Touche pas à mon bol de toilette

Touche pas à mon bol de toilette
26 Jan 2011

Par Mélissa Verreault  |  Publié dans : blogue

J’ai beau dire que je suis devenue indifférente à pratiquement tout, il y a encore des situations, des comportements et des êtres qui m’exaspèrent. À commencer par les p’tites madames à mon travail.

Je suis pigiste, mais il m’arrive de faire des contrats pour le gouvernement et de travailler dans les locaux d’un gris et poussiéreux building appartenant à l’État. Mis à part mes quelques 60 collègues contractuels et moi, le reste des gens qui bossent dans ces lieux sont des employés permanents temps plein qui attendent d’avoir 55 ans pour prendre leur retraite – le genre de job qui n’existe plus, quoi. Pas besoin de vous dire à quel point nous sommes biiiiiien accueillis par nos voisins de pallier. En d’autres mots, ils nous haïssent.

Je dis « ils », mais le « elles » seraient plus approprié. Chaque année depuis deux ou trois ans, lorsque notre contrat annuel débute et que nous débarquons dans les locaux qui nous sont assignés, une véritable guerre éclate entre nous et les p’tites madames du building. En fait, la guerre éclate surtout dans leur tête parce qu’en ce qui nous concerne, à la base, on n’a rien à leur reprocher. Or, on n’a plus trop le choix de se défendre. Des discussions féroces ont lieu, des tractations infinies s’engagent, des accusations gratuites sont lancées. Les enjeux principaux de cette sanguinolente bataille ? Les salles de repos et les toilettes.

Oui, oui. Les p’tites madames nous haïssent parce que selon elles, on envahit LEUR cuisinette et LEUR zone de pipi. Elles sont plus territoriales que des chattes en chaleur. Une de mes collègues s’est déjà fait engueuler par une de ces mégères sous prétexte qu’elle n’avait pas essuyé les quelques petites gouttes d’eau qui étaient tombées sur le comptoir lorsqu’elle s’était lavé les mains. Une autre s’est fait dire « Scuse, qu’est-ce que tu fais ici, c’est NOTRE cuisine, t’as pas le droit d’être là », pendant que ses accueillantes comparses murmuraient des « frrranchement, ils ont du frrront de venirrr manger ici, ils ont pas la perrrmission ». L’affaire, c’est qu’on l’a, la permission. Mais les p’tites madames demeurent convaincues qu’on n’a pas d’affaires là. Alors, quand on arrive dans la salle à manger, elles nous disent que toutes les places autour d’elles sont prises. C’est complètement faux, bien sûr. Sans broncher, parce qu’on est civilisés, on s’assoit un peu plus loin, on bouffe nos sandwiches, on rigole et on bavarde, pendant que les p’tites madames mangent leurs repas Weight Watchers congelés, en nous jetant un regard condescendant une fois de temps en temps, chacune toute seule dans son coin.

Pourquoi ces femmes nous détestent et nous jugent ? On ne peut que faire des suppositions, mais on s’imagine que c’est parce que nous sommes jeunes, insouciants et pleins de joie de vivre. Parce que malgré le fait que n’avons pas de situation stable, que notre boulot est parfois routinier et exigeant, nous gardons le sourire. Nous rions même très souvent. Et ça, ça ! Ça les exaspère au plus haut point. Elles, la dernière fois qu’elles ont ri durant leurs heures de travail, ce devait être parce que Lise, la secrétaire, a passé tout l’après-midi avec le jupon pogné dans le bas-culotte et que personne n’a eu la décence de le lui faire remarquer. Parce que ces gens-là n’aiment pas les autres.

À la suite de mon dernier message sur ce blogue, certains m’ont dit que mon indifférence était pathétique. Rien de moins. Qu’ils me jugent tant qu’ils le veulent, mais pour ma part, je considère qu’il y a pire encore que l’indifférence : le mépris.
Derniers commentairesRSS
  • Jeeeeeee Daaaaaa

    Il est exact que j'ai tendance à laisser un commentaire négatif qu'à souligner les textes intéressants.

    Soyons constructifs alors :

    J'ai l'impression de lire une longue litanie sur une stagiaire qui découvre le monde du travail.

    Disons que pour un blog perso, je trouverais ça limite touchant mais j'attends un peu plus de contenu pertinent chez Urbania.

    C'est vrai que j'ai arrêté de lire certaines personnes car elles m'agacent.

    Et c'est exact, j'ai lu votre note en entier, parce que je me permets d'émettre un avis après pris connaissance de l'entièreté de la chose, je trouve ça plus correct.

    Mais il reste que si l'on est piqué au vif par les commentaires négatifs, on garde ses écrits sous clefs, on ne les expose pas sur le web.

    27 Jan 2011 | Jeeeeeee Daaaaaa | montreal

  • Mélissa Verreault

    Longue vie aux commentaires constructifs, au deuxième degré et à l'ouverture d'esprit!

