chiens, pour me prouver que c’était vraiment terminé. C’était des salauds, mais au moins, ils agissaient de façon logique.

Ce n’est jamais évident de laisser quelqu’un, mais il y a quand même des façons plus élégantes que d’autres de le faire. Parmi les pires méthodes de «brisage de couple» que j’ai connues, il y a évidemment ces fois où le mec n’a pas eu les couilles de me dire en face que c’était overet a préféré m’annoncer la chose par courriel, prenant bien soin de disparaître dans la brume par la suite. Puis, il y a eu cette fois où mon copain a choisi de «casser» avec moi alors que nous revenions de faire les courses et que j’avais les bras pleins de sacs d’épicerie. «Ça me tente pu de sortir avec toi», qu’il a balancé. T’aurais pas pu attendre qu’on ait rangé les cannes de soupe tomate et les boîtes de Kraft Dinner dans le garde-manger avant de me faire ta grande annonce ? 

On est habitué aux palmarès des meilleurs pick up linesutilisés par les dragueurs, mais je trouve qu’un palmarès des pires drop off linemanque cruellement. Et c’est ce que je propose qu’on dresse ici. Faites-vous allez le web 2.0 et participez en grand nombre à l’élaboration de la liste des plusse pireshistoires de rupture. Une fois celle-ci complétée, je me chargerai de l’envoyer au maire Tremblay, afin qu’il puisse s’en inspirer la prochaine fois qu’il aura besoin de mettre un de ses employés à la porte.

Derniers commentairesRSS
  • marie-eve boucher

    Dans la même ligne que Vanessa, j'ai eu droit à : t'es trop ambitieuse. Charmant. Va te contenter de ta médiocrité ailleurs, chose. ;)

    28 Sept 2009 | marie-eve boucher

  • Mélissa Verreault

    Je vois que je ne suis pas la seule à attirer les gars mous et incohérents. Je ne suis pas certaine que ça me rassure, mais bon.

    Je serais curieuse de lire les drop off lines de fille que les gars se sont fait shooter lors d'une rupture...

    26 Sept 2009 | Mélissa Verreault | Montréal

  • Isabelle Vincent

    J'ai eu droit au courriel aussi, disant «t'aime pas le cinéma et moi c'est ma vie. on est trop différent».

    Il y avait aussi le «ca m'tente pu vraiment la» (right, c'est plein de bons arguments ca), et parlant de logique, le génial: «tu compte vraiment pour moi, mais c'est fini. J'vais aller te reconduire chez toi. M'embrasse tu avant de partir?».

    25 Sept 2009 | Isabelle Vincent | Rimouski

  • Jade Boivin

    Une fois ça c'est finit avec un gars et il m'a dit que j'étais trop saine et positive pour lui . Genre il aurait mieux aimée une fille loser qui déprime sur son existance .

    25 Sept 2009 | Jade Boivin | Mtl

  • Mélissa Verreault

    En tout cas, pour lui, c'était moins diminuant de te dire que tu étais «trop intelligente», au lieu de simplement avouer que c'était lui qui étais «trop con».

    25 Sept 2009 | Mélissa Verreault | Montréal

  • Vanessa Paul

    Comme drop off line j'ai déjà eu: "je te trouve trop intelligente pour moi". Aurais-je dû le prendre comme un compliment ? Non ça sonne trop ridicule.

    25 Sept 2009 | Vanessa Paul | Montréal

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