Les gens sont cons

Les gens sont cons
3 Août 2011

Par Judith Lussier  |  Publié dans : blogue

Je ne veux pas faire ma langue de vipère, ni ma vieille frustrée, mais force est d’admettre qu’au moins 90% des gens sont cons.

Ça l’air d’une grande vérité facile à dire, comme ça. Pourtant, traiter 90% de la population de cons est moins évident qu’il n’y paraît. On est tous attachés à quelques cons. On en a dans notre famille et même parmi nos amis proches. Dire que 90% des gens sont cons, c’est forcément éclabousser quelques uns de ceux qu’on aime.

Cette relativité de la connerie devient flagrante lorsque nous rencontrons l’ami d’un con. Ou pire, la femme d’un con. Dès lors, notre cerveau doit faire plusieurs tours pour comprendre que celui que l’on perçoit comme étant con n’est peut-être pas si con que ça, du moins aux yeux de ceux qui l’aiment. Ces situations nous amènent à comprendre les motivations qui poussent une personne a priori pas conne à le devenir. Bien souvent, il s’agit d’un manque de confiance ou d’une trop grande sensibilité.

Mais parfois, non. Parfois, les gens sont tout simplement cons. Con dans le sens de «trop bête pour faire un effort mental». Si on leur pose une question, les cons dérogeront à la consigne pour répondre à autre chose que la question. Par exemple, si vous leur demandez ce que pourrait faire le ministère des transports pour rendre les routes plus sécuritaires, au lieu d’émettre des pistes de solutions, ils vous répondront quelque chose du genre «moi Sam Hamad je l’étriperais». Remarquez le lien ténu reliant la réponse à la question précédemment posée. Dans les fiches de lectures qu’on avait au primaire, ce serait un beau zéro pour la compréhension de la question.

Ça, c’est quand il y a compréhension du sujet, ce qui n’est pas toujours évident pour le con. Lors d’une conversation, par manque de ressources, le con se raccrochera invariablement à ce qu’il connaît et non à l’objet de la conversation, preuve que la pauvreté de ses connaissances l’empêche d’accéder même au sujet. Par exemple, le con s’intégrera dans une conversation au sujet des cotes d’écoute de l’émission Un souper presque parfait en disant «ouin c’était vraiment dégueu ce que Philippe a fait». Voyez comme cette intervention n’a rien à voir avec le sujet initialement proposé, et réalisez de combien de niveaux vient de descendre la conversation, qui, j’en conviens, n’était déjà pas de niveau doctoral, quoiqu’il y ait aussi des cons aux cycles supérieurs.

Parlant de niveaux, le con n’en a qu’un seul. Le second ne lui est en aucun cas accessible. Par exemple, le con prendra le soin d’analyser ce texte et de dire que c’est peut-être vrai qu’il y en a toujours une qui fait l’homme dans le couple, mais que de dire que les lesbiennes ont toutes des chats, franchement, c’est exagéré. Notez que l’exagération est aussi une figure de style inaccessible aux cons.

Il y a aussi la grosse conne, qui, relativisons, n’est pas si grosse que ça. La fille qui dit toujours des choses avec une intention mesquine à peine voilée sous le couvert de «l’humour» et qui vit dangereusement au dessus de ses moyens. Ça, c’est le type de conne qui donne le cancer. Parce que même si on veut difficilement l’admettre, elle nous gruge par en dedans et peut tout de même parvenir à nous faire passer une mauvaise journée.

Malheureusement, plus on travaille avec le public, plus on est confronté à la connerie. Vous trouvez que le ministre Sam Hamad est con? Imaginez, lui, ce qu’il a dit à sa femme en rentrant chez à la maison hier soir: «maudit que le monde est con». En son for intérieur, Nycole Turmel doit bien se dire «calmez-vous bande de cons là come on c’était juste une petite carte insignifiante».

Si j’étais ministre ou, pire, mairesse d’arrondissement, je crois que je deviendrais encore plus cynique à l’égard de la population que la population ne pourrait l’être envers moi. Pour m’éviter un cancer, j’ai décidé d’écarter la vie politique de mes options de carrière.

Comme on est tous le con de quelque d’autre, je suppose également que je suis la conne de plusieurs. Je le dis d’ailleurs régulièrement à voix haute, comme ça : «sti qu’chu conne», mais c’est rarement sincère.

Ceci dit, ce qui est le plus troublant, ce n’est pas de voir qu’un con ait des amis. C’est de voir qu’un con ait ses adeptes, ses fans, ses supporters. Comme on est tous le con d’un autre, qu’une chose est aussi vraie que son contraire, et que tout est relatif, on est tous, d’une façon ou d’une autre, l’adepte d’un con. Ceci m’amène à réviser à la hausse ma position initiale : 100% des gens sont cons.
Derniers commentairesRSS
  • comme je pense !!!!

    mai il y a pas besoin d’être intelligent pour pas être con

    ON EST TOUS CON c la vérité

    16 Mai 2012 | NIKOSS

  • 100% de cons? On veut des noms.

    11 Août 2011 | JF Beaudoin

  • Pour moi, l'intelligence, ca ne ce mesure pas simplement au fait d'être capable de débattre d'un sujet. L'intelligence, celle qui nous démarque des animaux, c'est la capacité à s'adapter.

    N'importe quelle personne qui s'adapte aux circonstances de la vie, fais preuve d'intelligence. Les gens intelligents évoluent donc et leurs opinions se façonnent avec le temps. Il faut être capable de changer nos habitudes ou nos opinions à la lumière de nouvelles informations. Effectivement, peu de gens sont capables de reconnaître qu'ils ont tort, et donc de s'adapter.

    Note intéressante, selon ce modèle, plus on vieillit, plus on devient con, car généralement nos opinions deviennent arrêtées et n'évoluent plus selon les nouvelles données. La clé, c'est de s'informer et d'être curieux.

    JF

    5 Août 2011 | JF

  • Genevieve Piquette

    J'adoorree! Avec ou sans règlement de compte !

    4 Août 2011 | Genevieve Piquette | Montréal

  • Judith Lussier

    À part pour la grosse conne, il n'y avait aucun règlement de compte ici. Merci à tous ceux qui ont démontré que «lors d’une conversation, par manque de ressources, le con se raccrochera invariablement à ce qu’il connaît et non à l’objet de la conversation», ils sont comme 100% du monde.

    4 Août 2011 | Judith Lussier

  • @maxime

    "En fait, il n'est pas nécessaire d'être intelligent pour faire des études universitaires". Faux, un étudiant avec un quotient intellectuel médiocre n'arriverait même pas à réussir un cours.

    4 Août 2011 | Phil

  • Michaël Giguère

    Maxime : Une bonne partie des cours universitaires, dépendant des programmes, n'ont pas d'examen, mais plusieurs travaux long, exigeant des heures de recherche, réflexion et rédaction. Pas besoin d'être en philo ou en littérature. C'est comme ça, énormément, dans les facultés de comm. et d'arts. Les méthodes d'évaluation changent beaucoup, surtout dans le domaine des sciences humaines.

    À quand un bacc. ès connard?

    3 Août 2011 | Michaël Giguère | Montréal

  • je suis parfaitement d'accord: 90 % des gens sont con mais ils donnent leur 110% ;-) on est con-quis!

    3 Août 2011 | étienne morin

  • Une petite crotte sur le coeur?

    Ce texte semble être un obscur règlement de comptes, et sans mise en contexte on ne comprend pas bien toutes les personnes que vous visez. Mais peut-être que c'est parce qu'on est trop cons?

    3 Août 2011 | Pat Jordache

  • En fait, il n'est pas nécessaire d'être intelligent pour faire des études universitaires : seulement une très bonne capacité à se faire bourrer le crâne et à recracher la matière aux examens. 90% des programmes à l'Université sont comme ça. Les seuls départements où la réflexion est de mise seraient la littérature et la philosophie.

    Un médecin peut-il être un connard? absolument!

    3 Août 2011 | Maxime Pagé

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