Tomassi : le petit poisson
L’ex-ministre libéral Tony Tomassi est donc finalement accusé au criminel après une enquête… de 18 mois. Un an et demi pour enquêter sur de petites fraudes, de minables trafics d’influence et de pitoyables abus de confiance. Qu’est-ce que ces accusations nous apprennent ?
Secundo, 540 jours pour découvrir qu’un ministre utilise la carte de crédit d’une entreprise de sécurité dirigée par un individu louche qui a fait faillite deux fois et qui, par dessus le marché, se prénomme Luigi, c’est long. Imaginez le temps que ça peut prendre pour découvrir les ramifications dans l’univers de la collusion, les arcanes de la construction et les traces de corruption.
Tertio, si vous faites une petite erreur de calcul dans votre feuille d’impôt, vous ne devrez pas attendre 18 mois pour devoir payer la pénalité et ses intérêts.
Quatrièmement, parce que nos notions d’italien s’arrêtent à trois, si la population continue de faire pression auprès de ses élus, ça risque de ne pas être la dernière fois que nous lisons les mots «ministre», «libéral» et «accusé» dans la même phrase.
Cinquièmement, si Tony Tomassi a pu devenir ministre de la famille du gouvernement Charest, c’est que papa Tomassi, organisateur et argentier libéral, avait le bras long, que notre actuel premier ministre privilégie le clientélisme à la compétence, que les règles de la famiglia sont un exemple de moralité à enseigner dans nos garderies ou, plus simplement, que les autres candidats ministres étaient pires. À moins que ce ne soient toutes ces réponses.
Enfin, si un ministre sans envergure peut vendre son influence pour des places en garderies, on peut douter de ceux qui jonglent avec les milliards de nos routes, de nos hôpitaux et de nos écoles.
Tomassi ne fait que faire à petite échelle ce que d’autres font à la grandeur de la province et de leurs ambitions. C’est un petit poisson dans un aquarium de requins.
ET EN PRIME ZE VIDÉO DU JOUR





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