La sénatrice qui textait

La sénatrice qui textait
29 Nov 2010

Par Simon Painchaud  |  Publié dans : blogue

Envoyer des messages textes en conduisant augmente les chances d’être impliqué dans un accident de voiture. Envoyer des messages textes quand on est venu discuter d’enjeux pour faire avancer le Québec augmente les chances de ne pas être pris au sérieux. Récit de ma collision avec la Sénatrice Céline Hervieux-Payette.

Samedi dernier avait lieu le Sommet Génération d’idées, un forum de discussion organisé pour discuter des enjeux qui sont chers à la génération Y. La journée avait comme objectif de brasser des idées et trouver des pistes de solutions afin de faire face aux grands défis du Québec de demain. C’était beau à voir. Des centaines de jeunes avec des idées. Pas les jeunes qu’on aime tant décrire comme sans éthique, égoïstes et blasés. Ceux là, ils étaient restés à la maison à downloader des films piratés sur les interweb.

Donc, Madame la Sénatrice était l’invitée d’honneur d’une des plénières portant sur l’innovation et la créativité au Québec. Je n’ai pas souvent l’occasion de rencontrer en personne un représentant de notre gouvernement. J’ai croisé une fois Jean Chrétien dans un restaurant quand j’étais petit. L’image m’est restée en tête parce que j’en avais échappé mon hamburger. Anyway. La Sénatrice Céline Hervieux-Payette arrive dans la salle avec quelques minutes de retard. On est une quarantaine dans la salle et tout le monde est assis en rond. C’est une discussion. Pendant que tous les participants s’expriment sur leur vision de l’innovation, la Sénatrice Hervieux-Payette pitonne sur son blackberry. Je sais pas ce qu’elle est en train de faire – peut-être qu’elle apaise par courriel les tensions en Corée du Nord, peut-être qu’elle forwarde un power point de chats au Sénateur Jacques Demers ou peut-être qu’elle écrit son mot dans la carte pour le départ du Sénateur Jean Lapointe. J’en ai aucune idée. Mais le message est clair : elle se câlisse bien de notre petite conversation.

Je pense que c’est important de s’interroger sur l’origine de notre cynisme à l’endroit du politique. Oui, les enveloppes brunes, les scandales politiques et les commissions d’enquêtes factices contribuent à l'érosion du lien de confiance. Mais le cynisme se blottit aussi dans le manque d’écoute. Ce petit manque d’écoute qui passe presque inaperçu dans une classe de 40 jeunes la tête pleine d’idées.

C’est ce même cynisme qui pourrait nous faire dire que nos élites politiques sont peut-être aussi blasées, sans éthique et égoïstes que nous.

Mais bon. Ce serait pas mal trop facile de généraliser ainsi.
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  • Pourquoi Urbania ne pourrait pas apporter une réflexion politique? Après tout, il s'agit d'un magasine culturel et comme Bourdieu le disait, le capital culturel est une forme de capital dans le système actuel. Le politique quand à lui représente la discussion, l'élaboration par le langage de liens sociaux entre les individus. Ainsi, la réflexion sur la culture est une réflexion sociale d'abord, puis politique, d'autant plus si on considère la culture comme un champ d'appropriation des éléments liants certains individus autour de facteurs précis au sein du capitalisme.

    De là, à quoi bon éviter de parler directement de politicailleries alors que l'on crée un lien politique par notre seule interaction au sein du champ du capital culturel? J'avoue que la politique en tant que telle est inintéressante, en raison de ce que j'ai rapidement décrit dans mon premier post, mais n'empêche que la création d'un lien politique autour du magasine Urbania est présente et qu'il devrait découler (en fait, on devrait l'utiliser de manière à ce que découle) de ce lien une réflexion politique plus grande visant à, par exemple, traiter de l'impact des politiques gouvernementales au niveau de la culture et à poser une réflexion critique sur la question.

    Cet investissement social des différents groupes d'intérêts, pourrait entraîner un changement réel au sein de la construction sociale imposée par l'État-nation. Ce changement pourrait se solder par un intérêt plus grand envers la politique puisque justement, un investissement plus grand de la société au niveau social entraînerait nécessairement un changement d'orientation au niveau des politiques, qui elles, sont établies en fonction d'intérêts capitalistes et non sociaux. Pour mettre de l'avant les intérêts sociaux, il faut une plus grande implication sociale au sein de nos champs d'intérêts.

    Bref, le questionnement politique que pose l'article ne vas pas assez loin et est maladroit, mais il met de l'avant un fait: Il est important qu'un magasine culturel mette de l'avant une réflexion politique.

    29 Nov 2010 | http://musicopolishead.tumblr.com/

  • Serais-je tombé sur le site d'une association étudiante ? Urbania fail sur cet article...

    29 Nov 2010 | Cynique

  • Le cynisme chez la population est bien plus profond. Un manque d'écoute oui, mais il faut se pencher sur les raisons plus profondes. D'abord, un État-nation néolibéral au service d'un système capitaliste a intérêt a voir sa population désillusionné. La non participation du social au sein du politique tend à renforcer le capitalisme puisque de là découle un affaiblissement de la critique. L'État-nation tend à réduire le lien politique entre les individus afin d'asseoir sa légitimité dans l'acceptation sociale. La réduction du lien politique entraîne une réduction de la participation ou de la contestation sociale.

    Aujourd'hui, si nous ne sommes pas d'accord, on ne conteste plus et cela découle d'une volonté capitalise.

    29 Nov 2010 | http://musicopolishead.tumblr.com/

  • Le mérite du Sommet c'est d'avoir probablement réenclenché un processus vers l'action... Mais c'est vrai que c'est chiant de se buter parfois à des attitudes trop humaine: je txt, tu txt, ns txtons...

    29 Nov 2010 | Nicolas Thibodeau

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