3,7 KM
La semaine dernière j’étais en tournage pour une émission de tivi avec le Dr. Julien. On a passé deux jours dans Hochelaga pour comprendre comment il réussit avec si peu de moyens à donner un peu d’amour aux enfants de ce quartier perpétuellement en lendemain de veille. Faisait beau mais vraiment chaud, au point où je suais de l’intérieur de mes lunettes Ray Ban et ma chemise Fred Perry avait perdu de son enthousiasme. Le plateau de tournage était rempli de bouffe et j’enlignais des fraises juteuses une à une juste pour passer le temps. J’étais heureux comme un Français au Biodôme.
Fille 15 ans : Ouain j’suis enceinte de mon premier
Fille 17 ans : Je suis passée par là, fille. J’en ai deux.
Fille 15 ans : C’tu vrai que tu peux pas boire quand t’es enceinte?
Fille 17 ans : Ben non, c’est des niaiseries ça. Moi je buvais des 40 onzes quand j’étais enceinte de mon premier. Jamais eu de problèmes. Regarde comment il est cute mon dernier.
Fille 15 ans : Ah ben ouain.
Fille 17 ans : Faut pas que tu crois tout ce que les médecins te disent.
Une fois par année, souvent autour du temps de Noël on regarde les images de TVA qui proviennent des quartiers défavorisés pis on se dit comment ils font pitié. Ça nous émeut. On donne un peu. On se sent bien. Mais la misère c’est pas une saison, c’est une condition. La pauvreté et sa cousine, la détresse, se tenaient là, en plein dans ma face. La seule chose que j’ai pensé à faire sur le moment c’est de sortir mon Blackberry pour une recherche sur google map. Je me trouvais à exactement 3,7 km de chez nous. Pour voir la vrai diversité de notre monde, pas besoin d’aller ben loin. Le Biodôme pour humains est ouvert même pendant les vacances de la construction.





+! au commentaire du 24 Juil 2010 | par Simon Painchaud
29 Juil 2010 | Mathieu Létourneau | Montreal
Personnement je crois que la perception des gens qui ont commenté cet article est fait par des individus qui n'ont aucun esprit analyse et n'ont jamais eu la chance (ou le temps) de s'arrêter à observer ce qui les entoure. Bref, cet article exprime ou plutôt rend un constat d'une situation qui existe réellement autour de nous, en fait juste la rue d'à coté ( si je peux je peux me situer je n'habite pas sur le plateau). De penser que cet auteur émet un commentaire désobligeant est un manque d'esprit d'analyse. Avez-vous passé le cours de dissertation au CEGEP?
25 Juil 2010 | pantoufle
Je t'écris de mon MacBook Air. Le brand dropping comme tu dis si bien avait comme objectif de créer encore plus de distance (superficielle, en effet) entre les individus que j'ai côtoyé et ma personne. La distance, réelle et perçue, était précisément le but de mon article. Mais peut-être que mes anti-dépresseurs sont trop forts et mes métaphores sont trop faibles. Merci, je vais aller consulter mon médecin de famille privé.
24 Juil 2010 | Simon Painchaud
Semblerait que l'exutoire fonctionne pour tout le monde et que l'interprétation de la vie de l'autre généralise tout autant...:) On sent énormément de frustration dans le discours qui semble la projection d'une vie où l'on a mal à s'endurer, soi-même. Je peux me tromper.
24 Juil 2010 | Richard Juneau | Brossard
J'ai mal au cœur de l'attitude des névrosés du plateau à l'égard des quartiers moins nantis, des régions et de la banlieue (et du reste de l'univers). Vous généralisez tout et vous avez l'air ébahis dès que vous découvrez ce qui ce passe à moins de 3.7km !
Vous être navrant. Urbania est navrant. C'est pas style que vous choisissez, vous utilisez ce média comme exutoire pour névrosés, imbus et méprisant, vous devez avoir du mal à vous endurer, votre vie est superficielle et tellement compliquée... (et on s'en crisse de votre brand name dropping : Ray Ban, Fred Perry, bla bla). Allez, retourne manger tes antidépresseurs sur ta chaise Stark ! Pa-thé-tique.
24 Juil 2010 | cé a moi de pas lire ca
Ce qui prouve aussi les limites de la prévention. Tu sais, quand tu veux pas voir la réalité...
23 Juil 2010 | brem