Nous sommes les filles

Nous sommes les filles
16 Août 2011

Par Judith Lussier  |  Publié dans : blogue

Connaissez-vous une fille dans votre entourage qui ait du mal à se tailler une place dans le domaine culturel parce qu’elle est une fille?

Je cherche depuis qu’a été lancé le portail Nous sommes les filles, mais je ne trouve pas.

Les filles de Nous sommes les filles sont belles, jeunes, elles ont l’avenir devant elles, et viennent de lancer une initiative qui a déjà récolté plus de 1700 appuis sur Facebook.

C’est normal : tout le monde aime les filles. Les grands-mères qui trouvent ça beau la jeunesse, les patrons vicieux, les amuseurs publics, même les lesbiennes refoulées aiment les filles. Les filles, c’est beau, ça sent bon, et quand ça ne s’arrache pas les cheveux entre filles, c’est gentil.

Lancer un site comme Nous sommes les filles, c’est un peu comme lancer un site sur la tarte aux pommes. Avec différentes recettes de tartes aux pommes. À moins de chercher fort, personne ne peut être contre. Mais est-ce que c’est nécessaire de défendre les filles, encore en 2011? Je pose la question pour qu’on jase, de même.

Moi, je suis une fille. Une vraie fille qui porte des robes et tout, et je suis certaine que ça m’aide, d’être une fille. Être un gars, je ne serais qu’une pâle version de moi-même. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Sans besoin de combattre, je serais sans doute sans saveur. Je serais sûrement un bon gars, mais alors je ne me démarquerais d’aucun gars autour de moi. Je serais bon, fort, et je m’habillerais chez Gap, comme tous les gars autour de moi.

Au fond, ce sont peut-être les gars qui auraient besoin d’un site.

On m’a dit que le combat des filles n’était pas fini, mais je continue à être sceptique. «Regarde juste en cinéma, le nombre de filles qui sortent des écoles, et le nombre de filles qui se ramassent réalisatrices», m’a-t-on dit. Au début, en analysant la faune cinématographique féminine, j’ai cru que c’était une simple question de testostérone. Que cet art n’était accessible qu’à celles qui en avaient plus. Mais bien qu’on ne puisse pas nier que nos plus grandes réalisatrices soient très très masculines (Léa Pool, Micheline Lanctôt, contrexemple : Mariloup Wolf), ma théorie ne tient certainement pas la route et risque de me valoir quelques bouteilles par la tête.

Je refuse toutefois de croire que des filles soient désavantagées par le simple fait qu’elles soient des filles. Que les décideurs de la SODEC, par exemple, se disent «ah non, pas un autre projet de fille», ou qu’un éditeur se dise «les gens vont penser qu’on la publie parce qu’elle a des grosses boules, c’est mauvais pour notre image».

J’en connais, des réalisatrices qui peinent à percer. Je connais aussi des gars qui en arrachent. Le succès est fait de plein de petites choses. Parfois de testostérone, parfois de grosses boules, souvent de chance, de contacts, de timing parfait, de couchage avec la bonne personne. Mais si une fille me disait qu’elle ne réussit pas parce qu’elle est une fille, je lui répondrais qu’elle ne réussit pas parce qu’elle pense que les filles ne réussissent pas, parce qu’elle se cherche des défaites aux mauvais endroits, comme dans le fait qu’elle soit une fille, et je lui dirais surtout awèye fille, fonce.

De toute façon, là n’est pas l’objet du site Nous sommes les filles. Si j’ai bien compris, Nous sommes les filles veut mettre en valeur le travail de filles qui réussissent déjà. Valérie Duhaime, Mylène St-Sauveur, ça file comme des étoiles ces filles-là. Et c’est beau.

