L'homme-poubelle
Il y a quelques jours, dans un magazine français, je suis tombée sur une publicité de la marque Brabantia, qui vante les mérites de ses poubelles en acier inoxydable. On y voit un bel apollon au regard enjôleur, les bras chargés de déchets divers. À côté de lui, une question qui tue : « À quoi bon être magnifique si l’on n’est pas utile ? »
Si c’était une fille plantureuse aux lèvres botoxées et aux rides photoshopées qui avait été flanquée d’un tel slogan, ça n’aurait pas pris trois secondes pour que toutes les associations féminines et féministes se révoltent et exigent qu’on retire cette publicité dégradante de la circulation. On aurait considéré que le message véhiculé ridiculisait la femme sur la photo, mais surtout la Femme avec un grand F, et on aurait trouvé cela inacceptable. S’en serait suivi un débat public sur l’égalité des sexes en 2011, la discrimination qui sévit encore et toujours, malgré des décennies de luttes acharnées et de brûlage de soutien-gorge.
Or, dans le cas qui nous intéresse, ce n’est pas une femme qui est dégradée, mais un homme. Alors là, c’est différent. « C’est vrai qu’un homme c’est moins utile qu’une poubelle, ça sait rien faire dans une maison ! », « Et v’lan dans les dents ! Bien fait pour vous messieurs, vous méritez qu’on se moque de vous comme vous vous êtes moqués de nous pendant si longtemps. Ça vous apprendra ! », « N’empêche, y’est peut-être pas utile le gars, mais y’est pas laite non plus. J’y ferais pas mal moi, en tout cas ! » La femme-objet, ça ne passe plus de nos jours. Par contre, l’homme-poubelle, ça, c’est accepté. Voire encouragé. Et ça me pue au nez.
Je pense que je puis dire que je suis féministe. Je refuserai toujours d’être traitée autrement parce que je suis une femme. Ce que je prône, c’est la parité entre les porteurs de chromosomes XY et les représentantes des chromosomes double X. J’ai bien dit « parité ». Équité, équilibre, égalité. Pas « supériorité ». On s’est battu et on se bat encore pour faire reconnaître le fait que les femmes ne sont pas inférieures aux hommes, ce qui conséquemment implique qu’elles ne leur sont pas supérieures non plus. Hommes et femmes ont chacun leurs forces et leurs faiblesses, se sont développés différemment, n’ont pas les mêmes caractéristiques physiques, mais cela ne leur empêche pas d’être capables d’arriver à des résultats similaires dans la plupart des domaines. Malheureusement, dans le discours ambiant, ce n’est pas ce qui ressort.
Alors que plusieurs femmes souffrent encore de discrimination liée au genre, de plus en plus d’hommes sont victimes à leur tour de « persécution » – le mot est fort, mais quand même, on n’est pas loin de ça parfois. En tant que société, on refuse souvent de reconnaître que les hommes ont changé, qu’ils ne sont plus les brutes d’autrefois, pourvoyeurs sans émotions incapables de prendre soin d’un enfant, de passer la mope et de cuisiner un ragoût de veau. On continue de les traiter comme s’ils étaient des méchants barbares cherchant à réduire la femme en esclavage, particulièrement dans les cas de divorce – les militants de Father 4 Justice font peut-être chier quand ils bloquent des ponts durant les heures de pointe, mais ils revendiquent quelque chose de tout à fait légitime selon moi.
Personnellement, je suis entourée d’hommes sensibles, généreux, respectueux qui ne méritent pas du tout d’êtres associés à ces définitions rétrogrades de la virilité, et je suis convaincue que je suis loin d’être seule à pouvoir témoigner de la délicatesse des hommes, de leur obligeance, de leur ouverture. Ni roses ni bruns, ni parfaits ni monstrueux, les hommes qui nous entourent sont beaux parce qu’ils sont humains.
Messieurs, aujourd’hui, en tant que femme, je voulais vous rendre hommage. Vous dire que je vous aime et que je suis convaincue que c’est avec vous, dans l’affection mutuelle et la reconnaissance de nos potentiels respectifs que nous parviendrons à construire un monde meilleur. Et je suis sincèrement désolée que certains croient nécessaires de vous faire subir ce que les femmes ont dû endurer pendant des siècles afin de vous faire comprendre ce que sont la honte et l’humiliation. Vous valez bien plus qu’une hostie de poubelle.
