Steve Jobs et des milliers d’Africains sont morts
Steve Jobs est mort récemment. Parallèlement à ça, des dizaines de milliers d’africains sont morts en raison de la famine qui sévit depuis juin dans l’Est de l’Afrique. Pour résumer la situation : il y a des parallèles plus malheureux que d’autres à faire.
Laissez-moi vous expliquer la raison de la popularité de ce genre d’analyse choc de l’actualité pour ensuite vous montrer pourquoi c’est MAL.
Ce montage photo opposant ainsi la mort du fondateur d’Apple à la famine en Afrique fait appel à un processus fort populaire : le manichéisme. Il s’agit d’opposer sans trop de nuances deux concepts, le bien et le mal, le bien étant ici le fait d’être conscient du drame qui sévit en Afrique, le mal : pleurer la mort de Steve Jobs, un humain parmi d’autres, alors que des milliers d’Africains meurent en Afrique.
Cette façon d’opposer les idées est très populaire car elle rivalise de simplicité. Elle donne un moyen facile à ceux qui n’en ont pas de comprendre l’actualité et de se sentir plus intelligent en ayant l’impression d’aller plus loin que la surface, la surface étant que Steve Jobs est mort et qu’on en fait un plat. C’est de la démagogie, et, sans vouloir en faire, c’est un peu ça qui a mené l’humain du national-socialisme au nazisme, et du communisme aux dérives du communisme.
Vous me direz : «Peut-être, mais au fond, c’est vrai que Steve Jobs est mort et qu’on en fait un plat, alors que des milliers de personnes meurent en Afrique et qu’on s’en fout».
C’est vrai. La raison pour ça est fort simple et tient en une loi bien connue des journalistes : la règle de proximité. Cette règle fait en sorte que l’humain, quel qu’il soit, est plus naturellement intéressé aux sujets qui ont une proximité (qu’elle soit physique, conceptuelle ou idéologique) avec lui. Si quelqu’un se fait tuer en Asie du Sud-Est, je m’en fous. Si le meurtre a eu lieu à Montréal, ça fait la une du journal. Si c’est une fille de mon âge qui s’est faite tuer, je capote, et si ça s’est passé dans ma rue, je risque d’aller aux funérailles. Faut pas s’en faire, c’est normal, c’est humain.
En gros, la photo d’Aslam Zubair, du Pakistan, éveille en nous la culpabilité d’être des égocentriques, ce qui est la nature profonde des êtres humains. Au fond, la photo d’Aslam Zubair, du Pakistan, nous culpabilise d'exister, si l'on veut simplifier nous aussi.
Dans le cas qui nous intéresse, on oppose le gars qui a créé l’ordinateur personnel et le téléphone qui m’accompagne dans à peu près tout ce que je fais à des milliers d’africains sans visage, dont la réalité n’a aucun lien avec la mienne. Ajoutez a ça le fait que c’est un peu toujours la misère en Afrique et on a la population mondiale la moins concernée au monde.
C’est triste. L’humain moyen a une capacité de compassion limitée, et, la plupart du temps, ses ressources compassionnelles sont affectées à ce qu’il connaît. Parfois, même si je ne crois pas au bon dieu, j’ai l’impression qu’il nous a fait ainsi pour nous permettre de fonctionner. Imaginez si nous devions pleurer chaque drame, chaque misère humaine, nous n’avancerions jamais. Dans sa bonté, le bon dieu a aussi créé des personnes capables de plus de compassion et de moins d’égocentrisme : les travailleurs humanitaires.
Bien sûr, le montage photo opposant la mort de Steve Jobs à celle de milliers d’Africains a le mérite de susciter une réaction. Si vous ne saviez pas que des milliers d’Africains étaient morts cet été, vous voudrez peut-être, après avoir vu cette photo, vous informer de ce que vous pouvez faire en ce moment pour aider l’Afrique. Peut-être que vous deviendrez l’un de ces travailleurs humanitaires.
Ou peut-être partagerez-vous, comme des milliers de personnes, la photo sur votre profil Facebook en vous disant «c’est donc vrai». Vous ne vous sentirez pas mieux, vous ressentirez peut-être même un léger malaise, que vous aurez du mal à comprendre, mais vous aurez au moins le sentiment d’avoir résumé à votre façon, ou plutôt à celle d’Aslam Zubair, du Pakistan, l’actualité. Pire, vous aurez peut-être le sentiment d’avoir réellement fait quelque chose pour l’Afrique, en «éveillant» ainsi les consciences de vos compatriotes aussi endormis que vous.