Ça chicote les gars c’est sûr. Hier, j’ai demandé à mes amis gars, et pas les plus machos, ce qu’ils pensaient du nouveau site de tartes aux pommes. «Je ne suis plus capable des groupes de filles qui disent que les filles, c'est tellement bon, pis les meilleures de toutes, pis les montantes, pis les battantes, pis les exemples de réussites, m’a dit l’un d’eux, à qui je n’ai pas dit que je le citerais et dont on taira donc l’identité. Depuis quand y'a plus de gars sur la planète? Nomme-moi un concours récent qui met les hommes en vedette, à part, les pubs de bières?» «Celle avec des lunettes est cute», m’a tout simplement répondu un autre.

Finalement, peut-être que c’est nécessaire, un site comme Nous sommes les filles. En espérant seulement que les filles ne se retrouveront pas avec une grosse grosse roche avec Nous sommes les gars écrit dessus devant leur studio.
Derniers commentairesRSS
  • Le sexisme c'est comme le raciste, ça existe encore, mais sous une forme plus subtile. Honnêtement, ce n'est pas pousser la réflexion que de se limiter à penser que le sexisme c'est de dire " je n'aime pas les filles, je ne vais pas donner un projet à une fille parce que c'est une fille".

    Regarde simplement ta qualification de certaines réalisatrices comme étant masculines. Avoir de la poigne et de l'ambition sont encore clairement des traits associés aux hommes. Lorsque les femmes les possèdent, elles deviennent masculines. Une femme qui a de l'ambition? Wash, elle est dont bien masculine... C'est comme si en tant que fille, on avait pas l'droit de s'approprier le caractère et l'ambition, c'est réservé aux hommes. Comme bien des choses d'ailleurs.

    Encore l'autre fois, j'écoutais Erin Brokovich et ce qui m'a le plus marqué, c'est comment l'homme était oh combien indigné de devoir s'occuper de ses enfants à sa place. Il aurait été une femme, on en aurait même pas entendu parlé, ou on l'aurait traité de mère indigne.

    Une bonne petite lecture à faire dans la même lignée: http://maxbarry.com/2011/07/08/news.html

    18 Oct 2011 | Édith

  • "On m’a dit que le combat des filles n’était pas fini, mais je continue à être sceptique. "

    Alors, l'équité salariale, c'est finalement chose faite ? Parce qu'aux dernières nouvelles, elle n'était même pas rendue à Radio-Canada...

    Combien de femmes ont eu une expo solo au MAC ces 10 dernières années ?

    Tu connais l'expression: le plafond de verre ?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Plafond_de_verre

    Etc.

    Soupir.

    22 Août 2011 | Catherine

  • Pour ma part, je suis tannée que le "féminisme" soit perçu aussi négativement dans notre société, tant par les filles, tant par les hommes. Je pense qu'il faut être extrêmement naïf pour croire qu'il n'y a pas d'inégalités à l'endroit du genre féminin, bien entendu notre société politiquement correcte nous fait croire à une utopique égalité. Pour ma part, je pense qu'il y a encore bien des combats à mener pour les femmes à différents degrés et cela pas uniquement du côté professionnel. On efface pas des siècles d'histoire en donnant une accessibilité aux femmes à ce qui était jadis uniquement réservé aux hommes, les mentalités ne se changent pas aussi rapidement et les structure sociales/politiques encore moins. Si tu crois que le fait qu'il y ait plus de femmes dans les écoles en art fait que le chemin à parcourir est plus simple... je crois que tu aurais intérêt à lire le mémoire qu'a fait Geneviève Rioux sur la condition des femmes artistes. Pour ce qui est du site, je trouve que c'est une très belle initiative et une belle vitrine pour des filles, et cela en phase avec les filles de ma génération. Par ailleurs, le masculinisme quant à moi est un discours à l'heure actuel sur les hommes que je trouve très pauvre.

    22 Août 2011 | Véronique

  • Je pense que vous venez, mademoiselle, de plaquer votre humeur si un manque d'analyse.

    Ça semble un peu paresseux et c'est dommage, parce qu'il y avait des éléments intéressants que vous abordiez.

    Mais une autre journée, comme ça, où vous serez convaincue de l'égalité entre les sexes, ici et maintenant, svp, comptez le nombre de coordonnateur et de réceptionnistes de sexe masculin que vous croiserez.

    Ah non, c'est vrai, c'est parce que les femmes, elles, elles ont une plus belle voix au téléphone.

    19 Août 2011 | Mélanie

  • "Cent filles – Un an

    NOUS SOMMES LES FILLES vise à promouvoir les artistes féminines de la relève.

    Deux portraits d’artistes seront mis en ligne chaque semaine. Chacune des filles bénéficiera d’une vitrine de quelques jours pour vous informer de leurs projets passés, présents et futurs. Vous aurez aussi la chance de découvrir leur cheminement, leurs inspirations et la vision qu’elles ont de leur milieu.

    NOUS SOMMES LES FILLES, c’est des actrices, des réalisatrices, des chorégraphes, des productrices, des programmatrices, des danseuses, des artistes visuelles, des performeuses, des auteures, des dramaturges, des designers, des joaillières, des chanteuses, des metteures en scènes, des photographes.

    C’est des filles que vous connaissez peut-être, à peine ou pas du tout. Des artistes intelligentes, créatives et sensibles, qui consacrent leur vie à leur passion. NOUS SOMMES LES FILLES veut vous les faire découvrir.

    Ce projet est une initiative de Julie Artacho et Sarianne Cormier."

    Voici l'information que tu aurais dû avoir avant de partir ce débat inutile (voir la 2e ligne). Tu retrouves également le nom des deux personnes à contacter pour tes recherches sur le sujet qui elles auraient pu t'éclairer un peu mieux. "Des artistes féminines" ne veut pas dire féministes. Ça veut juste dire que ce site aurait aussi pu s'appeler Nous sommes les gars et présenter des artistes masculins. Tout simplement. Donc il y n'a pas de débat. Par conséquent, je trouve que Nous sommes les filles est un projet extrêmement pertinent car, certain milieu artistique manque de visibilité dans les médias ou encore, compte plus de filles que de garçons (ex. la danse). Ce qui crée des regroupements de fille de façon mathématique et non féministe. Je te laisse réfléchir à tout ça.

    19 Août 2011 | Mathilde

  • En effet, comme dit Janick, pas moyen de lancer un projet sans qu'un quelconque chroniqueur ne le récupère pour lancer un pseudo-débat (avec beaucoup d'impressions et peu d'arguments ou de faits). J'y pense... Se servir de l'actualité pour bricoler une chronique d'humeur réactionnaire, c'est la méthode R. Martineau, non?

    18 Août 2011 | Georges

  • Ce qui est bien des opinions, c'est quelles n'ont pas besoin d'être fondées. Je suis curieuse... Avez-vous discuté avec les instigatrices du projet ou encore fouillé les démarches artistiques de celles qui participent à ce soi-disant projet "féministe"? À moins que votre très, très vaste expérience comme chroniqueuse vous permette d'opiner de votre salon avec autorité. Mais je comprends...C'est peut-être tentant de dire le contraire des autres pour attirer l'attention et jouer aux francs-tireuses du dimanche.

    18 Août 2011 | Suzie

  • Oups! Je pense qu'il y a eu un manque de recherche de ta part concernant la mission de ce site... Tu as manqué un peu de rigueur et de pertinence dans cette article. En fait, c'est dommage d'avoir essayé de donner ton opinion sur quelque chose que tu n'as pas saisi. Erreur de débutante?

    18 Août 2011 | Mathilde



  • Les filles moi je les trouve super! Je suis allé à l’école avec elles, je travaille avec elles, je sors, je m’amuse avec elles et je baise avec elle. Il n’y a pas de différences entre elles et moi à part les différences anatomiques et hormonales. En ce qui me concerne vous avez remporté votre bataille depuis longtemps, vous et moi sommes égaux et vous avez tout mon respect.

    Dans certains milieux ou organisations, j’en conviens, il y a encore du travail à faire. On entend qu’il n’y a pas suffisamment de femmes sur les conseils d’administration, qu’il n’y a pas suffisamment de femmes ministres, pilotes, policières, etc… Pour remédier au problème, on a eu et on continue à avoir recours à de la discrimination positive pour rétablir l’équilibre du nombre. Ce sont des mesures nécessaires, car il est plus facile et plus tentant pour d’autres filles d’entrer dans un milieu travail dans lequel il y a déjà des filles et des modèles à suivre.

    Et il se passe quoi avec nous les gars? Pour nous cette époque est bien plus difficile. Certains sont victimes de cette discrimination, d’autres compétitionnent pour des promotions avec des filles drôlement intelligentes et coriaces. On continue cependant à subir le paradigme du gars viril, « provider » et « succesfull ». On est à la recherche d’une nouvelle place, identité, d’un nouveau rôle et paradoxalement de l’acceptation des filles dans cette nouvelle forme. Pas facile…

    Sur une note humoristique : Quelle est la grosseur de la roche que vous devez offrir à une fille qui gagne quatre fois votre salaire?

    17 Août 2011 | Carl

  • je suis vraie fille qui porte des robes pis toute...

    micheline lanctôt est très, très masculine...

    moi, c'est parfois des autres filles que j'ai peur. elles sont si promptes à figer leur image, leur histoire. si promptes à se dévaloriser entre elles, à se stigmatiser, à se compter les plis dans le nombril et à se dire plus ou moins femmmmme que les autres femmmmes.

    être femme, c'est une notion plurielle.

    ce n'est ni une bénédiction, ni une malédiction.

    c'est un état de fait que l'on vit chacune à notre manière.

    et c'est ce droit à la différence qu'il faut défendre, à mon sens. au sein même du genre.

    quand je lis cet article, je me dis que c'est encore nécessaire.

    16 Août 2011 | Chloë

  • Content qu'une fille aborde ce sujet. Un garçon n'en sortirait pas vivant. Déjà, une fille, se fait presque pitcher de la bouette, c'est dire.

    Le talent exceptionnel et unique de Sofia Coppola me rappelle à chaque fois qu'il existe de grandes réalisatrices. Mais force est d'admettre qu'elles sont rares. Mais crissement rares.

    Et je vous jure que ce n'est pas ma faute.

    16 Août 2011 | Martin B

  • complètement d'accord avec Catherine.

    un projet, peu importe le sexe de son créateur, doit être digne d'intérêt pour qu'on s'y intéresse (logique). Vendre le fait que "des filles créent" m'apparait un peu gnangnan. Évidemment que les femmes créent, qui en doute ? le problème qui vient immédiatement en tête, c'est que ce site consacré aux femmes, attirera... des femmes.

    Ça ne tourne pas un peu en rond ?

    16 Août 2011 | Greg

  • Vous savez ce dont j'ai marre, moi?

    Il n'y a plus moyen de monter un projet simplement que pour le plaisir de la chose, peu importe le sujet. Il y a toujours du monde qui cherchent des raisons profondes de ci, de ça, qui cherchent les bibittes, qui veulent partir un débat où il n'y en a juste pas.

    Et je ne parle même pas de cet article précisément, ni d'un autre en particulier. Et je ne parle même pas de ce projet non plus. Je parle simplement du fait qu'il n'y a plus moyen d'avoir du plaisir, juste pour avoir du plaisir, point.

    Quand je suis arrivée au shoot photo pour Nous sommes les filles (oui, je serai évantuellement présentée sur le site), j'ai tout de suite dit: "Ça serait vraiment le fun un Nous sommes les gars, après!".

    Je vois ce projet simplement comme un plaisir pour les filles présentées, pour les filles qui s'en occupent, et pour n'importe qui que ça intéresse. Et découvrir la même chose en version masculine m'intéresse sincèrement!

    Et c'est tout ce que j'avais à dire! :)

    16 Août 2011 | Janick

  • Judith Lussier

    Meuh non ce n'est pas comme la tarte aux pommes, évidemment. C'était pour reprendre l'expression «Personne n'est contre la tarte aux pommes». D'ailleurs, je ne suis pas contre le site Nous sommes les filles. C'est un beau site.

    16 Août 2011 | Judith Lussier

  • En tant que maman d'un garçon de presque 13 ans, j'ai peur, un brin, de notre société qui dénigre ses hommes...

    16 Août 2011 | ClauHarvey

  • Julie Roy

    Et non, ce n'est pas de la tarte aux pommes. Comme c'est condescenadant!

    C'est de la solidarité. Chose qui manque un peu entre nous les filles, alors pourquoi pas?

    16 Août 2011 | Julie Roy | Montréal

  • Julie Roy

    La place des femmes ça ne se mesure pas vraiment. C'est tout plein de petites choses.

    Je trouve l'article un peu premier degré.

    On a beau dire qu'il n'y a pas de sexe, mais oui il y en a. Ça se sent dans les oeuvres souvent, pas tout le temps.

    Comme les toutes premières artistes dans l'histoire de l'art, (Louise-Élisabeth Vigée Lebrun) elles avaient une façon de dépeindre le monde, avec plus de courbes, de fluidité, plus intimiste, avec des thèmes plus doux comme la maternité et l'enfance, à l'inverse des hommes qui peignaient plus souvent la guerre, la violence, et la grande misère. Alors, ces artistes n'étaient pas appréciées, on disait qu'elles étaient trop "molles", pas assez de vigueur et de mordant.

    C'est encore parfois le cas aujourd'hui, notamment en cinéma. Les femmes commencent à prendre leur place, mais est-ce qu'elles vont réussir à durer, je l'espère bien.

    16 Août 2011 | Julie Roy | Montréal

  • Bien sûr que personne à la SODEC ne se dit "ah, pas ce projet-là parce que c'est un projet de fille". Comme personne au CAC ne se dit "ah, pas cet artiste-là parce que c'est un franco-ontarien". Comme personne dans un comité d'embauche ne dit "ah, pas lui c'est un noir". Des dynamiques sociales d'exclusion, ça ne se bâtit par sur des anecdotes, ça se bâtit sur des courants forts et dominants. Parce qu'on favorise une façon de faire les choses, parce qu'on favorise un réseau au détriment d'un autre, parce qu'on se donne des accolades entre nous. Inconsciemment. Personne ne se "dit" ça.

    Les barrières de la mobilité sociale ça se défonce en remettant en question tout ce qui semble être pris pour acquis. En ce moment, ce qui est pris pour acquis c'est que quand on veut, on peut. Il ne me viendrait jamais à l'esprit de dire que parce que je suis une femme, issue d'un milieu pauvre, qui a réussi, ça veut dire qu'il n'y a pas des défis particuliers qui se posent collectivement et aux femmes et aux gens issus de milieux défavorisés.

    Cela dit, je ne suis pas particulièrement excitée par le "Nous sommes les filles" justement parce qu'au lieu de poser les questions de fond, on s'intéresse à des parcours individuels. C'est le fun les parcours individuels, mais c'est pas qu'avec ça qu'on fait le ménage dans des dynamiques sociales.

    La question c'est (entre autres): pourquoi les femmes soumettent moins aux institutions et pourquoi en pourcentage sont-elles moins appuyées? Ce n'est pas une question simple, mais chose sûre, ce n'est pas avec des institutions qui encouragent les winners d'hier qu'on va en sortir.

    16 Août 2011 | Catherine

  • Philippe Lamarre

    «je m’habillerais chez Gap, comme tous les gars autour de moi.»

    Coudonc, Jude, avec qui tu te tiens?

    Pour le reste, j'adhère.

    16 Août 2011 | Philippe Lamarre | Montréal

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