L'État n'est pas un magasin à escomptes
Habitué de la consommation en promotion et de la vie en soldes, le peuple veut se servir dans les rayons de la nation comme il le fait à profusion dans les grands magasins à rabais.
Dans la vraie vie, on n'achète pas tout tout de suite, zéro dépôt, zéro comptant, ne payez rien maintenant, crashez le cash quand vous aurez le temps, de toute façon vous n’en aurez plus, ni du temps ni de l’argent.
Cette vilaine coutume qui coûte plus cher, mais plus tard, appauvrit les pauvres en trois versements égaux et enrichit les riches dont l’argent est le seul intérêt.
Pourtant, le citoyen consommateur en redemande. La marche bleue, qui a le nom d’une bière et l’ambiance d’un boxing day, en était, samedi dernier, la démonstration joyeusement colorée et trivialement prévisible.
Car au bout du compte, qui croyez-vous qui va payer ?
Plus de 70 000 fans finis des Nordiques, selon les organisateurs, près de 30 000 selon des analystes plus sereins, s’étaient donné rendez-vous sur les Plaines de ce bon vieil Abraham afin de crier leur désir de recevoir l’aide de l’état pour obtenir un joli Colisée où pourraient se dérouler des joutes sportives et des activités culturelles. De quelles joutes sportives s’agit-il, pensez-vous ? Cela n’est encore qu'une idée hypothétique, qui a la même racine étymologique qu’hypothèque, puisque aucune équipe de hockey de la LNH ne fait pour l’instant ses bagages pour Québec, qu’aucun tournoi olympique n’est prévu dans la vieille capitale dans l’immédiat et que ni Céline Dion ni Paul McCartney qui sont déjà venus s’égosiller récemment à l’ombre du Château Frontenac n’ont mis dans leur agenda la ville créée par Samuel de Champlain.
Ce grand rassemblement de quêteux du dimanche, quoique c’était un samedi, a permis aux médias de l’immédiat de remplir en continu leurs ondes d’infos qui ne sont pas vraiment des nouvelles. Personne ne semblait se demander s’il n’y avait pas d’autres raisons de sortir de son salon et de manifester pendant les heures de congé. Personne ne s’inquiétait de savoir si cette marche, qui n’en était pas une puisqu’elle était parquée sur les Plaines sus-mentionnées, n’était pas un peu déplacée en ces temps de disettes où il est plus difficile de trouver de la place dans un hôpital que du stationnement au complexe Dix30.
Après des décennies de dépenses nationales, nous savons qu’il faut bien un jour ou l’autre payer le prix de nos désirs. Mais ça ne suffit pas. Le peuple qui se plaint la panse pleine en veut encore plus, encore plus vite et toujours moins cher. Quitte à refiler la facture à ceux qui ne sont pas encore nés.
Il n'y a que Patrick Huard pour réussir à vous faire payer maintenant ce que vous consommerez dans deux ans. De là à voir l’humoriste/comédien/réalisateur/producteur/beau-bonhomme premier ministre du Québec, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas, même si vous nous poussez dans le dos.
Cette vilaine coutume qui coûte plus cher, mais plus tard, appauvrit les pauvres en trois versements égaux et enrichit les riches dont l’argent est le seul intérêt.
Pourtant, le citoyen consommateur en redemande. La marche bleue, qui a le nom d’une bière et l’ambiance d’un boxing day, en était, samedi dernier, la démonstration joyeusement colorée et trivialement prévisible.
Car au bout du compte, qui croyez-vous qui va payer ?
Plus de 70 000 fans finis des Nordiques, selon les organisateurs, près de 30 000 selon des analystes plus sereins, s’étaient donné rendez-vous sur les Plaines de ce bon vieil Abraham afin de crier leur désir de recevoir l’aide de l’état pour obtenir un joli Colisée où pourraient se dérouler des joutes sportives et des activités culturelles. De quelles joutes sportives s’agit-il, pensez-vous ? Cela n’est encore qu'une idée hypothétique, qui a la même racine étymologique qu’hypothèque, puisque aucune équipe de hockey de la LNH ne fait pour l’instant ses bagages pour Québec, qu’aucun tournoi olympique n’est prévu dans la vieille capitale dans l’immédiat et que ni Céline Dion ni Paul McCartney qui sont déjà venus s’égosiller récemment à l’ombre du Château Frontenac n’ont mis dans leur agenda la ville créée par Samuel de Champlain.
Ce grand rassemblement de quêteux du dimanche, quoique c’était un samedi, a permis aux médias de l’immédiat de remplir en continu leurs ondes d’infos qui ne sont pas vraiment des nouvelles. Personne ne semblait se demander s’il n’y avait pas d’autres raisons de sortir de son salon et de manifester pendant les heures de congé. Personne ne s’inquiétait de savoir si cette marche, qui n’en était pas une puisqu’elle était parquée sur les Plaines sus-mentionnées, n’était pas un peu déplacée en ces temps de disettes où il est plus difficile de trouver de la place dans un hôpital que du stationnement au complexe Dix30.