Le restant de l’année, vous continuerez à compter les calories dans une bar Mars alors que des gens meurent en Afrique, vous mangerez du foie gras alors que des gens meurent en Afrique, vous vous marierez alors que des gens meurent en Afrique, vous vous paierez une croisière sur un beau bateau alors que des gens meurent en Afrique, vous achèterez de la bouffe bio à votre chien alors que des gens meurent en Afrique, vous vous plaindrez d’avoir trop de travail alors que des gens meurent en Afrique, chacune des actions que vous posez n’ayant aucune incidence sur le taux de mortalité en Afrique. Et les gens continueront de mourir en Afrique. Et vous continuerez d’être satisfait de votre téléphone intelligent.
Parallèlement à ça, des milliers d'autres drames humains auront lieu. Votre petite voisine se fera violer, 250 travailleurs d'usine perdront leur emploi, des enfants continueront à fabriquer les paniers tressés que vous achèterez chez IKEA, la forêt amazonienne s'étiolera, Hubert Reeves tentera en vain de vous amener à faire le lien entre l'utilisation de votre voiture et l'imminente fin du monde.
Et vous demeurerez blasés jusqu'à ce qu'une photo opposant la mort de Steve Jobs à celle de milliers d'Africains n'atterisse sur votre mur Facebook. Vous aurez à ce moment précis un semblant d'éveil.
Alors que Steve Jobs est mort, des milliers de choses se sont passées sans qu’on ne s’en indigne. Le reste de l’année aussi. Alors n’allez pas me faire croire que vous vous suffisez de bonne conscience en partageant la photo d’Aslam Zubair, du Pakistan. Vous avez le droit d’être triste que l’inventeur du iPhone soit mort. Ça n’a rien à voir avec les milliers de morts en Afrique. Au pire, si vous avez tout d’un coup mauvaise conscience, faites un don à la Croix Rouge. Vous vous sentirez mieux. Peut-être.





Ce texte explique exactement ce que je pense. Bravo, beau travail!
20 Oct 2011 | Charles Boudreau
Bravo pour ton texte!
18 Oct 2011 | Catherine Lamarre
..
En fait, je ne vois pas l'interet de dire partager "cette image", c'est idiot, ca sert à rien.
Pourquoi ne pas avoir simplement tourné le truc en : "c'est pas suffisant".
??
Tu me diras, si t'es pas content tu n'as qu'a ecrire tes articles avec ton point de vue. mais c'est ce que je fais ! sauf que j'ai peu de chances que ceux qui lisent sur ce site aillent jusqu'à lire des oppinions contraires aux leurs.
C'est bien, ne changez rien. pendant ce temps là des gens........
17 Oct 2011 | clem
Salut Judith.
c'est grace à des gens comme toi que le monde est ce qu'il est. Merci de faire relativiser les gens, le slogan "on s'en tape de tout" c'est bien pour faire avancer les choses.
Article partial, erreurs et fautes (pas foutue de mettre la bonne nationalité du type).
Mais des commentaires qui vont tous dans le meme sens aussi, qui montrent que la modération fait bien son boulot et qu'ici ya pas de place pour le vrai travail journalistique.
Je suis tellement triste en lisant ça, en découvrant ce site, en voyant ta tete. Le pire c'est que ca fonctionne, les gens adhèrent, ca fait peur.
Je te souhaite bien peu de choses.
17 Oct 2011 | clem
Le restant de l’année, vous continuerez à compter les calories dans une bar Mars alors que des gens meurent en Afrique, vous mangerez du foie gras alors que des gens meurent en Afrique, vous vous marierez alors que des gens meurent en Afrique, vous vous paierez une croisière sur un beau bateau alors que des gens meurent en Afrique, vous achèterez de la bouffe bio à votre chien alors que des gens meurent en Afrique, vous vous plaindrez d’avoir trop de travail alors que des gens meurent en Afrique.
Chacune des actions que vous posez n’ayant aucune incidence sur le taux de mortalité en Afrique. Et les gens continueront de mourir en Afrique. Et vous continuerez d’être satisfait de votre téléphone intelligent.
14 Oct 2011 | Mikey
Merci à ceux qui peuvent voir d'un air critique cet article. Il est vrai que c'est bien triste la mort d'un humain. Il est vrai aussi que Steve Jobs était un génie et visionnaire. Par contre, il ne faut jamais oublier qu'il avait toute une équipe de travail et de marketing derrière lui. Il devait sûrement lire les rapports et les études, concoctés par son équipe de marketing, déposés sur le coin de son bureau et prendre ses décisions en conséquence.
Il parait qu'après la vie on devient tous sans défauts et le monde autours ne se rappelle que les bons moments. Il ne faut jamais oublier ce qu'un mort fût de son vivant, autant les bons côtés que ceux qualifiés de plus sombres.