    Maxime, je suis mariée mais... veux-tu sortir avec moi quand même?!

    P.S. Je sais que je suis pathétique parce que je suis mariée, pas besoin de me le faire remarquer.

    26 Jan 2011 | Mélissa Verreault | Montréal

  • Raphaëlle Huysmans

    Longue vie à Maxime!

    26 Jan 2011 | Raphaëlle Huysmans

  • Il n'y a rien de plus drôle que les gens qui se plaignent sur les blogues d'Urbania... Ils prennent le temps de lire chacun des articles, ils commentent négativement, insultent le blogueur et s'en vont. Ils ne contribuent à rien de constructif ou positif si ce n'est critiquer et se plaindre. Le pire dans tout ça. Ils reviennent le lendemain pour voir les réactions à leurs commentaires et liront le prochain blogue sans faute. Comme disais judicieusement Catherine Perreault-Lessard sur un autre post : ''Si c'est pas ton genre, t'as qu'à aller lire autres choses...'' Sur ce multiples blogueurs d'Urbania, continuer de partager vos histoires et humeurs du moment et conserver votre humour, votre cynisme et votre anti-conformisme... c'est pour ça que je reviens régulièrement ici d'ailleurs!!! Longue vie au site web Urbania!

    26 Jan 2011 | Maxime

  • Mélissa Verreault

    Eh bien, je constate que le mot pathétique a la côte cette semaine...

    Sébastien, je tiens à préciser que je n'ai jamais dit que la situation que je décris ici était typique des milieux de travail reliés à la fonction publique. Jamais. J'ai simplement mentionné que je travaille, moi, pour la fonction publique, that's it. J'aurais bien pu dire que je travaille pour un entrepreneur privé, or, ce n'est pas le cas. Bref, vous m'accusez de démagogie mais ce que vous faites vous-même s'en rapproche. Votre rhétorique s'apparente peut-être plutôt à du sophisme en fait. « La fille a mentionné qu'elle travaillait au gouvernement et raconté ensuite que les femmes qui partageaient son étage étaient particulièrement méprisantes à l'égard d'elle et de ses collègues. Donc, la fille a dit que toutes les personnes qui travaillent au gouvernement sont méprisantes. »

    J'ai dit que les personnes qui travaillent dans le même building que moi avaient une fâcheuse tendance à être fermées d'esprit et hargneuses à l'égard des gens qui ne font pas partie de leur «clique», certes, mais je n'ai pas dit que ce genre de comportements étaient l'apanage des fonctionnaires. By the way, j'envisage de plus en plus sérieusement une carrière dans la fonction publique. Sans déconner. Faites vos déductions.

    Autre remarque: un billet de blogue, c'est court en maudit. Celui-ci était déjà pas mal long. Je ne pouvais pas me permettre de donner toussssss les détails de cette situation. Alors désolée de ne pas avoir précisé que cela fait deux ans que nous discutons cordialement avec les responsables de la gestion des locaux, avec notre employeur, avec ceux de ces fameuses petites madames, etc., etc. ; on a tâché de régler la situation gentiment, en usant de tact et de diplomatie, or, rien ne change. Alors oui, je me suis permis d'utiliser ma tribune pour chialer un peu. À ce que je sache, un blogue, ça peut servir à ça: exposer ses humeurs. Ce n'est pas du journalisme, c'est de la chronique.

    Et Monsieur Jeeeeeeeee Daaaaaaaa: j'imagine que ce commentaire était ironique et visait à souligner l'ennui qu'a provoqué chez vous mon billet. Ironie reçue. La prochaine fois cependant, ne vous forcez pas pour lire le message jusqu'à la fin si c'est si plate, t'sais.

    26 Jan 2011 | Mélissa Verreault | Montréal

  • Leur comportement est ridicule certes, mais ne jouez-vous pas au même jeu par ce billet ? Pourquoi, plutôt que d'encourager la confrontation, vous et les autres contractuels n'en discutez pas avec les supérieurs ? C'est une situation de travail tout ce qu'il y a de plus commun dans pleins de milieux, bien souvent à majorité féminins.

    Mais je crois vraiment que d'alimenter les préjugés sur la fonction publique n'aide en rien. Comme dans plusieurs milieux, une nouvelle génération s'installe ce qui peut effrayez certaines personnes plus âgées, mais il est de plus en plus fréquent de rencontrer des équipes jeunes, dynamiques et innovatrices dans ces milieux. Les gens blasés il y en aura toujours et partout, rien à voir avec la permanence, le public ou le privé. Pas besoin de tomber dans la démagogie.

    Si votre indifférence a déjà été qualifié de pathétique , je considère que ce billet l'est tout autant.

    26 Jan 2011 | Sébastien

  • Jeeeeeee Daaaaaa

    palpitant!

    Pi, tu fais quoi à manger à soir?

    26 Jan 2011 | Jeeeeeee Daaaaaa | montreal

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