La fois où on a piégé la gang des Appendices
Le 1er juillet au soir, alors qu’on pique-niquait au parc Laurier, on a eu la brillante idée de faire des coups de téléphone, comme ça nous arrive souvent chez Urbania, quand on a bu quelques verres de trop.
- Bonjour. J’aimerais avoir des conseils pour une playlist de style pour un barbecue.
- Ok.
- Los del Rio, qu’est-ce que t’en penses?
- Je sais pas, je connais pas ça. Moi, je suis plus hip hop…
- Ok, Samian, penses-tu que ça fait la job?
- Oui, oui. Samian, c’est bon. Je peux-tu te rappeler, je suis sur une autre ligne?
Ensuite, on a appelé Simon Painchaud, un de nos collabos qui organisait l’événement Steak-Blé d’inde-Pétanque au parc Laurier. On lui a dit qu’on organisait l’événement Snake-Blé d’inde-Patate (un combat de serpents) et qu’on avait peur que le public soit confus. Connaissant notre penchant pour les coups de téléphone, Simon a toute suite vu l’anguille sous roche.
Fallait trouver une autre cible…
On a parcouru notre carnet d’adresses et on a décidé d’appeler Jean-François Provençal, membre des Appendices, un groupe d’humoristes qui a un show télé à Télé-Québec.

Le concept? Se faire passer pour une compagnie de publicité et lui dire qu’on veut l’embaucher pour une campagne pour Lili Cappuccino (inutile de préciser qu’on commençait à être réchauffé…). Un des membres du groupe a pris le téléphone et composé son numéro. Il était 9h30.
- Allô, Jean-François? C’est Jean Tremblay de l’agence BXX. Tu connais ça?
- Non…
- C’est une agence de pub dans le Vieux-Montréal… Écoute, je m’excuse de te déranger aussi tard, mais j’ai quelque chose à te proposer.
- Ok, quoi?
- On travaille pour le compte de Lili Cappuccino, le café au féminin, qui fabrique des machines à cappucino. Tu connais ça?
- Non…
- C’est pas grave. En fait, j’avais pensé à toi pour notre prochaine campagne publicitaire. Je t’explique le concept grosso modo : ça serait toi déguisé en tasse.
- Ok…
- On shooterait ça à Toronto. On en profiterait pour faire ça pas loin du rack à Bixi. On essayerait de faire la promotion des Bixi à Toronto en même temps, tu comprends… Ça t’intéresse?
- Ben ouais!
- Ok, on pourrait se rencontrer pour discuter de tout ça en personne. Samedi, à 7h, au Continental, ça te va?
- Oui, oui!
- Ah oui, pis amène les autres membres de ta gang. J’ai peut-être de quoi pour eux autres aussi…
- Ok!
Le poisson avait mordu à l’hameçon.
Deux minutes plus tard, il nous rappelait pour confirmer le tout et, nous, on réservait une table pour sept au Continental, à 7h, au nom de Jean Tremblay. Saouls.
***
Pendant les jours suivants, on feelait cheap. Les Appendices, on les trouve cool. Et, visiblement, notre coup de téléphone avait pris une ampleur démesurée. Après maintes (maintes) (maintes) hésitations, on a décidé d’aller au Continental, samedi soir. Juste pour voir leur tête.
***
Quand on est arrivé à 7 h 08, les Appendices étaient déjà sur place. Toute la gang. Et ils s’étaient mis beaux.
On a pris une table pour trois, pas trop loin de la leur. Par précaution, on avait mis nos grosses lunettes et nos gros cheveux. «Mata Hari Style».

Dans la section du restaurant, on était à peu près seul avec eux. On pouvait donc entendre (minimalement) ce qui se passait à leur table.
Vers 7 h 15, on sentait qu’il commençait à s’énerver. Le serveur est venu les voir. «Il y a bien une réservation pour 7 au nom de Jean Tremblay à 19 h », leur a-t-il dit pour les rassurer.
«Es-tu sûr que c’était pas une joke?» ont demandé les collègues de Jean-François, en jetant des coups d’œil nerveux à la fenêtre.
Jean-François a téléphoné Jean Tremblay. (Encore une fois, par précaution, on avait bien fait de changer le message du répondeur... et on avait fermé son téléphone). Il lui a laissé un premier message : « T’es pas là… On va manger sans toi… Ben non, c’t’une joke!»
Pendant ce temps, nous, on se pissait dessus.
Vers 19h30, on a commencé à se dire que c’était un peu chien. On a appelé au Continental en se faisant passer pour l’assistante de Jean Tremblay. Et on a demandé à parler à Jean-François. Encore une fois, dans l’énervement, on a menti.
On a dit que Jean Tremblay était entré à l’hôpital et qu’il ne pourrait pas être là ce soir. Jean-François, avec toute la gentillesse du monde, a dit que c’était pas grave, que ça leur avaient permis de se voir toute la gang et qu’ils étaient content parce que ça faisait longtemps.
Les membres des Appendices n’en revenaient pas. Ni le serveur qui suivait l’histoire. «J’ai jamais vu ça!!!» s’est-il exclamé dans le restaurant.
Quelques minutes plus tard, il a rappelé Jean Tremblay pour lui dire qu’il se sentait mal pour sa joke de tantôt et qu’il espérait que tout allait bien et qu’il espérait qu’il allait se rappeler et déjeuner ensemble.
Nous, on se pouvait pu.
Le lendemain (ou la journée même), il a laissé un autre message pour s’excuser. Trop gentil.
On est parti vers 19h45. Plié en deux.
***
Message aux Appendices :
Jean Tremblay n’existe pas. Lili Cappucino non plus. Et il n’a jamais été question d’un gros shooting à Toronto. On est vraiment désolé si on a gâché votre samedi soir (même si vous avez fait le nôtre) Tout ça était non prémédité. Il n’y avait rien de personnel… Sans rancune?
En espérant que ça vous inspire un sketch pour votre prochaine saison,
L’équipe d’Urbania