En bout de ligne cet article n'a pas tout à fait tort, mais par contre beaucoup d'idées sont un peu lancées sans contexte et sans rapport. Les cartes se mêlent un peu trop. Mais bon certaines personnes de ce forum on déjà plus que bien dits ce que je voulais exprimer.
13 Oct 2011 | Leonardo
HA! Tellement ironique! Il n'y a pas si longtemps, vous vous plaigniez des gens qui s'épanchaient sur la mort de gens de la sphère publique, et vous disiez "Si la mort bat déjà des records d’absurdité, son expression en 2.0 est tout simplement hors concours." (http://urbania.ca/blog/2397/rip-man)
Dans ce cas-ci, ce qui m'écoeure, moi, c'est que tout le monde déifie Steve Jobs, alors que le gars était très loin de le mériter (par exemple : http://gawker.com/5847344/what-everyone-is-too-polite-to-say-about-steve-jobs). Alors la photo des Africains en parallèle, je trouve que ça remet quand même les choses en perspective. Non, il ne faut pas se culpabiliser d'être triste parce que Steve Jobs est mort; d'après moi, il faut juste éviter de le déifier.
12 Oct 2011 | Sara Houle
On ne sait de quoi se réjouir, ni de quoi s'affliger dans la vie. Le bien amène le mal, le mal amène le bien. [Denis Diderot]
12 Oct 2011 | Blogue MÉDIA TV | Montréal
Je suis d'accord avec Pascal. "C’est de la démagogie, et, sans vouloir en faire, c’est un peu ça qui a mené l’humain du national-socialisme au nazisme, et du communisme aux dérives du communisme. " Hmmm....
12 Oct 2011 | John Dutton
Beau texte Judith. Mais pourquoi user de ce raccourci ? "des personnes capables de plus de compassion et de moins d’égocentrisme : les travailleurs humanitaires."
D'abord, les travailleurs humanitaires ne sont pas nécessairement dénués d'égo. Et surtout, réduire l'altruisme humain à ces professionnels me parait bien triste : cela signifierait que ces gens font le Bien, pendant que tout le reste du monde fait le Mal. L'Humain est un peu mieux que ca. Je nous le souhaite en tout cas.
11 Oct 2011 | Mickaël Carlier
Beau texte et belle plume. Merci Judith.
11 Oct 2011 | Eric Piccoli | Montréal
Altruistes et égocentristes, les humains sont l'un et l'autre. Leur "nature profonde", si tant qu'une telle chose puisse exister, réside dans le tiraillement continue entre leurs besoins -ou leurs désirs- d'affiliation et de différentiation. Pour le meilleur et pour le pire.
Je laisse à d'autres le soin de dire si l'on a tort ou raison d'opposer les early adopters et autres adeptes de la Pomme aux exploités de la Terre. On devrait toutefois applaudir quand les premiers donnent un coup de pouce aux seconds. Regardez (de loin) le printemps arabe, regardez (plus près de nous) #OccupyWallStreet.
Reste que l'Afrique est encore et toujours la grande oubliée, la grande bafouée. Par-delà le bien et le mal, nous sommes tous coupables, deux fois plutôt qu'une. Une première fois en cautionnant implicitement ou explicitement son exploitation qui -bien qu'elle change régulièrement de visage- perdure dans le temps. Une seconde fois en forçant le trait du misérabilisme tout en soutenant le business humanitaire pour nous donner bonne conscience.
Pour ceux et celles que ça intéresse, un film sur le sujet sortira dans les prochains mois: Les États-Unis d'Afrique.
