J'y pense et puis j'oublie*

J'y pense et puis j'oublie*
8 Oct 2010

Par Pascal Henrard  |  Publié dans : blogue

Des milliards de perdus. Un sous-sol qui se dérobe sous nos pieds. Une dispute entre politiciens plus chiens que polis qui tourne à la farcetarache.

Un premier ministre ultra-minoritaire qui démantèle le plus meilleur pays au monde pour en faire l’antichambre lisse d’une sacristie en béton armé. Un autre premier frisé qui brade son simili pays au profit de ses amis. Des routes qui se fissurent, des hôpitaux qui s’effritent, des écoles qui se désagrègent, des ponts qui s’écroulent et une jeunesse qui sombre. Des soldats qui jouent à pan-pan cul-cul dans des pays éloignés. Des VUS gloutons dont le moteur tourne en rond en attendant que le moron qui lui sert de chauffeur y dépose le postérieur avant de s’engluer dans la confiture de trafic. Des centres d’achat à la place des champs de blé. Des stationnements à la place des vergers. Des vergers remplis d’autobus. Des villages sans boulangerie. Des chemins sans issue. Des nuits sans soleil. Des journées sans sommeil. Des phrases sans verbe. Un vélo qui descend la rue à l’envers. Une grand-maman s’est éteinte pendant la nuit. Des dimanches comme des lundis. Des tonnes de déchets. Des gens qui empochent. D’autres qui sont poches. Et d’autres encore qui vous font les poches. Des profits et des profiteurs. Des gens sans maison. Des maisons sans enfants. Des arbres sans feuilles. Des forêts sans arbres. Trop de programmes à la télé. Et pas assez de temps pour lire. Trop de promotions au supermarché. Et pas assez de place dans les hôpitaux. Des saumons modifiés. Du maïs transformé. Du blé converti. Du bœuf aux hormones. Des fraises en hiver. Des bleuets toute l’année. Des ananas au prix des patates. Un enfant qui a faim. Un autre qui pleure.

Et la voiture qu’il faut encore changer de côté.

*Inspiré par la chanson « Et moi ! Et moi ! Et moi ! » de Jacques Dutronc et Jacques Lanzman qui date de 1966… comme quoi, rien n’a fondamentalement changé. Rassurant ? Ou inquiétant ?

D'autres posts de Pascal : La ville à l'envers, l'État n'est pas un magasin à escomptes
Derniers commentairesRSS
  • Nommer, citer, mentionner et puis après, on oublie. Et refouler ce désir de penser, pourquoi? De peur d'un de plus suicidé? Pour Dabrowski, la dépression est un état de "désintégration positive". Se désintégrer pour devenir intègre à ce que l'on est. On naît ainsi et puis on oublie, parce qu'on se cache la vérité. Se questionner sur la réalité, pas celle de la télé, mais celle de la nature qui nous parle quand on sait l'écouter. Pousser toujours plus loin le questionnement sur le pourquoi des choses comme un enfant. Des essaims d'abeilles disparaissent, puis on oublie. Des fraises l'hiver, oui, parce qu'on leur a injecté un gène de poisson d'eau froide. Du boeuf aux hormones, oui, et des vaches aux antibiotiques qui se transmettent dans le lait que l'on donne à boire aux bébés. Des forêts dévastées, oui, et un seul arbre rejette du CO2 en quantité lorsque tué et donne l'Oxygène dont on a besoin pour respirer tant qu'il est vivant. Toujours plus en profondeur, se questionner et créer des consciences intègres et surtout, ne pas oublier.

    16 Oct 2010 | sellinessence

  • Je vois des enfants qui chantent en chœur, qui ont le ventre bien rempli et les cheveux ébouriffés par des mains aimantes. J'entends les « fini ton assiette, sinon pas de dessert» et des éclats de rire après s'être fait payer « une go » par grand-père ! Des fruits et des légumes variés et qu'on aime à l'année, c'est une chance ! Un luxe que tous ne peuvent se permettre ! Aussi, on a les leaders qu'on mérite. À force d’amertume rien ne nous semble possible. Je dis assez de cette grisaille et permettons-nous de rêver ! Un jour un homme est venu, c’était un lutteur roi, et il a inspiré des générations à cause de ses rêves. Cessons d’être petit en comptant tout ce qui ne fonctionne pas et soyons grand, pour une fois et pour toujours, en regardant droit devant, à la hauteur du ciel, en étant fier de constater à quel point notre société est belle par ses valeurs et grande par l’âme qui l’habite

    14 Oct 2010 | raynald lauzon

  • Pascal Henrard

    Merci Nadia.Il y a aussi les feuilles en feu dans le ciel bleu. Les sentiers sans fin le long des ruisseaux qui glougloutent à pleines eaux. Le temps qui se prélasse. Les week-ends de trois jours. Des mardis comme des jeudis. Et l'auto qui était cette fois du bon côté.

    12 Oct 2010 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles

  • Nadia Essadiqi

    Des esprits qui évoluent, la fibre de la solidarité qui opère, des enfants crampés parce qu'ils viennent de se donner leur premier french, des kilomètres de plage, le retour à la maison en longboard la nuit avec le vent chaud dans la face et la fin d'ivresse au coeur, des chemins de terre dans le bois gaspésien, des nuits blanches le souffle court près de l'âme soeur, du tagine à l'agneau préparé par maman.

    Et cette gratitude sans fin après avoir pris conscience de tout ce qui peut être.

    12 Oct 2010 | Nadia Essadiqi | Montréal

  • Catherine Langeais?

    9 Oct 2010 | Michel

  • Pascal, il est temps d'aller jouer dehors!

    Plutôt que de changer ta voiture de côté de rue, vient me rejoindre dans les trails de freeride du MSA.

    xxxx

    8 Oct 2010 | Dale Hunter Gariépy

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