Quoi ? Ai-je bien lu : "retour de la tradition implantée par les Béliveau et Stanké de ce monde" ???
Tellement pas ! Voir qu'une gang d'amis saouls qui font un gag poche qui va trop loin ont médité sur le sort réservé aux vieux gags d'antant ou whatever... Not !
Si au moins c'était drôle, songé, amusant. Le punch du gag ? Ben ils sont allé au resto et comme Jean Tremblay n'existe pas, ben y'a personne qui s'est pointé. Criss même pas de Rachid Badouri déguisé au moins ? Ou impliquer un des gars pour une fin tordante ? Ou un Jean Tremblay aux personnalités multiples ? La table était mise pour une fin de gag qui aurait pu marcher.
Ben non, juste rien, juste de la pochitude qu'il se passe rien. Et un article de blogue encore plus poche que le gag.
9 Juil 2010 | jack is back
merci de m'avoir fait connaîter les appendixes. sont droles!
9 Juil 2010 | bebitte
Derrière une apparence de blague de mauvais goût et d'humour juvénile nous pouvons détecter le retour de la tradition implantée par les Béliveau et Stanké de ce monde. Que celui qui n'a jamais fait de coup de téléphone jette la première pierre. Et si vous n'en avez jamais fait, il serait de vous y mettre. Ça rapproche.
9 Juil 2010 | Ariane Dupont
ahahah! C't'écoeurant! Je me pisse dessus. Bon coup!
9 Juil 2010 | M. Béliveau
Quel blague de mauvais gout...
9 Juil 2010 | Alex
J'ai un profond malaise à la lecture de l'article de blogue... Clairement, le canular est un échec, et davantage pour Urbania que pour Les Appendices.
De façon évidente, les gars ont cru que c'était vrai et rien, mais rien du tout n'aurait pu leur laisser croire le contraire. C'est très "probable" que Provençal reçoive une offre pour un tournage de pub et que ce tournage ait lieu à Toronto, peut importe qu'il soit déguisé en tasse de café ou autres cossins... tout ça est très probable. Jusqu'ici, pas de gag. Juste faire croire quelque chose de faux, mentir, à quelqu'un de bien.
Ensuite, faire déplacer toute la gang (la gardienne, les déplacements d'horaire, contretemps pour ceux qui habitent plus loin, etc) à un rendez-vous et ne pas y aller, ça fait très "école secondaire".
Faire continuer le gag sans assumer son erreur, c'est cheap. Finalement l'avouer aux gars en le disant à tout le monde entier, via le blogue, le publiciser sur twitter et autres de surcroit, et au final ne pas offrir d'excuses... c'est le comble.
Si j'étais Bos ou les Appendices, la mise en demeure ne serait pas loin.
8 Juil 2010 | maki
En effet Maxime. Faut pas grimper dans les rideaux. On n'a jamais prétendu qu'il s'agissait du coup du siècle. Il s'agit simplement du récit d'un coup de téléphone qui a pris une ampleur démesurée...
8 Juil 2010 | Catherine Perreault-Lessard
Faut pas grimper dans les rideaux non plus! Et puis les gars étaient contents de se revoir quand même alors c'est pas dramatique...personne est en grandes souffrances (bon mis appart "Jean Tremblay"). Et on a tous déjà fait des coups un peu foireux quand on a trop bu...Urbania a juste eu le guts de le "continuer" après avoir dégrisé :)
8 Juil 2010 | Maxime Vaillancourt | Laval
C'est tellement nul ! On est vraiment loin de surprise surprise. Sérieusement, qui a eu l'idée d'un coup aussi poche et peu créatif ? Il n'y a pas de gag, pas de punch, juste une mauvaise blague envers une gang de gars vraiment cool. Qui plus est, même pas d'excuse dans post. Sans rancune ? No way ! C'est le coup le plus poche de toute l'histoire d'Urbania.
7 Juil 2010 | toto la brute
je crois qu'ils vont plutôt se venger...
6 Juil 2010 | felixb