L’autre côté de la garnotte…

L’autre côté de la garnotte…
18 Août 2011

Par André Péloquin  |  Publié dans : blogue

Quelle semaine psychédélique!

Si vous m'aviez dit, il y a quelques jours, que la programmation à venir de MusiquePlus serait digne d’intérêt, que m’sieur Languirand se ferait bientôt suspendre de Radio-Canada et qu’une mautadine de grosse roche de 20 tonnes ferait le tour des réseaux sociaux locaux sans même s’abattre sur une route du Québec, j’vous aurais répondu « Et puis quoi encore? Martineau à CKOI pendant qu’on y est!? »

Bien que la plupart de ces sujets ont été couverts en long et en large par d’autres médias, j’aimerais tout de même revenir sur l’affaire de la grosse roche.

Primo, résumons les faits : le maire de Saint-Théodore-D’Acton et propriétaire d’une entreprise en excavation, M. Dany Larivière, a déposé un rocher de 20 tonnes – un « cadeau » - devant la résidence de son ex-épouse. En entrevue avec TVA Nouvelles, le bonhomme aurait justifié que le « harcèlement » constant de son ex-épouse l’aurait poussé à commettre ce geste digne de Fred Caillou.

Bien sûr, sur le coup, la nouvelle suscite la rigolade, mais l’autre côté de la garnotte demeure beaucoup plus sombre. Qu’est-ce qui peut pousser un homme brillant (le gars est quand même un MAIRE qui possède sa propre entreprise!) à foutre un « cadeau » de 20 tonnes sur le terrain de son ex, de la mère de ses enfants ?

Rock Détente! Tout ça, c’est la faute à Rock Détente!

Outre le lien évident (roche, rock… Marina Orsini), on peut facilement imaginer que M. Larivière passe des heures et des heures en contact avec la fameuse station de radio. Peut-être qu’il syntonise la chaine à son bureau, peut-être l’écoute-t-il lorsqu’il est en attente au téléphone, peut-être même que c’était ce qui jouait dans son camion lorsqu’il a livré sa garnotte. Bref, pour plusieurs représentants de la gent du cubicule, Rock Détente a remplacé le silence. « Je pense, donc je suis »? Que nenni! « Phil Collins joue, j’existe! »

Cette semaine, sur le palmarès de la chaîne, on retrouve notamment la pièce « Pense-tu à moi? » de Boom Desjardins en dix-septième position. Un court extrait…

« Depuis que t'es parti / Y'a plus grand-chose qui m'donne envie »

Un peu plus haut, en onzième place, Nicola Ciccone prouve qu’il n’a pas que deux tounes dans son répertoire (« le trip de bouffe », « les-autres-tounes-qui-goûtent-la-guimauve-et-qui-ne-sont-pas-le-trip-de-bouffe ») avec son « hit » « Arrivé jusqu’à toi »

« Là-bas où tu vis en été / Là-bas où tu m'as oublié / Qu'il est long le voyage jusqu'à toi! Qu'il est long le voyage, attends-moi! »

Un peu plus bas dans le classement, en dix-neuvième place, on retrouve « T’oublier » de Marie-Chantal Toupin. Watch out le festival des rimes en « é »…

« Quand y a plus d'amour à espérer / Quand la mer me fait plus rêver / Quand les mains, au lieu de toucher, / ne veulent plus que trembler / Est-il plus facile d'oublier? »

En 15e position, Dany Bédar émeut nos tantes avec « Prends ma main »…

« Son numéro a disparu / J’ai oublié que l’encre s’efface avec le temps / et je recherche une inconnue / J’ai cru pouvoir sentir son parfum dans le vent »

Et ça, c’est sans compter les autres « classiques » à la « Don’t Speak » de No Doubt et autres vers d’oreilles locaux…

Bref, chaque jour, des dizaines de milliers de Québécois sont bombardés, et parfois même bien malgré eux, de chansons sirupeuses célébrant des amours déchus, des relations qui piquent du nez ou, pire encore, de reprises d’Ima…

Pour paraphraser High Fidelity : Qu’est-ce qui est venu avant? Le drame ou la musique qui semble avoir été produite essentiellement pour être diffusée sur Rock Détente?

Loin de moi l’idée de condamner les artistes québécois abusant de ce giron (quoique…). C’est vrai! Faut bien gagner sa croute et, comme je travaille aussi dans un bureau où on syntonise une station de radio du genre, je dois avouer que j’en pince – bien malgré moi – pour certaines de ses pièces!

Mais, pour revenir à l’affaire de la putain d’grosse roche, j’y vois là un symptôme (magnifié on s’entend… c’est quand même une pépite de 20 tonnes!) qui assaille beaucoup de gens de mon entourage : des couples qui demeurent ensemble sans savoir pourquoi. Par peur de demeurer seuls, parce que l’âme sœur leur a déjà filé entre les doigts auparavant, parce que les enfants – devant lesquels on s’engueule avec vigueur – ont besoin de cette « unité parentale », parce que des heures et des heures de ballades aux thématiques pathétiques ont glorifié cette « résilience », etc.

Puis, quand ça implose finalement, on se retrouve avec un bout de montagne dans l’entrée. Merci Roch Voisine!

Dans L’Actualité de ce mois-ci, on retrouve notamment un petit portrait sexuel de la Génération X. On y apprend que l’union libre serait une spécificité québécoise au Canada, que notre province serait distincte… en matière de vie intime.

Parfois, je préférerais qu’on tente un autre truc, autant dans la chambre que dans les autres pièces de la maison : mettre ses culottes!

Oui, c’est souvent épeurant de laisser quelqu’un, voire même quelque chose, avec qui on a déjà été intime, avec qui on a déjà fait « un », mais quand de plus en plus de députés quittent le navire pour aller voir ailleurs ou quand t’en es à livrer un souvenir des Rocheuses dans l’entrée de celle à qui tu disais « J’vais être père!? Wow! », y’est temps de lâcher prise!

C’est courageux de tenir la barre d’un bateau en mer houleuse, mais ce l’est parfois plus de lâcher la barre, histoire de voir où le courant nous portera…
Derniers commentairesRSS
  • C'est la nouvelle grammaire...

    Plus sérieusement, y'était trois heures du mat'. Je passe sur le texte à nouveau en ce moment même. Merci de votre patience, veuillez laisser votre message... biiiip.

    18 Août 2011 | André Péloquin

  • "Si vous m'AURIEZ dit..."??!?!

    18 Août 2011 | JS

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