Après des décennies de dépenses nationales, nous savons qu’il faut bien un jour ou l’autre payer le prix de nos désirs. Mais ça ne suffit pas. Le peuple qui se plaint la panse pleine en veut encore plus, encore plus vite et toujours moins cher. Quitte à refiler la facture à ceux qui ne sont pas encore nés.
Il n'y a que Patrick Huard pour réussir à vous faire payer maintenant ce que vous consommerez dans deux ans. De là à voir l’humoriste/comédien/réalisateur/producteur/beau-bonhomme premier ministre du Québec, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas, même si vous nous poussez dans le dos.





Je n'ai rien contre le fait que le publique finance un arena pour la ville de Québec. Ce qui me déçoit, c'est qu'ils sont prêts à accepter de payer le nouveau collisé pendant que notre cher PKP lui achèterait la concession. Ça prend pas la tête à Papineau pour se rendre compte que la partie payante de l'affaire est l'équipe elle même! Encore une fois, on va privatiser les profits et socialiser les dettes. Laissons PKP gérer une équipe, mais qu'il s'engage à diviser la facture du club et de l'arèna avec le gouvernement, avec les dépenses et redevances qui en découle!
Je dis levons nous, faisons du Québec une grande entreprise! Présentement, nos dirigeants utilisent les fonds publiques afin de donner des contrats à des entreprises dans lesquelles ils sont actionnaires. "Non non, pas de conflit d'intérêt, personne de mon entourage ne travaille pour cette compagnie, je connais seulement son bilan financier annuel!"
Si on veut un jour réussir à se libérer de nos dettes et de nos impôts, il va falloir commencer à rentabiliser nos investissements!
Bon, ça fait du bien!
19 Oct 2010 | L-A
Pascal Henrard,
Triste de vous lire si naïf... Et méchant!
Vous croyez vraiment que les gens de Québec vont se contenter longtemps d'un Aréna datant de 1949?
Vous croyez vraiment que les Conservateurs vont sacrifier de précieux sièges au Parlement pour plaire au gens de Montréal qui voteront anyway jamais pour eux?
Plutôt que de vous opposer à l'inévitable construction d'un Colisée à Québec, pourquoi ne pas vous réjouir de celle-ci, un peu comme George Gillett qui a emprunté à l’époque 140 millions de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec pour se faire DONNER le Centre Bell à l'achat du Canadien?
;)
6 Oct 2010 | Dale Hunter Gariépy
70 000 personnes sur les plaines qui veulent les Nordiques sur le dos de 5 000 000 qui n'en veulent pas. S'ils veulent qu'ils "potent" 1 000$ chacun... Comme ça ils ne prendront pas les impôts de ceux qui ne sont pas intéressés à financer des multi-millionaires du sport ainsi qu'un anti-syndicat (Péladeau la charette).
Arrêtons ce non sens. Et je voudrais dire à ceux qui invoque le stade olympique... il faut se servir des erreurs pour ne pas les reproduire pas pour justifier de les refaire.
5 Oct 2010 | Alain
Très belle plume, je tiens à le souligner.
Nous ne sommes plus au niveau du solde à rabais du bien collectif. Nous sommes, depuis un bout déjà, passés au viol systématique de la nation Québécoise; viol de sa langue, de sa terre, de sa culture, de ses ressources, viol de sa nature même. Violée par des gens qui viennent chez nous avec leurs bottes crottées salir notre demeure et s’étonnent qu’on leur demande de se déchausser. Violée par des industriels véreux qui convoitent les entrailles de notre pays et n'ont aucune intention de nous faire profiter de ressources qui nous appartiennent pourtant. Violée par des comptables de service qui ne voient rien de plus en nous que des statistiques et n'ont rien à cirer du vrai monde qui doit prendre le métro, l’autobus et trimer dur pour survivre. Violée par une monoculture du profit à tout prix qui chie des starlettes comme on chie des croissants chimiques, en laissant le talent, le vrai, sur les tablettes avec les moches et les gens trop articulés. Violée par le profit facile érigé en méthode de gestion de nos avoirs collectifs. Violée par une information partielle et biaisée qui n’a jamais le courage de critiquer les idées reçues du jour. Violée par le déni du collectif québécois qui passe plus que jamais pour une sorte de réclamation hystérique alors que l’abus de son prochain reste noble et louable. Violée par des institutions, des groupes et des idéologies qui annoncent fièrement leur image publique et s’en servent pour torcher leurs vacheries et leurs incongruités. Violée par ce monde qui veut gérer toute exception humaine au lieu de faire fleurir le monde par cette même exception. Violée par les rationnels qui pourrissent tout ce qu’ils touchent depuis 30 ans avec cette peur de poursuivre des idéaux et y préfèrent un monde où on ne fait jamais plus que ce qui est rentable et pratique. Violée par cet abus de notre culture, de notre façon d’être québécois pour en faire des slogans aliénants de bière, de savon et d’autos. Violée jusque dans nos rapports collectifs, notre amour du sport transformé en cautionnement d’une saloperie de stade redondant!