***
Après un an de blogage urbaniesque, je tire aujourd’hui ma révérence, pour mieux me concentrer sur l’écriture de mon blogue personnel et de mon prochain roman (le premier, Voyage léger, est toujours disponible en librairie, pour les intéressés). Ce fut un plaisir de discuter avec vous. Maintenant, je cède la place à Eugénie Émond. Je vous en prie, ne soyez pas trop durs avec elle. En tout cas, au moins pour la première semaine !





Je n'aime pas les pubs qui dégradent l'homme et je n'aime pas non plus celles qui montrent les femmes comme des mégères et des sans-gêne. J'ai un fils et je ne crois pas en avoir fait un "vedge". Et moi, je ne me perçois pas du tout comme une "Germaine" ni une effrontée qui se fout du monde. Les pubs qui me heurtent, d'abord me font changer de poste et secundo, elles me font retenir le nom du produit pour NE PAS L'ACHETER puisque je considère qu'elles ne s'adressent pas à moi!!!!
29 Oct 2011 | Terry Santer
Je n'aime pas les pubs qui dégradent l'homme et je n'aime pas non plus celles qui montrent les femmes comme des mégères et des sans-gêne. J'ai un fils et je ne crois pas en avoir fait un "vedge". Et moi, je ne me perçois pas du tout comme une "Germaine" ni une effrontée qui se fout du monde. Les pubs qui me heurtent, d'abord me font changer de poste et secundo, elles me font retenir le nom du produit pour NE PAS L'ACHER puisque je considère qu'elles ne s'adressent pas à moi!!!!
29 Oct 2011 | Terry Santer
merci pour votre article, ça porte à réflechir. C'est quand même de l'humour à prendre au 2ème degré.. ca vient quand même chercher qqchose de plus profond bien sûr.
10 Oct 2011 | FlorenceT
je crois qu'on parviendra à changer les mentalités, avec le temps, mais il existe une sorte de traumatisme latent, de part et d'autre... après une long travail de négociation, on a obtenu des "droits". Si la femme peut s'exprimer, voter, en quelque part, c'est bien parce que l'homme le lui a accordé; faut pas perdre de vue que la grosse machine marketing dont on s'est servi pour exploiter ce revirement, etc... cette revendication ne s'est pas manifestée du jour au lendemain, la femme a souffert, plusieurs souffrent encore. le couple est une coopérative, un travail d'équipe ou on concilie vie professionnelle et vie familiale; il faudrait rayer la dépendance affective, les insécurités, l'abus psycologique.. On peut bien se moquer d'un homme de façon dérisoire mais la réalité c'est qu'on ne lui enlève rien. Celui qui a créé cette pub nous fait rappeler justement que nous sommes différents. Vive la différence. La femme devrait être adulée pour ses atouts, même chose pour l'homme. Tant et aussi longtemps que le système ne changera pas, on nous rappelera toujours qu'on est une "femme" avec des défauts bien féminins, l'égalité entre les sexes ça n'existe pas et ça ne se produira jamais. Pourquoi pas nous faire sentir comme des "êtres" tout simplement? Prévaloir que nous sommes des "êtres", avec nos qualités et nos lacunes, ce serait un pas vers la bonne direction.
10 Oct 2011 | FlorenceT
Un homme comparé à une poubelle… à première vue, ils y sont effectivement allés un peu fort! Rabaisser l'homme n'est pas la solution. La femme doit être l'égale de l'homme, et non son supérieur, j'y consens. Pourtant, cette poubelle n'est pas une poubelle ordinaire, c'est une poubelle Barbantia. Je m'explique. À mon dernier passage chez des connaissances françaises dans leur appartement parisien, la conversation a dérivé sur ce fameux contenant à ordures.
