Un coup dans les partis

Un coup dans les partis
17 Août 2011

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe. C’est plutôt un subtil jeu de mot pour égayer votre journée car je vais vous entretenir ici, non pas de couilles, quoi que certains en manquent, mais d’un sujet éminemment plus sérieux : l’indépendance du Québec. Si ça vous endort, autant aller vous coucher tout de suite, car on n’a pas fini d’en parler. Ou alors cliquez ici si vous pensez pouvoir raviver quelque flamme assoupie qui vous aidera à vous tenir debout.

Hier, un nouveau mouvement pour le Québec a donc vu le jour. Un autre me direz vous si vous suivez l’actualité avec acuité.

Alors que certains parlent d’immobilisme, de désengagement, de découragement, de désenchantement, il n’y a jamais eu autant de mouvements autour de la souveraineté.  

Les uns déchirent leur chemise et leur carte du Parti Québécois. Ça fait du bruit et ça fait du vent mais ça ne fait pas de mal. Les autres se tâtent jusqu’à la prochaine érection (un autre jeu de mot amusant pour soutenir votre attention jusqu’au bout…). Ici, des souverainistes déçus y vont d’un solide manifeste pour secouer en plein été la fibre nationaliste, et là un ex-péquiste dont on a oublié le nom a déjà enregistré le nom de son parti mais n’a pas encore d’équipe pour le peupler.

Les arguments fusent : crise d’identité, crise de confiance, manque d’objectifs, déficit de sens commun, scandales, pertes de repères, gaz de schiste (là, vous charriez un peu), suspension de Jacques Languirand, royalisation de l’armée,...

Ce n’est pas les raisons de faire la souveraineté qui manquent.

Ce qui manque aux souverainistes, c’est la cohésion dans leurs mouvements pour la faire. Et tout ce désordre, ça fait évidemment l’affaire de Jean Charest qui était donné pour mort, et pas que dans les sondages.

Le Nouveau mouvement pour le Québec utilise dans son manifeste un langage de notre époque qui dénote avec celui des antiques partis. Il se dissocie d’emblée des joutes politiciennes poussiéreuses et des games de pouvoir révolues. Il n’y va pas par le dos de la main morte et ne ménage pas plus la chèvre que le chou. Son idée est claire, son discours est posé mais osé. À la peur de disparaître, il oppose le désir de naître et de construire. C’est rafraîchissant.

Le Nouveau mouvement pour le Québec ne veut pas de demi-mesures. Il veut l’indépendance du Québec. That’s it ! Pas contre les autres, mais avec eux. Et, il veut que le peuple reprenne son destin en main pour dessiner son avenir (ce serait évidemment plus facile de dessiner avec un crayon qu’avec un destin, mais, bon, c’est comme ça).

Le Nouveau mouvement désire ensuite faire adopter à l’Assemblée nationale le projet dessiné (avec son destin) par le peuple. Le gouvernement du Québec n’aurait plus qu’à adopter une loi constitutionnelle (et là je copie/colle le manifeste autant par paresse que parce que c’est bien dit) établissant la primauté de la Constitution du Québec librement décidée sur celle du Canada, arbitrairement imposée.

Pas de partis, mais un rêve dans la tête et du cœur dans le ventre. C’est sans doute ce qu’on appelle avoir des couilles.

Pour être tout à fait honnête, ne vous étonnez pas de voir mon nom dans la liste des signataires du Nouveau mouvement pour le Québec. Il ne s’agit ni d’un cousin éloigné ni d’un pirate informatique.

Crédit photo: Simon Beaudry
Derniers commentairesRSS
  • @Carl

    Un Québec indépendant de serait sûrement pas rose, quoiqu'un peu plus vert! :-) Nous nous rejoignons cependant sur un point : les Québécois ne sont effectivement pas prêt à se salir les mains pour prendre en main leur avenir.

    18 Août 2011 | Émanuel

  • @ Émanuel

    Vous avez absolument raison, je rêve. C’est plus facile de jaser de souveraineté que d’être souverain. Les souverainistes sont plus confortables dans leur discours que dans l’action. Au lendemain d’un référendum gagnant ils nous promettent une planète rose. Je dis que les québécois doivent prendre les pinceaux, la peinture rose et commencer à peinturer maintenant. Le seul hic, c’est que les québécois n’aiment pas se salir les mains… alors plutôt en rêver.

    17 Août 2011 | Carl

  • @Carl

    Vous en êtes au même point que les souverainistes : vous rêvez quelque chose qui n'existe pas. Regardons le chemin parcouru depuis les 2 référendums perdants, pensez-vous que la pensée magique va faire en sorte que le sujet s'épuise? De quoi on va encore parler en 2030 d'après vous?

    Les souverainistes n'ont plus de voix, ça ne veut pas dire qu'ils n'existent pas!

    Sur un autre ton, je lisais ce matin une citation de Marois dans le journal : « (...) diviser pour régner, je ne crois pas que c'est une très bonne attitude. ». Ben oui Pauline, on le sait que tu veux régner, c'est pour ça que tu ne t'aperçois pas que ton chien est mort. Aznavour chantait : il faut savoir quitter la table...

    17 Août 2011 | Émanuel

  • Non mais c’est donc ben fatiguant encore ces histoires de souveraineté ! Bâtissons-nous une fierté nationale sans nous replier sur nous même. Devenons une société innovatrice, efficace et créative qui sera enviée à l’échelle mondiale. Arrêtons de penser qu’on n’en a pas les moyens ou que c’est parce que le ROC nous en empêche. Quand on aura acquis par la sueur ce qu’on croit bêtement depuis 30 ans que la souveraineté nous apportera, on pourra alors décider de notre destin. Soyons des leaders et c’est le Canada qui voudra de nous. Il sera bien encore temps de leur claquer la porte au nez si on le juge opportun. Donnons-nous les moyens de nos ambitions. La délivrance n’arrivera pas en restant assis sur nos culs!

    17 Août 2011 | Carl

  • « crise d’identité, crise de confiance, manque d’objectifs, déficit de sens commun, scandales, pertes de repères, gaz de schiste (là, vous charriez un peu), suspension de Jacques Languirand, royalisation de l’armée,... Ce n’est pas les raisons de faire la souveraineté qui manquent. »

    Drôle hehe :-)

    Malheureusement, toutes ces tentatives pour ranimer la flamme souverainiste sont vaines. Je dis ça et j'en suis un, souverainiste. Je suis disons-le en hibernation, car je suis assez lucide pour dire qu'on a beau faire du vent... avec l'arrivée des Boomers à la retraite, c'est le retour du conservatisme mur à mur...

    Sale temps pour les réformes, on met notre cerveau à OFF et on balance tous nos jetons dans le système de santé... Vous mentionnez la « royalisation » de l'armée... -- croyez-moi -- ce n'est que le début.

    Je le répète souvent , mais il reste un bon 30 ans à vivre ce retour en arrière. Oui, pour les X, ce sera long et pénible­!!!

    17 Août 2011 | Émanuel

  • Pascal Henrard

    Judith, je n'avais pas lu cet article. Le bonhomme m'est déjà sympathique. Il se tient debout et va de l'avant. Combien peuvent en dire autant? Avec lui, c'est sûr que l'indépendance est un marche. Un pied devant l'autre.

    17 Août 2011 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles

  • Judith Lussier

    Moi, pour faire l'indépendance du Québec, je compte sur lui:

    http://urbania.ca/canaux/conversations/2319/independant-pour-l-independance

    17 Août 2011 | Judith Lussier

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