#TLMEP #MJBL

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5 Oct 2011

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Tout le monde en parle. Mais jamais bien longtemps.

Pendant que certains et, surtout, certaines s’ébaubissent devant les stratégie élaborées par les participants d’Occupation Double, à l’autre poste, la grand messe télévisée du dimanche sur canapé brasse des grosses affaires en HD juste avant que tout le monde aille se coucher en prévision d'une nouvelle semaine de pur labeur.

Avec les questions bien écrites et les répliques bien rodées du maître de céans, Tout le monde en parle secoue chaque semaine des émotions, esquisse des sourires, réveille des questions et rappelle parfois aux citoyens téléscotchés devant leur écran géant - payé en zéro comptant, trente versements égaux - quelques devoirs essentiels. L’émission met en effet en lumière, entre deux saillies drolatiques du clown de service et une intervention frivole d'une vedette bien ploguée, certains arcanes troublants de notre société en perpétuel déclin.

Il est réjouissant pour ne pas dire jouissant, pour les aficionados de Tout le monde en parle, qu'un télédiffuseur public choisisse de profiter d'une émission de variétés aussi populaire pour conscientiser les masses à l'écoute à des enjeux aussi essentiels que l'euthanasie (octobre 2009), l’avortement (novembre 2008), les gangs de rue (octobre 2006), la mort (mai 2010), le cancer (mai 2009), l'éducation (février 2009), la corruption (septembre 2010), les divisions au PQ (novembre 2008), les sectes (septembre 2004), la culture (mars 2009), les dictateurs (octobre 2011)... Et j’en passe, les dates ne sont ici qu’à titre d’exemple et ne couvrent pas l’ensemble de la programmation de TLMEP (Par les temps qui courent et la guerre des médias qui couve, on ne prendra jamais assez de précautions avec les informations qu’on met dans un article aussi sérieux que celui-ci, fin de la parenthèse).

Malgré l’ouverture à une heure de grande écoute des caméras et des micros à des enjeux importants, ce qui m'attriste, parce que vous pensez bien que j'allais chialer sur quelque chose, c'est que ceux-ci n'auront pas plus d'écho dans trois semaines que la saveur du mois dernier chez McDonald's ou la question du jour dans le Journal de M. de demain.

C'est la loi des cotes d'écoute me rétorquerez-vous avec votre sens de l’à-propos. Le peuple veut pouvoir zapper les idées et effacer les questions comme il change de chaînes, de site web ou de conviction.

J'osais rêver à un peu plus de profondeur. Et de durée. Mais #TLMSF. Tout le monde s'en fout.




Crédit-photo: nicolasfradet.ca
Derniers commentairesRSS
  • Pascal Henrard

    Vous avez bien raison, et il ne faut pas l'oublier, ce sont "les petites actions discrètes qui en bout de ligne font une différence". Surtout si elles durent ;)

    5 Oct 2011 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles

  • Je pense quand même que ça sème des pistes de réflexion et des prises de conscience dans nos esprits indivisuels et collectifs qui restent, qui grandissent et qui influencent nos choix, nos actions et nos façons de penser et de faire les choses au quotidien et dans les différentes situations de la vie qui touchent ces questions. Les effets ne sont peut-être pas spectaculaires, mesurables ni immédiates, mais je suis certaines qu'elles sont bien plus importantes qu'on pourrait le croire. Je crois que Josée Distasio a contribuer à changer les habitudes culinaires des québecois, je crois aussi que Tout le Monde en parle change notre façon de voir les choses et contribue à aiguiser l'esprit critique de la société ce qui peut se manifester par bien des petits changements, des petites actions discrètes, mais qui en bout de ligne font une différence.

    5 Oct 2011 | CG

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