- Devrais-je prendre la poubelle à pédale? Elle irait siiii bien dans ta salle de bain, lança la première. Et la poubelle «Touch bin» de 30L en acier inoxydable qui agencerait à la perfection mes armoires? répliqua la deuxième. Surtout ne change pas ta poubelle Retro Bin de 20 L, un vrai coup de cœur! renchérit la dernière, presque les larmes aux yeux.
Voici l'interminable dialogue auquel j'ai eu le droit à mon dernier passage en France. Les femmes parlaient de cet objet de convoitise comme d'un sac Louis Vuitton. Je n'irai pas jusqu'à dire que d'être représenté à côté d'une poubelle Barbantia est flatteur, mais on s'en rapproche cruellement. Niveau éthique, c'est peut-être limite... mais niveau publicité, c'est assez réussi!
30 Sept 2011 | Sofia Tsoukerman
J’ai de la difficulté avec ce nouveau discours où les hommes sont les toutes dernières victimes de la société. C’est quoi ça? J’ai parfois l’impression que c’est l’affaire d’un petit groupe de masculinistes-mal-divorcés qui prennent leur revanche. Au grand plaisir des journalistes qui peuvent enfin écrire sur un enjeu de société tout frais.
En effet, certains problèmes se retrouvent surtout chez les hommes : suicide, décrochage scolaire, etc. Il est essentiel de trouver des solutions pour régler – ou du moins diminuer – ces drames. Mais les problèmes existent de tout temps. Aujourd’hui, on mesure, on documente, on analyse beaucoup plus qu’avant. Certains problèmes sont plus marqués chez les hommes, d’autres chez les femmes, les ados, les personnes âgées, etc. Cela ne fait de ces groupes de gens des victimes.
Pour ma part, et tout comme vous le mentionnez, je ne connais aucun homme qui soit stupide, incompétent, ou un de ces synonymes de cours d’école. Au contraire. Ils sont plutôt magnifiques. Ils sont forts et vulnérables, attentionnés et parfois trop indépendants, fabuleux cuisiniers, mais pas trop les soirs de semaine, papas-patients et des fois papas-pas-patients. Je peux leur attribuer une panoplie de qualités ou de défauts, mais certainement pas celui de victime. En fait, ils sont parfaitement imparfaits. Comme je les aime!
Isabelle m.
30 Sept 2011 | Isabelle
@ Samuel: Zapper et ignorer ce que vous voyez ne revient-il pas à être complice du message véhiculé? Ceux qui se taisent et qui ne prennent pas position, qu'ils le veuillent ou non, endossent les décisions de la majorité. Je ne suis pas certaine que ce soit là une bien bonne manière de contester ce qui nous dérange...
30 Sept 2011 | Mélissa Verreault | Montréal
Personnellement, cette publicité ne m’affecte en rien puisque je ne me sens aucunement concerné. Le fait de me faire comparer à une poubelle n’est certes pas flatteur, et ce, même si c’est moi qui doit les sortir, mais on peut supposer que les créatifs ont tenté de faire une comparaison boiteuse, faute de temps j’imagine. Soyons honnêtes, cette publicité ressemble en tout point à celle impliquant des femmes : caucasien, belle gueule, regarde cochon et sourire ultra coquin. Outre le fait qu’on fasse référence à un conteneur pour déchets domestiques, Brabantia ne fait que jouer sur les parfaits stéréotypes du 21e siècle.
Ce n’est ni la première, ni la dernière fois où l’homme sera davantage comparé à Averell Dalton plutôt qu’à Isaac Newton. Nous pouvons penser à une publicité faite par Volkswagen il y a quelques années. Elle montrait une femme chez le concessionnaire qui s’enquérait du prix de la fabuleuse et très sportive Jetta. Lorsque le vendeur lui mentionna le prix, celle-ci lui donna une poussée, digne d’Hercule, qui le projeta, d’un coup sec au sol. Drôle de mon point de vue, de très mauvais pour d’autres, cette annonce ne laissa personne indifférent.
Plus récemment, Bélair Direct en a conçu une dans le même genre. On y voit une femme qui fait passer son mari pour un vrai déchet (sic), le traitant d’insignifiant au passage, puisqu’elle croit que celui-ci, éffouèrré sur son divan et admirant son tendre et succulent bretzel, n’a pas pris le temps d’appeler la compagnie d’assurance; évènement contredit par l’agente d’assurance au téléphone. Une fois de plus, le chromosome Y est présenté comme étant une mono-cellule.