- Envoyé de mon iPad, of course
11 Oct 2011 | Mathieu St-Onge | Montréal
Les commentaires sont excellents, tout particulièrement celui de M. Forment. Nous pouvons ainsi dire que les gens qui lisent ici sont vigilants et ne se laissent pas raconter n'importe quoi. En dehors des détails basiques qui ont été mentionnés et que ma fibre de reporter n'aurait pas été vérifiée par manque de rigueur, il y a certains détails logiques, argumentatifs, qui m'ont intéressés. Tiens par exemple, une des premières phrases : « La rhétorique a fait le tour du monde.» Vous vous mettez en très mauvaise position là, car si on réplique « et qu'en sera-t-il de la vôtre?», et bien voilà, vous faites ce que vous dénoncez. D'ailleurs, la rhétorique ce n'est pas «mal en soi», étudiez l'Histoire et vous comprendrez mon propos. Ce que vous appellez manichéisme se nomme en fait une « technique argumentative fondée sur la dissociation des notions », l'élément moral bien-et-mal étant une simple variante de cette technique. Vous avez tablé là-dessus pour écrire votre article, car si vous êtiez de bonne foi, vous ne l'auriez pas rédigé après avoir lu le commentaire de Zubair selon quoi il était triste pour la mort de Jobs. Et encore, comme il a été mentionné, que peut bien signifier «du national-socialisme au nazisme, et du communisme aux dérives du communisme»? Le nazisme est le national-socialisme, il n'y a aucune différence Mme Lussier, demandez aux historiens. Voudriez-vous nous faire admettre l'idée d'un bon nazisme et d'un bon communisme au départ qui se seraient pollués par des Aslam Zubair? M. Forment l'a bien dit, ce sont plutôt des gens comme vous qui sont susceptibles de causer ces dérives, si autant on peut admettre qu'à un certain moment donné, tout allait bien pour tout le monde. Au point de vue logique donc, c'est complètement zéro cet article. Jacques Ellul déjà disait que les meilleurs propagandistes sont ceux qui ne se croient pas tels. J'espère surtout que vos lecteurs lisent aussi les commentaires.
Dans la typologie des discours que nous pouvons utiliser aujourd'hui en 2011, Mme Lussier, votre article correspond à un «pamphlet». Le but d'un pamphlet ? Susciter des émotions importantes chez le lecteur (on préférera l'indignation et la colère) pour l'amener à être en telle ou telle disposition, avant de le laisser en plan, seul avec lui-même, seul avec le texte, comme s'il était une merde. Votre article est un pamphlet Mme Lussier.
11 Oct 2011 | Maxime Bélanger
Merci Judith,
Je me suis toujours demandé pourquoi un empêchait l'autre, c'est pas parce-que je je rends hommage à un homme que je me fous des enfants africains...
mais quand c'est Michael Jackson ou Jack Layton c'est ben correct par exemple
11 Oct 2011 | Javz
Résumons le fond de ma pensée, pour ceux qui lisent en diagonale: le manichéisme, c'est MAL!
11 Oct 2011 | Judith Lussier
Félicitations pour votre article : une telle démagogie et autant de paradoxes condensés dans un seul article relève de l’exploit journalistique, si tenté que l’on puisse qualifier votre article de journalistique.
Vous qualifiez une photographie d’analyse choc. Pour quelqu’un tenant une tribune sur un blogue à forte audience, vous devriez savoir qu’une photographie est justement là pour soulever un point, un paradoxe ou une incohérence, mais pas pour analyser. L’analyse revient aux personnes qui regardent la photographie et c’est ce que vous avez fait en formulant votre propre analyse.
En l’occurrence, la seule et unique personne qui effectue une analyse choc, voire choquante, c’est vous. Mais bien intelligente, vous ne manquez pas d’utiliser inconsciemment des mots qui vous dépassent (référence au nazisme) dans le but de faire réagir. Félicitations : le buzz que va susciter votre article et ses réactions ne manqueront pas de faire de vous la blogueuse contestataire de la semaine. La masse aveugle des réseaux sociaux se contentera parfaitement de votre analyse simpliste.
Si une personne maîtrise l’art du manichéisme, c’est bien vous en déclarant que le point de vue du photographe est MAL, le fait de l’écrire en majuscules ne rendant pas plus fort votre message. Des minuscules auraient suffi si votre raisonnement avait été logique.
Si l’on suit votre raisonnement, vous devriez accepter qu’une personne vivant au Sri Lanka soit peut-être davantage concernée par la famine que vous.
Mais le clou du spectacle, c’est que votre analyse utilise exactement ce que vous reprochez à cette personne. Vous allez vous aussi au-delà d’une analyse simplette en « donnant un moyen facile à ceux qui n’en ont pas de comprendre l’actualité et de se sentir plus intelligent en ayant l’impression d’aller plus loin que la surface ».
Permettez-moi de vous dire qu’il me semble y avoir une autre surface, au-delà de celle que vous prétendez atteindre et cette surface, c’est celle de la liberté.
Laissez donc les personnes s’indigner de ce qu’elles veulent. Si vous connaissiez réellement votre « ami » Facebook Aslam Z., vous verriez qu’un post en-dessous de la fameuse photographie, il déclarait aussi être triste pour la mort de Steve Jobs.
Simplement, la vérité est que vous vous sentez investie d’une mission : définir le cadre de l’indignation collective et protéger votre statut de blogueuse contestataire. C’est d’ailleurs très tendance en ce moment.
Je crois que les personnes qui dirigent bien plus la société vers des dérives de pensée unique sont des personnes comme vous plus que des personnes qui ne sont pas d’accord avec votre point de vue.
