Retour à l’âge de tissu
Ça y est. Nous sommes arrivés au bout d’une ère. Le record mondial de vitesse en nage, euh… de vitesse, pour la première fois depuis cent ans, n’a pas été surpassé en 2010. Banal ? Non, ooohhh non. Nous sommes peut-être arrivés au bout de l’évolution.
La moralité sportive a statué qu’on avait poussé trop loin. Qu’un nageur avec une combinaison de plastique, c’était comme un petit gros qui glisse sur un sac de poubelle l’hiver quand tout le monde glisse en grosse luge de bois ; c’est pas juste. Que c’était comme nager avec un moteur dans le derrière. Remarquez, c’est peut-être vrai qu’il est exagéré de nager en plastique. Je ne connais pas grand-chose aux matières. Quoi qu’il en soit, la moralité a renvoyé tout le monde au vestiaire. On retourne aux vieux suits en textile. Résultat ? Zéro record du monde en 2010. Ça, c’est pas beau dans le CV d’un sport.
Je ne voudrais pas alarmer personne, mais à cette époque où l’évolution entretient l’espoir et surtout l’économie, les nageurs viennent de nous dire qu’ils sont désolés mais qu’ils ne peuvent plus aller plus vite. Ils sont les premiers à le dire, mais ils annoncent le début d’une longue chaîne de saturation sportive qui risque d’atteindre rapidement d’autres sphères, comme les milieux de la technologie, de l’éducation ou de la médecine. « Désolés, on ne peut plus aller plus loin. C’est terminé. » Ça y est, je m’alarme moi-même.
Mais c’était prévisible, pourtant. Quand on a compris que personne n’arriverait à battre Bernard Derome en lecture à vue, on aurait dû se douter que le décompte était commencé. On frôlait les limites de l’insurpassable. Alors, je suis désolée de vous l’annoncer, mais nous entamons en ce début de 2011 la descente de l’autre versant de la montagne, là où les nageurs nagent en tissu qui prend l’eau, en visant des vieux records de 2008. À contre-courant de l’évolution.
Plus j’y pense, plus ça sonne reposant, finalement…





À Sherby, c'est un chauffeur d'autobus sur le 8 qui détient un record imbattable de se rendre à l'université sans causer d'autres accidents que du monde qui trébuche dans l'allée. Durant les montées et les courbes, tous se tiennt à deux mains. Les talons hauts : sport extrême. Et on arrive trop tôt au boulot.Tout va trop vite définitivement.
15 Jan 2011 | Sabine
Tiens moi j'aurais cru que c'était le rasage qui aurait marquer l'arrêt de l'évolution. On en finit plus de raser de plus près. La lessive arrive bonne deuxième.
Si on pouvait mettre tous les scientifiques de Gillette et Tide ensemble, ça prendrait 3 semaines pour éliminer le cancer.
14 Jan 2011 | Maurice