La publicité sur l’homme-colon dépend des perspectives car à mon très humble avis, le but premier est de nous faire rire et réagir; ce qui fonctionne à merveille lorsque ce genre de concept est utilisé. Oui l’homme est souvent dépeint comme étant très primaire et niais, surtout à la télévision. Faut-il s’en offusquer? Bah, je zapperai au pire.
29 Sept 2011 | Samuel-P Dugré
@Maxglauzon
Je m’interroge sur vos propos. Une opinion vous dites dans la première phrase? OK. Par contre, où ça soulève une tollé de pourquoi dans mon esprit, c’est quand vous écrivez : «Ce qui est présenté n'est pas un homme et encore moins (possiblement), un homme sensible, affectueux et respectueux. C'est une belle gueule, qui sait qui est une belle gueule et qui doit probablement jouer cette carte pour avoir une femme dans son lit.» Pourquoi un homme qui est beau, qui fait craquer les filles - parce qu'il entre dans la catégorie des genres d’homme que trouve craquant la majorité des femmes - ne peut pas être, en plus, beau, affectueux et respectueux? Quel est le lien entre la beauté (précisons : la beauté telle que dictée par les lois des publicités et des magazines de mode) et le respect? Un homme est-il moins sensible s’il a la face de Brad Pitt? Sommes-nous moins respectueux quand on la gueule d’un sex-symbole? Et si je suis le résonnement de Mélissa et que je renverse la situation, est-ce qu’une belle fille est moins sensible, affectueuse et respectueuse qu’une fille moins belle? Ouf… et quand vous dites que : «Ce type d'homme est beaucoup moins utile qu'une poubelle.», je me questionne vraiment. Sommes-nous moins utiles quand nous sommes beaux? Et puis, juste pour ne pas tomber dans le même piège que vous, le sujet de ce dernier billet de Mélissa est bien l’équité entre les hommes et les femmes,et non la psychologie des mannequins masculins qui, selon moi, ne semble pas faire parti de votre entourage immédiat… Sinon, vous seriez, peut-être, j’ose le croire, gêné de parler de cellui qui pourrait être votre meilleur ami et qui, pour gagner sa vie - entre ses 3 enfants et ses études doctorales- fait les pubs en slip de Calvin Klein. Vous savez, celle qui sont placardées en format ultra méga géant partout dans la ville et que toutes les femmes regardent, fantasment et bavent en regardant la belle gueule!!!
29 Sept 2011 | Joe
Mise au point avant de débuter : l’homme de la publicité n’est pas si magnifique que ça avec son sourire figé et ses yeux vides. Il n’est pas mon genre, mais je comprends l’idée! ;)
J’aime les hommes allumés, intéressés, les hommes drôles et les sérieux, les blonds, les bruns, les petits, les grands, les beaux et les moins beaux, ceux qui sont intelligents, un peu moins ceux qui le croient sans l’être… J’aime me mesurer à eux. Et je peux faire cela parce que les générations avant la mienne se sont battues pour mes droits. Je ne pourrai jamais les remercier assez de m’avoir offert cette liberté.
Pour connaître l’histoire sans l’avoir vécue, je ne souhaite pour rien au monde voir l’envers de la médaille. Je ne crois pas vouloir assister à la montée de la planète des femmes… Je vais prendre le juste milieu en entrée, l’équité comme plat principal et l’équilibre en dessert, s’il vous plaît! Évidemment, c’est Monsieur qui paye!
29 Sept 2011 | Stéphanie Demers
Tu m’as bien eue Mélissa ! Moi qui croyais en commençant ma lecture que tu allais te lancer dans une tirade féministe ! J’ai beaucoup apprécié le revirement de situation. Contrairement à ce que quelques commentaires prétendent, je comprends que cette pub n’était pour toi qu’un prétexte, que l’élément déclencheur qui t’a amenée à réfléchir. L’homme-poubelle existe peut-être mais comme toi, je n’en suis pas entourée. J’ai eu la chance de grandir avec un père-rose (savant alliage entre les expressions père poule et homme rose) qui ferait tout pour ses enfants et qui, malgré son talent peu naturel pour les travaux manuels, en fait toujours trop pour aider les gens qui l’entourent. Père-rose n’était pas seul au foyer, Frérot 1 et Frérot 2 sont également bien loin de l’homme-poubelle, avec leur talent artistique, leur intérêt pour la culture et surtout l’amour qu’ils donnent à leur grande sœur. Et que dire du copain ? C’est lui qui lave, range, peint et répare. Plus encore, c’est lui qui crée pour moi un petit univers où mes fantaisies prennent vie. Alors moi aussi je rends hommage à mes hommes. Je ne les échangerais pour aucune poubelle. Ils sont magnifiques.
29 Sept 2011 | Caroline Fournier
Merci Mélissa pour cet hommage à l’homme d’aujourd’hui. C’était bien dit. Toutefois, je crois qu’on a affaire ici également à une insulte de la gente féminine! Les concepteurs, qui, on s’entend, doivent sûrement être des hommes, ont clairement identifié leur cible. C’est-à-dire celle à qui ils confient leurs tâches domestiques, celle qui achète les poubelles et les remplit: la femme, la bonne, la servante ou peu importe comment ils veulent l’appeler. Ne te laisse pas émouvoir Mélissa! Ils sont rusés ces concepteurs publicitaires! Ils nous connaissent nous les femmes, sensibles et touchées par le sors des autres, même celui de leurs « bourreaux ». Ils nous croient assez naïves pour nous laisser influencer par une belle gueule qui vend des poubelles! Ok ok, je l’avoue, je suis retournée voir dans le texte quel était le produit vendu. Oui Mélissa, comme toi sûrement, je me souviens davantage du regard du beau mec que du produit à vendre…. Ok, j’avoue cette crise de dyslexie temporaire… Reprenons toutefois nos esprits! Nous ne pouvons nous laisser émouvoir par le sort des hommes! C’est une arnaque! Une manipulation de l’espère masculine qui veut nous faire sortir nos mouchoirs! Bon ok, c est vrai qu’une poubelle en stainless c’est plus beau qu’une poubelle en plastique… Au fait, est-ce bientôt en vente au Québec?
28 Sept 2011 | Mélanie Gagné
Ben, justement, c'est quand j'ai imaginé une poupoune dans le même rôle que je me suis dit : «ben quoi» ? C'est vrai : « à quoi bon être magnifique si on ne sert à rien».
Et c'est tellement le cas de beaucoup de femmes, d'être, de ne rêver, ne ne vivre que pour être décoratives...
28 Sept 2011 | AnnG
Finalement c'gars là m'énerve déjà, et vu sa tête, j'pense sincèrement que se faire traiter d'poubelle est le moins pire qui puisse lui arriver... ;)
28 Sept 2011 | Stef
@ Yves et Zemerillon: Je suis la première à trouver que les gens sont trop susceptibles et qu'on ne peut plus rien dire sans que la police des moeurs ne se fassent aller le gyrophare. Cependant, je crois que nous avons tous nos sensibilités et que nous accrochons tous sur des choses différentes; ce qui me heurte moi peut ne pas vous heurter, et vice-versa. Je n'avais pas la prétention de parler «au nom de tous les hommes», et vous devriez faire de même, Zemerillon, en évitant d'abuser du «on» et du «nous» dans votre manière de vous exprimer. À ce que j'ai compris, plusieurs gars étaient pas mal d'accord avec ce que j'ai dit. Question de point de vue.
Pour ce qui est du fait de tout prendre personnel, j'avoue que quand on me dit «vous prenez tout au sérieux et manquez cruellement d'humour», je n'ai pas l'impression qu'on parle de mon texte, mais bien de moi. Cela dit, sans rancune. S'il fallait que je me mette à ruminer toutes les choses qu'on m'a dites ici, je ne dormirais plus la nuit!
Il y a bien une chose avec laquelle je suis d'accord dans votre discours Zemerillon: la communication est rendue de plus en plus difficile. Cependant, vous tournez les coins ronds en maudit en disant que c'est principalement dans les relations hommes-femmes que cela s'observe, entre autres à cause des femmes qui s'offusquent à rien! À mon humble avis, la communication est rendue difficile de nos jours parce que tout le monde veut (et doit, dans une certaine mesure) avoir une opinion sur tout et la partager à tout vent. On n'écoute plus ce que les autres ont à dire, on cherche seulement ce qu'on pourra leur répliquer pour les « casser ». Le problème majeur est entre autres lié au fait que la majorité des communications se font par écrit et que ce média ne permet pas d'exprimer toutes les subtilités que l'on retrouve dans les conversations de vive voix, face à face.
Je suis sûre que si vous et moi on était aller prendre un pot ensemble, qu'on avait jasé toute la soirée, on aurait salement rigolé et on aurait fini par se rendre compte que, de façon générale, on était plutôt d'accord. :)
27 Sept 2011 | Mélissa Verreault | Montréal
@ Zemerillon: Un des problèmes dans ton énoncé est de croire que parce qu'on est une femme, on ne doit que protéger la gente féminine. Et moi si j'ai un petit garçon qui se fait dire que tout ce que les hommes aiment c'est la bière et "autre chose", par Coors, ou que devant un couché de soleil, un homme ne s'ému pas, il texte son chum à propos du party de ce soir dans une annonce de bouffe pour chien.
En tant que féministe, mais surtout de personne engagée, je ne trouve vraiment pas drôle l'image qu'on montre à mon petit garçon et à tant d'autres jeunes hommes qui construisent leur identité.
26 Sept 2011 | Nathalie
Personnellement, je suis contre le stéréotype de l'homme-poubelle. Par contre, je connais un paquet de types de style bac à compost.
26 Sept 2011 | Mathieu St-Onge | Montréal
Chère Mélissa,
Ma critique s’adressait à votre texte et non à vous personnellement, mais vous choisissez de le prendre personnel et d’y lire des insultes. Vous dramatisez une seconde fois, libre à vous.
Vous critiquez sévèrement les auteurs de cette pub banale. La critique doit savoir recevoir la critique, sinon il vaut mieux cesser de publier les vôtres.
Vous avez le mérite de soulever une discussion intéressante, j’y participe. Je persiste à penser que votre texte est empreint de rectitude politique et plutôt infantilisant pour ces pauvres-petits-hommes-victimes. Quand on ne tolère plus l’humour au nom d’une soi-disant lutte pour l’égalité, qu’on multiplie les tabous, je m’inquiète. Si on ne peut pas rire des hommes, alors on ne peut donc certainement pas rire des femmes, des religions, des autres ethnies, etc…..quel monde bien-pensant et... ennuyant!
Alors merci de nous rendre hommage, quoi que vous le regrettez peut-être déjà en me lisant, mais franchement, je savais déjà que nous valons plus "qu’une hostie de poubelle" pour citer vos élogieux propos...;-)
Pour le reste, Zemerillon a déjà bien couvert ce que je souhaitais ajouter et j'ai le pressentiment que vous risquez de le prendre personnel. Il ne faut pas tout prendre trop au sérieux, incluant vos opinions et les nôtres.
Sans rancune!
Yves
26 Sept 2011 | Yves
Assez d'accord avec Yves, désolé Mélissa... En effet, vous sautez une coche bien trop vite... c'est rendu qu'on ne peut plus rien dire ou rien faire, tout est pris au premier degré. C'est devenu bien compliqué de s'exprimer, et moi ça me fatigue de toujours marcher sur des oeufs.
La preuve que vous déclencher trop rapidement, votre réplique à Yves... qui est au moins 2 ou 3 crans pris plus négativement que son propos original.
En fait, je remarque que la communication est rendu difficile (à marcher sur des oeufs) mais surtout les hommes vers les femmes. C'est fou la quantité de femmes qui est rendu archi ultra susceptibles... elles le sont pour elles-mêmes ok je peux comprendre mais... sérieusement, on a pas besoin nous les hommes que des féministes commencent à nous défendre, c'est trop tordant !!! Voyez-vous, les hommes, on s'en fiche de la compétition et des blagues macho (envers les hommes) on est capable d'en rigoler et on s'en fait pas... SURTOUT, on ne cherche pas les messages sociaux dans la moindre petite affiche d'un publicitaire bas de gamme qui pense avoir trouver la clip géniale et virale...
Bref, on ne se complique pas la vie de même!
On regarde, on trouve ça drôle, puis niaiseux, puis... on se dit que c'est bien vrai que les femmes de nos jours recherchent bien des poteaux... des types qui sont juste beaux et tellement inutiles... oui oui, c'est de même... juste à aller voir sur les sites internet de rencontre qui sont les gars qui attirent... des gars que je ne voudrais même pas moi avoir comme ami tellement ils sont vides!!!! Alors oui je suis bien d'accord pour ramasser ce type-là... et je ne me sens pas visé du tout par cette pub. J'ai pas la face ni le corps de ce type et je sais très bien que je suis utile dans ma vie pour moi-même et les autres... et que de plus, je sais prendre soin de ma compagne, pas juste me poupouner dans le miroir...
Enfin voilà... ;-)
PS: J'en reviens pas, les femmes vont se mettre à défendre notre image et nos droits? ahahahah trop drôle! Ah ces susceptibles princesses qui se croient la gardienne de la moralité de l'humanité... pouah!!! hahaha
26 Sept 2011 | Zemerillon
@ Yves: Merci de me dire que je manque d'humour, que je suis intolérante, pis toute, pis toute. Je ne pouvais pas finir ma job de blogueuse sur Urbania sans me faire lancer des insultes par au moins une personne! Heureusement, vous étiez là.
@ tous en général: Cette pub là n'en est qu'une parmi tant d'autres. Je me rappelle entre autres celle de Bell, où l'on voyait un homme qui n'était même pas capable de poser une tablette droite et encore moins d'installer lui-même le câble dans sa tivi. C'était une attaque très légère à l'endroit de la gent masculine, mais une attaque tout de même, comme si on leur disait «Mais qu'êtes-vous donc devenus, vous ne savez même plus clouer des clous. Qu'est-ce qu'on va faire avec vous, ô! nous, femmes devenues autonomes et émancipées.»
Je crois qu'il ne faut jamais sous-estimer l'impact psychologique que peuvent avoir de tels messages, particulièrement chez les jeunes garçons. Le modèle masculin que leur offrent les médias en ce moment manque cruellement de consistance.
26 Sept 2011 | Mélissa Verreault | Montréal
Voilà le problème majeur (et si enrageant) du masculinisme: tendre à tout remettre à un même niveau. Si ce bellâtre avait un teint blême camouflé par un autocuisant jaune-orange cancer, des implants de sourcils et de mâchoires, des problèmes de digestion, d'érection et de miction comme effets secondaires négligeables qu'il accepterait néanmoins suite à l'ingestion abusive de protéines de croissance et de créatine, le parallèle pourrait être acceptable. Toutefois, les diktats de beauté que l'on impose aux modèles féminins n'ont rien en commun avec la beauté naturelle de ce gars-là.
Je ne dis pas qu'il ne faille pas mettre l'holà sur le culte envahissant de la beauté chez l'homme - ce qui affecte la santé et l'estime de plus en plus de jeunes hommes (voir la Déclaration de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifée qui vise aussi ce problème grandissant chez les garçons) - mais plutôt que l'on doit examiner ce problème toutes proportions gardées. Remplacez cette photo par une femme à la beauté frappante et toute aussi naturelle, outre les extrémistes (y'en aura toujours et partout), elles seraient peu nombreuses les féministes à rager. Elles feraient plutôt comme moi devant ce joli jeune homme: trouver l'analogie intéressante, le propos environnemental bien placé et sa beauté bienfaisante.
P.-S.: http://www.jesigneenligne.com/fr/charte.php
26 Sept 2011 | Nicolas Jobin
Je suis d'accord avec vous. J'ai remarqué que de plus en plus l'homme est représenté comme étant le gros idiot irresponsable, approchant presque l'animal dans plusieurs pubs. Je trouve ça alarmant pour toute la société et plus spécifiquement pour nos petits garçons qui se voient limités à un rôle d'imbécile pas plus utile qu'une poubelle. Ensuite on désespère du décrochage scolaire qui est plus fort chez les garçons.
Merci pour ce bel article!
26 Sept 2011 | Nathalie
Je trouve que vous prenez tout trop au sérieux et manquez cruellement d'humour....c'est une joke banale, dans une pub, pas un message social. Je suis un homme et ça m'a fait sourire. C'est tellement gros et exagéré qu'on ne peut qu'en rire. Il faut vraiment manquer de confiance pour se sentir dégradé par une telle pub. Bien sûr qu'un homme vaut plus qu'une poubelle (en général du moins), s'offusquer de pareilles sornettes dilue les vrais combats pour l'égalité.
Votre texte sent la rectitude politique, l'intolérance, la censure inutile et....l'ennui :)
"Si tu ne vaux pas une risée tu ne vaux pas grand chose" disait ma grand-mère
26 Sept 2011 | Yves
Personnellement, j'ai tendance à croire que les féministes prônes la supériorité de la femme, tellement elles font des vagues parfois (ce qui ne m'empêche pas toutefois de saluer tous leurs efforts passés pour au moins arrivé à une pseudo-égalité). C'est pourquoi je préfère le terme (inventé je crois) d'égalitariste! ^_^
Je suis parfaitement d'accord avec toi sur toute la ligne sinon! Je partage aussi! ^_^
26 Sept 2011 | Démie
@ Maxglauzon: Ce que tu dis est vrai, mais n'oublie pas: les mannequins qui représentent les femmes dans les magazines ne sont pas non plus à l'image de ce que la majorité des femmes sont. La question ici n'était pas de savoir si l'image véhiculée des hommes et des femmes était représentative de la réalité, mais plutôt de comprendre pourquoi on cherchait à entretenir les préjugés et la haine entre les genres.
J'aurais aussi pu parler du fait que des gens comme le gars de la série BREF ou comme moi, tiens, ne verront jamais leur image dans les pages des magazines parce que celle-ci ne convient pas «aux normes», mais là, vraiment, c'est une autre (longue) histoire qui mériterait d'être développée dans un autre billet.
26 Sept 2011 | Mélissa Verreault | Montréal
Ça me fait plaisir les gars. Je n'ai même pas dû me forcer pour écrire tout ça, je le pense tout simplement et sincèrement.
26 Sept 2011 | Mélissa Verreault | Montréal
J'aime le texte qui a une qualité remarquable par contre, étant un homme et expert en Photoshop, j'ai une autre opinion. Ce qui est présenter n'est pas un homme et encore moins (possiblement), une homme sensible, affectueux et respectueux. C'est une belle gueule, qui sait qui est une belle gueule et qui doit problement jouer cette carte pour avoir une femme dans son lit. C'est très théorique et peut être que je suis le seul à observer ce genre de comportement, mais à date je n'ai pas encore rencontrer dans un bar un homme de ce genre qui ne joue pas la carte du "douche bag" pour séduire et consommer la gente féminine. Ce type d'homme est beaucoup moins utile qu'une poubelle.
C'est peut être que des préjugés et que je n'arrive pas à voir plus loin que son look de belle gueule, mais je trouve que la pub soulève le principe des hommes sans fond qui ne sont que apparence dans la vie. Si c'est le cas, il mérite l'étiquette qui s'est fait coller.
En contre partie, si c'était le gars de la série BREF qui aurait poser (ou autre mec ordinaire), je serais sortie au barricade pour m'insurgé... mais ce n'ai pas le cas. Bonne journée!
26 Sept 2011 | Maxglauzon
Bravo, merci et bonne suite miss Verreault
26 Sept 2011 | Vincent H. Turgeon
Je suis de ces hommes doux et respectueux.
Quel plaisir de lire cette article ! Un gros MERCI !
Je partagerai avec plaisir.
26 Sept 2011 | François Samson
Partage mon cher Alexandre, partage! Avec tes amies de filles comme tes amis de gars, pas de discrimination, hein!? ;)
26 Sept 2011 | Mélissa Verreault | Montréal
Oh wow.
Quel excellent texte. Très à propos, je partage :)
26 Sept 2011 | Alexandre Champagne