Tout le monde a le droit d’être triste pour la mort de Steve Jobs. C’est un entrepreneur de génie qui a changé notre façon de vivre.
Néanmoins, laissez également les autres s’attrister de l’indignation sélective.
11 Oct 2011 | Vincent Forment
«... chacune des actions que vous posez n’ayant aucune incidence sur le taux de mortalité en Afrique.» FAUX. La pandémie de pauvreté qui sévit en Afrique, qu'on parle de son origine ou de sa perpétuation, est le résultat du pillage de ses ressources par les sociétés occidentales (privées ou d'État) dont nous encourageons chaque jour la surcroissance avec notre surconsommation. Elle est aussi le résultat du manque de solidarité internationale des gouvernements que nous élisons les yeux fermés quand ils nous promettent des baisses d'impôt ou d'autres nananes. Les pauvres (les pauvres africains, les pauvres sri-lankais et nos pauvres à nous) sont pauvres parce que des gens se sont enrichis à leurs dépens ou aux dépens de leurs ancêtres. En tant que consommateurs et en tant qu'électeurs, nous sommes responsables de la richesse des riches que nous enrichissons, donc responsables de la pauvreté des pauvres que ceux que nous soutenons apauvrissent.
11 Oct 2011 | Vincent Collard
Hmm. Oui. En effet. Aslam Zubair est Sri Lankais. Mes excuses.
11 Oct 2011 | Judith Lussier
Je clique sur le premier lien et le dit "Aslam Zubair, du Pakistan" vient clairement du Sri Lanka. Ca aide pas à prendre au sérieux ton argumentaire Judith du Québec
11 Oct 2011 | Guillaume
La dernière réalisation de Steve Job aura été de ces Ipod et Iphone de l'utilisation d'un PC et de ITunes, pour donner accès à ceux qui n'ont pas d'autres ordinateurs et désirent les utiliser comme accès principal au connaissance du monde sur le web. Son impact sur notre humanité aura de l'influence pour plusieurs générations et probablement partout dans le monde. Vous savez que le principal facteur de développement de l'entrepreneurship en Afrique du sud fut l'accès au cellulaire. Merci d'apporter une facette de plus à la réflexion qu'apporte la mort d'un génie!
11 Oct 2011 | Collin
En fait, le meilleur montage photo à faire serait celui avec Steve Jobs d'un côté et de l'autre les conditions de vie des travailleurs chinois de la Foxconn.
Est-ce que le raccourci est un peu facile entre la mort de Jobs vs les maux de la planète? Peut-être, mais elle l'est tout autant que l'encensement du personnage à outrance. Ou encore de cet autre raccourci écrit dans ce billet «c’est un peu ça qui a mené l’humain du national-socialisme au nazisme, et du communisme aux dérives du communisme». OUCH!
Je fais partie de ceux qui n'en ont rien à faire que Steve Jobs soit mort. Cela m'indiffère complètement, car il ne m'a pas touché. Son oeuvre ne fait rien vibrer en moi. J'ai pourtant 2 Mac et 1 Macbook Pro, mais rien à faire, son décès ne m'attriste pas.
Suis-je insensible? Suis-je sans coeur? Suis-je un écœurant?
Pour certaines personnes, sûrement toutes ces réponses, mais pour moi, tout se résume à ce que j'ai lu dans ce billet, la proximité. Je ne me retrouve pas en Steve Jobs ainsi qu'à son iWorld et son cancer.
Je suis conscient que l'on ne peut endosser toutes les causes du monde, mais il est bon de relativiser. Il y a une marge entre s'émouvoir sur tout et la putain d'indifférence.
Au Québec les gens sont prêts à sortir dans les rues pour quémander un amphithéâtre pour une équipe de hockey, mais résigner, ils restent chez eux pour d'autres enjeux qui touchent carrément leur qualité de vie, voire même leur propre vie. (mettre ici une musique dramatique)
Pour en revenir à ce billet, je m'étais fait la même réflexion que le montage photo que je n'avais jamais vu, mon point était l'indifférence, l'émotivité sélective.
L'Humain est un grand paradoxe.
11 Oct 2011 | Steve Vermette
Judith, je vous ai lue jusqu'au bout. J'aurais bien quelques commentaires à faire sur "c’est un peu ça qui a mené l’humain du national-socialisme au nazisme, et du communisme aux dérives du communisme" ou sur votre théorie de proximité. Mais vous touchez juste quand vous écrivez : "vous continuerez à ... alors que des gens meurent en Afrique". Et c'est (mal)heureusement aussi ça la vie.
11 Oct 2011 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles