J’aimais Michelle Blanc avant qu’elle change de sexe
Non, il ne s’agit pas des googlages de la semaine, mais de mon billet hommage à la diva du 2.0.
L’an dernier, alors que je marchais sur le trottoir, j’ai rencontré un ami du CÉGEP qui était avec un de ses collègues de chez Adviso. «Adviso, c’est pas la boîte où travaillait Michelle Blanc, ça?» Le collègue, qui ne savait visiblement pas à qui il avait à faire (c’est-à-dire une militante lesbienne enragée) m’a répondu : «ouais, mais il perdait trop son temps à s’habiller en femme, il n’était pas très efficace». On a rarement vu une chicane entre deux individus qui ne se connaissent pas pogner aussi spontanément sur l’avenue Mont-Royal.
1. Tu fais pas des jokes homophobes de sixième année devant moi. 2. Tu parles pas de Michelle de même, c’est mon amie. 3. Ta boîte, là, Adviso, si c’était pas de Michelle, je saurais même pas c’est quoi.
La raison pour laquelle je vous parle de Michelle aujourd’hui, c’est qu’elle est revenue sur la conversation lors d’une soirée récente avec un ami gars. Mon ami arrêtait pas de l’appeler «il», pis ça m’agaçait. Elle ne le sait pas, Michelle, mais je suis prête à aller au batte n’importe quand pour elle, dont ce soir-là. «Hey, en passant, si tu regardes son ADN, c’est encore un homme!», m’a répondu mon ami qui sait pourtant à qui il a à faire, lui. Cet argument-là, je sais pas pourquoi, je sais pas comment, mais ça me fait penser, ça aussi, à de l’homophobie.
Évidemment, la conversation a dérapé sur «c’est pas parce que c’est une transsexuelle que je ne l’aime pas, mais parce qu’elle n’est pas compétente» et sur «c’est depuis qu’elle a changé de sexe qu’elle est devenue big, mais sinon, on n’en parlerait jamais».
Bon, je ne veux pas me vanter, mais moi, j’ai interviewé Michelle ben avant qu’elle ne change de sexe. Pour une journaliste, Michelle, c’est du bonbon. Elle fournit des réponses claires, concises, et généralement actuelles. Elle est toujours au courant des dernières technologies, et prédit assez bien les prochaines tendances.
Non, je ne suis pas une journaliste paresseuse. Je les interview aussi, les autres spécialistes du 2.0 auxquels vous pensez. Je peux vous fournir une liste et des preuves. Mais j’avoue que j’ai une petite préférence pour Michelle.
Et moi non plus, je ne suis pas à 100% d’accord avec tout ce qu’elle dit. Comme tout le monde, il m’arrive de lire ses statuts et de me dire intérieurement «My God, Michelle, TMI!». Ou de trouver qu’elle se vante. Ma mère fait la même chose, par insécurité.
Mais quand j’entends des niaiseries du genre «Michelle Blanc sort sa biographie, ça s’appellera “Mon moule vaginal, parlez-en tous”», je capote. Si tu veux critiquer l’approche de Michelle Blanc, si tu veux remettre en question ses compétences, t’as le droit. Mais t’as droit à zéro joke homophobe. Sinon, ça prendra peu de temps avant que je décèle qu’au fond, ça vient jouer dans tes bibittes à toi, une femme charismatique qui s’est départie de cette unique chose sur laquelle tu fondes ton pouvoir.
PS. Non, je n’ai pas parlé de Michelle Blanc pour m’assurer que mon billet soit lu par 10000 personnes, mais j’avoue que ça fait partie des bénéfices marginaux.
PPS. À tous les ennemis de Michelle, et la liste serait trop longue pour en faire l’énumération ici : non, ça ne me tente pas de me chicaner spontanément avec vous. Merci.
PPPS. «TMI», ça veut dire «Too much information», pour ceux qui ne le savent pas. «Trop d'information», pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais.
Crédit photo : Marie-Claude Hamel | Leitmotiv studio
1. Tu fais pas des jokes homophobes de sixième année devant moi. 2. Tu parles pas de Michelle de même, c’est mon amie. 3. Ta boîte, là, Adviso, si c’était pas de Michelle, je saurais même pas c’est quoi.
La raison pour laquelle je vous parle de Michelle aujourd’hui, c’est qu’elle est revenue sur la conversation lors d’une soirée récente avec un ami gars. Mon ami arrêtait pas de l’appeler «il», pis ça m’agaçait. Elle ne le sait pas, Michelle, mais je suis prête à aller au batte n’importe quand pour elle, dont ce soir-là. «Hey, en passant, si tu regardes son ADN, c’est encore un homme!», m’a répondu mon ami qui sait pourtant à qui il a à faire, lui. Cet argument-là, je sais pas pourquoi, je sais pas comment, mais ça me fait penser, ça aussi, à de l’homophobie.
Évidemment, la conversation a dérapé sur «c’est pas parce que c’est une transsexuelle que je ne l’aime pas, mais parce qu’elle n’est pas compétente» et sur «c’est depuis qu’elle a changé de sexe qu’elle est devenue big, mais sinon, on n’en parlerait jamais».
Bon, je ne veux pas me vanter, mais moi, j’ai interviewé Michelle ben avant qu’elle ne change de sexe. Pour une journaliste, Michelle, c’est du bonbon. Elle fournit des réponses claires, concises, et généralement actuelles. Elle est toujours au courant des dernières technologies, et prédit assez bien les prochaines tendances.
Non, je ne suis pas une journaliste paresseuse. Je les interview aussi, les autres spécialistes du 2.0 auxquels vous pensez. Je peux vous fournir une liste et des preuves. Mais j’avoue que j’ai une petite préférence pour Michelle.
Et moi non plus, je ne suis pas à 100% d’accord avec tout ce qu’elle dit. Comme tout le monde, il m’arrive de lire ses statuts et de me dire intérieurement «My God, Michelle, TMI!». Ou de trouver qu’elle se vante. Ma mère fait la même chose, par insécurité.
Mais quand j’entends des niaiseries du genre «Michelle Blanc sort sa biographie, ça s’appellera “Mon moule vaginal, parlez-en tous”», je capote. Si tu veux critiquer l’approche de Michelle Blanc, si tu veux remettre en question ses compétences, t’as le droit. Mais t’as droit à zéro joke homophobe. Sinon, ça prendra peu de temps avant que je décèle qu’au fond, ça vient jouer dans tes bibittes à toi, une femme charismatique qui s’est départie de cette unique chose sur laquelle tu fondes ton pouvoir.
PS. Non, je n’ai pas parlé de Michelle Blanc pour m’assurer que mon billet soit lu par 10000 personnes, mais j’avoue que ça fait partie des bénéfices marginaux.
PPS. À tous les ennemis de Michelle, et la liste serait trop longue pour en faire l’énumération ici : non, ça ne me tente pas de me chicaner spontanément avec vous. Merci.
PPPS. «TMI», ça veut dire «Too much information», pour ceux qui ne le savent pas. «Trop d'information», pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais.
Crédit photo : Marie-Claude Hamel | Leitmotiv studio





En lisant les commentaires, je me suis perdu un peu. Je suis un grand admirateur de Michelle, elle représente beaucoup pour la communauté LGBT. Et je la remercie.
Pourquoi ne nous en tenons pas juste aux choses d’importances. Elle est belle, heureuse, intelligente et pertinente dans son travail, mais surtout, elle est la meilleure dans ce qu’elle fait le mieux, elle rayonne comme le soleil partout où on la rencontre.
Que veut-on de plus?
Merci Michelle!
Guy Deshaies
http://www.mon-oncle-ti-guy.blogspot.com/
17 Fév 2011 | Guy Deshaies | Victoriaville
Question niase comme ca, quand je vois Yso dans un bar, je l'appelle comment, madame ou monsieur. Moi Yso, je le trouve hot même si je suis 100% hétéro de banlieu.
17 Fév 2011 | rocky
C'est pas MC Gilles qui à dit "il" à Michelle dans une entrevue l'année passé?
:P
17 Fév 2011 | Mathieu Létourneau | Montreal
Merci de nuancer tes propos Judith. En effet, ça peut ressembler à un manque de respect, surtout si fait intentionnellement et pour provoquer. J'avais juste ben de la misère à étiquetter quelqu'un d'homophobe (ou transphobe selon certains) suite au comportement que tu décrivais. L'accusation me semblait trop facile et trop grosse pour un si petit détail.
Et non, la comparaison entre cette situation et traiter Michael Jackson ou tout autre afro-américain de ''nigger'' ne tient pas la route.
16 Fév 2011 | Maxime
Utiliser le «il» pour parler de Michelle Blanc, ce n'est pas dramatique, ça peut être simplement de la maladresse, mais c'est aussi ne pas reconnaître la personne comme elle désire se définir. C'est comme traiter Michael Jackson de nigger. Euh, non, pas vraiment, mais bordel, c'est un peu manquer de respect.
16 Fév 2011 | Judith Lussier
Haha!
J'écris souvent à Michelle Blanc via sa page Facebook ou son Twitter parce que je la lis et la trouve bien pertinente. Je commente à l'occasion son blogue, et c'est très dynamique et passionné comme échange. Elle a le dont de susciter des discussions avec un rien, et c'est super!
C'est drôle que vous disiez que vous vous enragez quand quelqu'un la nomme "IL" comme si c'était juste un travesti ou une drag queen, parce que j'ai repris quelqu'un sur son blogue à ce sujet. De plus, le mec nous purgeait vraiment toute la gang. Vraiment, y en a qui ont pas de tact!
16 Fév 2011 | Michael Giguere - Buzzart.co
Selon wikipedia:
La transphobie est l'aversion envers le transsexualisme et envers les personnes transsexuelles ou transgenre.
La transphobie peut se manifester sous forme de violences physiques (agressions, viols, ou meurtres), ou par un comportement discriminatoire ou intolérant (discrimination à l'embauche, au logement, ou encore à l'accès aux traitements médicaux).
Selon Grand Dictionnaire terminologique du Qc
Phobie qui se manifeste à l'endroit des transgenres.
On est loin de l'utilisation du ''il''. Comme je disais, choisissez vos combats misère.
16 Fév 2011 | Maxime
Si ça te parait homophobe comme argument c'est parce que les homophobes sont les plus grands gardiens de la dichotomie de genre. Je te suggère de faire des recherches sur les 7 sexes chromosomiques si tu es à cour d'arguments :)
16 Fév 2011 | Christine Fiocco
Il serait plus juste de parler de transphobie ici. Et utiliser "il" pour parler de Michelle Blanc, c'est clairement de la transphobie.
16 Fév 2011 | Julie
Je pense un peu comme Monsieur Seb ici. Ce n'est pas parce que quelqu'un utilise ''il'' pour référer à Michelle que c'est un signe d'homophobie. Il est aussi vrai, et ceci est un fait, que Adviso a eu bcp de publicité grâce à Michelle et sa transexualité. Elle est quelqu'un d'épanouie, pertinente et elle va régulièrement dans les médias. Donc, oui elle attire beaucoup de monde et les critiques qui viennent avec.
À mon avis, ces critiques ne sont pas reliées à de l'homophobie. Ça me fait penser à Israël qui crie à l'antisémitisme à tout bout de champs... c'est tellement redondant que lorsqu'il y a véritablement atteinte aux droits de la personne, les gens sont indifférents. Ou encore l'histoire de Pierre qui criait au loups, vous connaissez?
16 Fév 2011 | Maxime
@ Monsieur Seb : Il existe un mot pour définir ce que tu soulèves, c'est la TRANSOPHOBIE. Je suis plus à l'aise avec ce terme car il n'est pas question d'orientation sexuelle ici.
Ceux qui attaquent personnellement Michalle sont souvent des hommes qui ne reflètent les courants masculinistes de notre société. Il y a 5 ou 6 ans, j'ai prédis que la prochaine vague de coming-out serait avec les trans. I was sooooo right! Il y a beaucoup de démystification à faire car pour la majorité, c'est tout dans le même sac : gai, lez, bi, trans, travelo... OUF.
Bref, mes deux meilleures amies sont trans, je connais personnellement Marie-Marcelle Godbout et pour moi, ces personnes sont d'un niveau supérieur. Je n'ai jamais rencontré des femmes aussi créatives, intelligentes et cultivées dans ma vie que les trans. Comme dans toute couche de la société, il y en a pour tous les goûts.
En tout cas, pour moi, ce sont des anges. Voilà tout.
Jean
16 Fév 2011 | Analyste média
Moi je me fou du web 2.0. Par contre je connais Madame et connaissais M Blanc. Par connaître, je veux dire je la croisais. Je sais une chose, à toutes les fois que je me suis assis près d'elle, j'ai du lui demandé poliment si je pouvais tasser sa sacoche pour avoir une petite place. Franchement, le look de gros bras en jupe, ca m'énerve pas pantoute et je pense que j'ai du lui faire comprendre que pénis ou vagin, sois un peu plus polie et de bonnes manières !
16 Fév 2011 | rocky
Monsieur Seb, si tu lis bien mon texte, tu remarqueras que j'ai écrit que tu as le droit de critiquer Michelle, mais t'as pas le droit de faire de jokes homophobes. C'est tout. Ben, t'as le droit de faire des jokes homophobes, mais ça t'enlève toute ta crédibilité.
@Michelle: j'avais même pas pensé à cet argument. C'est tellement facile. Like.
16 Fév 2011 | Judith Lussier
Merci pour cette candeur à dire les vraies choses. On ne peut se sentir homme et en paix avec ça qu'en assumant réellement et profondément sa sexualité. L'homophobie, c'est une traduction simplifiée de la peur d'une partie de soi-même. Michelle polarise, c'est là le signe d'un grand talent. Tous les grands polarisent car ils sont vrais.
16 Fév 2011 | Mathieu Bédard
J'ai chaud tout d'un coup ... merci Judith
À ces cons qui croient que j'ai du succès parce que j'ai changé de sexe je n'ai qu'une chose à dire, faite pareil si vous croyez que c'est winner de changer de sexe et allez aussi en jaser à toutes et tous les trans qui perdent leurs emplois ou ont de la difficulté à en trouver à cause de leur réalité différente de la masse.
Basta les homophobes...
16 Fév 2011 | Michelle Blanc
On devrait lire «purement», au lieu de «ûrement»...
16 Fév 2011 | Monsieur Seb | Repentigny
Judith,
je ne veux pas m'impliquer dans le débat et ma question est ûrement sémantique: pourquoi une personne qui fait un commentaire désobligeant sur Michelle serait-il/elle homphobe? Je ne suis pas sûr que c'est le bon terme...
16 Fév 2011 | Monsieur Seb | Repentigny