Et si ce n’était pas assez, une nation violée par la transformation de ces manifestants en bêtes consommateurs de hockey; passés de prunelle des yeux de l’état à vulgaire commodité, leur passion convertie en promesse d’achat, convertie via les médias en message cynique et désolant. Forts de leur absence aux urnes, ces quelques 70,000 zombies du divertissement se sont massés sur la plaine des vaincus pour se dire satisfaits d’être violés et traités comme de la marchandise, de la future viande à chien.
Les choses n’ont guère changé depuis le temps des bouffons …
5 Oct 2010 | Louis Horvath
Merci pour le coup de gueule!
Bien que plus ou moins d'accord avec le contenu, une opinion à contre-sens dans tout ça ne fait certainement pas de tort.
Mais surtout, Pascal, je suis plus qu'à 100% d'accord avec les RAISONS pour lesquelles tu l'as pondu, telles que tu les énumères ci-haut! En ce sens, je crois que le jeu en vaut bien la chandelle, ne serait-ce que pour brasser un peu quelques citoyens beaucoup trop apathiques.
Citoyens, pour ou contre les Nordiques à Québec, ouvrez-vous les yeux sur ce qui se passe autour de vous bon-sang!
4 Oct 2010 | Charles C.
Je savais que ce texte vous amuserait, J'en suis ravi.
@Martin, je ne quête pas mon salaire, je travaille pour.
@Baliverne, ils ont marché du stationnement aux Plaines... pas ben ben long comme marche.
@Luc, pourquoi ce coup de plume? Parce que ça me déprime de voir que les gens ne se lèvent pas pour aller voter, ils ne se lèvent pas pour bouter la corruption hors du gouvernement et demander une enquête publique sur les malversations dans le domaine de la construction, ils ne se lèvent pas pour réclamer un moratoire sur le gaz de schiste, ils ne se lèvent pas pour crier qu'ile ne sont pas d'accord avec les décisions de l'ultra-minoritaire conservateur, ils ne lèvent même pas le petit doigt pour réclamer une meilleure gestion dans le domaine de la santé. Non, ils ne se lèvent que pour réclamer des jeux ou alors quand c'est les soldes. Les commerçants l'ont compris, ils sont en soldes toute l'année. En passant, Luc, le métro permet à bien des gens de ne pas prendre leur auto.
4 Oct 2010 | Pascal Henrard | Montréal/Bruxelles
Très, très bon coup de gueule!
Si la chose est rentable... que le privé se l'offre.
Si elle ne l'est pas... pourquoi faudrait-il que le peuple paye?
Quant à l'argument: Et le Stade???... Ben on est pogné avec pis on a super hâte de trouver une solution.
4 Oct 2010 | Igor
Ce Pascal Henrard devrait savoir qui paie son salaire en grande partie à grand coup de subvention pour le développement de la "culture". Quelques logos dans le bas de cette même page pourront lui rappeler.
4 Oct 2010 | Martin
En parlant de quéteux, est-ce que Urbania est financé par des fonds publics? Genre Téléfilm Canada, Fonds Canadien de télévision,... Juste une petite question ;)
4 Oct 2010 | PasTro
Je suis d'accord avec vos points, sauf celui du nombre.
À voir la foule d'après moi c'est 70 000 personnes, à Rammstein c'était 100 000 et ça ressemblait pas mal à ça.
4 Oct 2010 | Marc-André Viau
La marche bleue s'était pour s'y rendre, je crois que vous avez manqué le rendez-vous donc vous n'avez pas compris le sens !
4 Oct 2010 | Bali Verne
Je seconde. Excellent :P
4 Oct 2010 | JTremblay
Pascal, je comprends toujours pas l'objectif de ce coup de gueule?
Où étais-tu quand on a gaspillés presque 2 milliards de dollars pour construire 3 stations de métros à Laval (même pas sur l'île de Montréal, dont l'Est et l'Ouest ne sont pas désservies...), ou encore quand on a abandonné le projet du cirque du Soleil de 1-2 milliards de dollars? Et je te passe toute l'histoire du Stade Olympique, puisqu'évidemment tu n'étais pas ici quand cet énorme bol de toilette nous ai tombé d'sus.
Je vais t'éviter tous les arguments pour et contre que j'ai plusieurs fois écrits ailleurs (lire:FACEBOOK), mais je crois qu'il est très simple de "chier" sur ce projet à Québec en n'analysant pas les chiffres derrière, le contexte, les finances et j'en passe.
Qu'il soit dit en passant, la meilleure manière d'éviter de refiler la facture aux générations à venir, est à la génération X (et Y) de prendre la place qui lui revient. De foutre les boomers dehors et d'amener de nouvelles idées.
On en a pu rien à faire des coups de gueules quand ça n'importe rien de nouveau.
Alors je reviens sur ma question de départ: pourquoi ce coup de gueule? À part du pessimisme dans ce billet, je ne vois aucun argument de poids, aucune analyse.
;)
4 Oct 2010 | Luc Lefebvre
un gros merci pour ce billet.
je plus-qu'abonde dans le même sens.
4 Oct 2010 | Mam'D.
Trés beau billet et trés bon coup de gueule!
4 Oct 2010 | stephanie